08 août 2010

Beaux livres

Les routes mythiques, Élisabeth Dumont-Le Cornec, Éditions Belin, 2009

Femmes en résistance, Pierre-Yves Ginet, Éditions Verlhac, septembre 2009

Hors la loi, anarchistes, illégalistes, as de la gâchette... Ils ont choisi la liberté, Laurent Maréchaux, Éditions Arthaud, 2009

Aveuglée par les nombreux romans, au rayon nouveautés, offerts par nos bibliothèques, je ne prends que rarement le temps de m'attarder au rayon des "beaux livres" : ouvrages d'art, documents sur des sujets particuliers, livres de photographies, etc.
Cette fois-ci, ce fut une très belle pêche, puisque j'ai découvert ces trois très beaux livres qui m'ont vraiment fait voyager.

Tout d'abord, Les routes mythiques nous présentent, accompagnés de cartes et de photos, des textes nous décrivant l'histoire et l'utilisation des grandes routes mondiales. De la Route des esclaves à la fameuse Route 66, nous voyageons dans le monde entier et n'avons qu'une envie : partir à la découverte de ces routes ! Que ce soit à pied (Chemin de Compostelle, GR 20 en Corse), en bateau (route Transatlantique), en camion (Le Grand trunk Road en Inde), en voiture (La Route US 1), l'auteure, historienne et journaliste et qui a parcouru nombre de ces routes, nous présente la géographie entourant ces lieux, leurs différentes étapes, leurs fréquentations, et aussi, ce qui est très intéressant, les oeuvres littéraires ou cinématographiques qui parlent ou évoquent ces endroits.

Chronique Le livre du jour sur France Info

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Ensuite, le livre Femmes en résistance nous présente ces combats des femmes de l'ombre, celles dont on parle peu. Des mères de la place de Mai aux veuves d'Avega, au Rwanda, l'auteur nous explique dans un court texte ce qui motive ces femmes à résister : retrouver leurs enfants, leurs maris, leurs droits, leurs libertés. Ces femmes, patientes, fortes, pour qui le leitmotiv : «La seule lutte perdue est celle que l'on abandonne» constitue leur vie...
Pierre-Yves Ginet nous offre ensuite une série de photos de ces femmes, comme cette superbe photo de couverture, qui représente Maria Alexandrina Lourdes Lopez, membre du réseau des femmes séropositives en Angola.
Le livre est divisé en cinq chapitres : Exister, Résister, Militer, Survivre, et Reconstruire. Il nous ouvre les portes d'un monde que nous sommes parfois loin d'imaginer. L'auteur, Pierre-Yves Ginet, est lui-même devenu photojournaliste pour réaliser des documentaires sur ces peuples qui résistent, et notamment le peuple tibétain. Lors de ce travail, il a réalisé un travail approfondi de trois ans sur le combat des nonnes tibétaines, qui sont en première ligne de la résistance tibétaine.
Le livre a également été présenté en exposition dans plusieurs villes de France. Peut-être bientôt près de chez vous...

Comme le résume Taslima Nasreen, qui signe la préface du livre et qui est elle-même symbole international de la résistance aux intégrismes religieux et victime de plusieurs fatwas, «Parcourir un tel témoignage en faveur de la reconnaissance des femmes, aussi universel, aussi contemporain, ne peut que nous encourager toutes à poursuivre nos combats».

Le site de Pierre-Yves Ginet

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Enfin, le livre Hors la loi, de Laurent Maréchaux, nous offre de son côté l'histoire de ces bandits, illégalistes, Robin des Bois modernes, pirates, as de la gâchette, anarchistes et révolutionnaires. De Jesse James à Bonnie Parker et Clyde Barrows, en passant par Phoolan Devi, la reine indienne des brigands qui s'est battu contre ceux qui l'ont violée et battue, et pour qui je dois l'avouer j'ai un coup de coeur, jusqu'à Jacques Mesrine, dont on entend beaucoup parler ces temps-ci pour cause de sortie au Québec du film qui lui est consacré, ces 45 hommes et femmes ont un point commun : le point de départ de leur révolte (parfois sanglante) est le besoin de se rebeller contre une injustice, sociale, culturelle, économique, pour aller vers un idéal, la quête d'un monde meilleur.
Laurent Maréchaux retrace leur histoire jusqu'à leur mort, car tous sont allés vers une mort certaine et souvent violente. Ce livre se lit presque comme un roman d'aventures, et se regarde comme un beau livre d'art.
Comme l'a écrit Prosper Mérimée : «Je suis de ceux qui goûtent fort les bandits, non que j'aime à les rencontrer sur mon chemin ; mais, malgré moi, l'énergie de ces hommes en lutte contre la société tout entière m'arrache une admiration dont j'ai honte.»
L'auteur nous propose en dernier chapitre un commentaire sur les hors la loi du XXIe siècle :
«Les nouveaux hors-la-loi sont désormais dans la finance et l'informatique, et cambriolent, avant de se faire prendre et de tout perdre, d'obscurs marchés financiers. Aucun panache, aucun geste d'honneur. [...] Notre monde se meurt de n'avoir plus de hors-la-loi au grand cœur.»

La critique dans Le Devoir

En écrivant ceci, j'écoute Patricia Barber, A Distortion of Love (Antilles, 2003)

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