26 mars 2009

Le combat des livres - Jour 4

Aujourd'hui, il reste trois livres, Parfum de poussière, Vandal Love ou perdus en Amérique, et La fabrication de l'aube.
Les participants reparlent de la journée d'hier, et de la tactique d'Emmanuel Bilodeau. «Pour le jeu, pour le coup d'éclat, tuons Janette et Borderline
Christiane Charette leur dit qu'ils sont peut-être plus honnêtes cette année.
Elle aime beaucoup le panel qu'ils représentent tous.

Petit rappel des participants et des livres qui restent.
Esther Bégin reconnaît la générosité d'Emmanuel Bilodeau qui lui a permis de gagner hier.
Janette Bertrand fait alliance avec Brendan Kelly pour défendre Parfum de poussière. L'Abbé Gravel préfère écouter.
Comme on a beaucoup parlé de Vandal Love depuis le début de la semaine, les participants se sont mis d'accord pour parler aujourd'hui de Parfum de poussière et de La fabrication de l'aube.

Parfum de poussière de Rawi Hage
«Je suis très heureux de pouvoir parler de mon livre enfin.
Dans L'étranger de Camus, l'auteur exprime l'absurdité de la violence. Le personnage lit ce livre à la fin. Et c'est le thème principal du roman Parfum de poussière, la thématique clé. Tout est très violent, mais l'auteur ne juge jamais les actes des personnages.
C'est un grand roman, au niveau de l'écriture.
Il a reçu de nombreux prix, et le livre a voyagé un peu partout dans le monde. Il y a une frappe incroyable, il y a des passages poétiques et lyriques, il y a vraiment quelque chose à dire. C'est un roman universel».
Janette Bertrand en rajoute : «C'est important d'imaginer des jeunes dans une guerre civile, cet auteur nous montre l'absurdité totale des guerre civiles. On se demande que feraient les nôtres dans une telle situation».
Esther Bégin trouve qu'il y a beaucoup de détachement dans ce livre. «Les personnages ne sont pas très actifs. J'ai eu l'impression que ça avait été écrit rapidement».

La fabrication de l'aube de Jean-François Beauchemin
«C'est un livre qui ouvre la cage thoracique, qui donne envie de respirer large, de se réconcilier avec l'imperfection de la vie...» (une amie d'Emmanuel Bilodeau qui lui a envoyé un courriel)
Emmanuel Bilodeau choisit de lire des extraits du livre pour le défendre, car il se trouve mauvais en plaidoirie. En conclusion, il répète à quel point ce livre a changé sa vie.
«Un livre précieux. Ce qui ressort le plus de ce roman, c'est que sans l'amour des autres, la vie est complètement absurde.»

Qui veut éliminer quoi ?
Emmanuel Bilodeau vote contre Vandal Love
Janette Bertrand vote contre Vandal Love
Esther Bégin vote contre Parfum de poussière
Brendan Kelly vote contre Vandal Love

L'Abbé Raymond Gravel ne comprend pas pourquoi Brendan Kelly vote contre Vandal Love, alors qu'il l'a sauvé hier. Celui-ci réplique que le plaidoyer d'Emmanuel Bilodeau l'a convaincu et qu'il a aimé de la même façon 4 des 5 livres en compétition, mais qu'il faut faire des choix.
Esther Bégin souhaite parler à l'Abbé Raymond Gravel avant que celui-ci ne fasse son choix.
«Vous aimez le Québec, les Québécois, les francophones. Vandal Love, c'est un hommage aux Québécois francophones qui ont dû quitter le Québec, et qui ont fui aux États-Unis, et qui malgré l'adversité, malgré l'omniprésence de la culture américaine, sont revenus à leurs origines québécoises. Et D.Y. Béchard est lui -même un produit del 'exode vers les États-Unis. Gaspésien d'origine, son père détestait le Québec parce qu'il a dû fuir dans de mauvaises conditions. D. Y. malgré ce qu'il a entendu sur le Québec, quand son père lui en parlait, est venu y vivre pendant 10 ans pour y apprendre le français (Rimouski, Québec, Grand Nord, Montréal). Dans son livre, il a voulu rendre hommage à la dérive francophone, au fait français qui vit toujours aux États-Unis grâce aux Québécois qui ont quittés leurs terres, et qui sont toujours à la quête de leurs racines.
Vandal Love a remporté le prix des écrivains du Commonwealth. Il y a un juge jamaïcain qui a dit que c'était la première de sa vie qu'il lisait un livre où un peuple blanc ne trouvait pas sa place et non pas un peuple noir.
C'est ça Vandal Love, c'est un hommage aux Québécois francophones qui vivent à la dérive sur le continent américain.»

Raymond Gravel avoue qu'Esther Bégin est très convaincante. Mais il ne sait toujours pas pour qui il va voter.
Esther Bégin lit encore un courriel qu'elle a reçu et qui va dans le même sens que ce qu'elle a exprimé avant.
J'ai essayé de retranscrire presque en intégralité son discours puisque je l'ai trouvée très vraie et convaincante moi aussi.
De plus, j'ai terminé Vandal Love hier soir et je suis tout à fait en accord avec son propos. Ce qui est sûr, c'est qu'elle a vraiment aimé son sujet et ce livre.
Janette Bertrand n'a pas du tout embarqué dans la symbolique de Vandal Love, et le thème de l'errance d'après elle fait partie de presque tous les romans québécois (Le Survenant de Germaine Guèvremont entre autres).
Esther Bégin trouve que c'est particulièrement bien raconté dans Vandal Love, avec une infinie tendresse.
Brendan Kelly vote honnêtement et aime beaucoup les trois livres mais il faut faire un choix...

Le vote secret
Vandal Love ou perdus en Amérique est éliminé ! :(
Et Esther Bégin est vraiment contente d'avoir pu débattre de ce livre, elle l'a lu deux fois, il l'a vraiment transportée. Elle a beaucoup aimé les discussions que le livre a engendrées.


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