23 mars 2009

Le combat des livres - Jour 1

Le premier jour du combat des livres est arrivé...
Je tâcherai de faire un petit compte rendu de chaque jour... Aujourd'hui, il ne s'agissait que des présentations des livres et des combattants. Mais souvent, cette présentation donne quelques indications pour la suite des choses...

Un petit rappel : qu'est-ce que Le combat des livres ?
Sur le site de Radio-Canada, on trouve cette description : « Pour une sixième année, Radio-Canada présente Le combat des livres, la version française de Canada Reads, une initiative de la CBC. Cinq panélistes s'affrontent dans le studio de Christiane Charette pour déterminer un ouvrage victorieux. Chaque jour, un panéliste et le livre qu'il défend sont éliminés jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul gagnant.»

Vous trouverez les "faits saillants" du combat des livres sur le site de Radio-Canada, ici.

Voici ce que j'ai pu noter...
Au début de l'émission, Bernard Faucher (qui remplace Christiane Charette, malade) a fait un rappel du combat de l'année dernière, avec la collaboration de Sophie Faucher, l'une des combattantes de 2008, qui défendait La détresse et l'enchantement de Gabrielle Roy, éliminé le troisième jour du combat de 2008.
Celle-ci donne un conseil aux combattants de cette année : « Aimez-vous les uns les autres...».
Le combat des livres peut en effet être très rude, au point que certains internautes ont souvent posé la question sur le site de Radio-Canada :«Êtes-vous là pour détruire des livres, ou pour nous les faire aimer ?»

Un petit tour de table nous permet ensuite de faire connaissance avec les livres et les débatteurs.
On peut trouver les biographies des panélistes ici, et les résumés des livres ici.
- Janette Bertrand parle de «mettre en écrin la perle que j'ai dans les mains»
-Esther Bégin se dit «très énervée et en même temps très ennivrée car à son avis, son livre est le meilleur»
- Brendan Kelly est content d'être là car il veut «parler de bons livres et le sien est aussi le meilleur à son avis»
- L'Abbé Gravel veut parler d'émotions
- Emmanuel Bilodeau a peur car «il était le pire en plaidoirie à l'école. Le combat des livres est tellement médiatisé... Je ne veux pas me battre, il ne doit y avoir que des mots d'amour, ce sont des oeuvres d'art»

Puis chacun des panélistes a parlé de son livre :
- Emmanuel Bilodeau nous dit à propos de La fabrication de l'aube : « J'ai beaucoup appris en lisant ce livre qui nous parle d'une expérience très intime de maladie, et de rémission. J'ai évolué, j'ai avancé. Je me sens plus prêt qu'avant à affronter la souffrance.
Il y a aussi beaucoup de beauté, de poésie, et on accède à une lucidité et une sagesse en lisant La fabrication de l'aube».
- L'Abbé Raymond Gravel aime les romans historiques comme Mistouk qui raconte la colonisation du Saguenay. Il est passé par toutes les émotions en lisant ce livre. «L'histoire est réaliste et la manière de raconter aussi».
- Janette Bertrand défend Borderline et pour elle, Marie-Sissi Labrèche a tout : « Elle est best-seller en plusieurs langues, elle est au théâtre et au cinéma. C'est pourquoi je suis déjà un étage au dessus de tout le monde...
Au niveau du style, Marie-Sissi Labrèche a cette rapidité pour nous emmener à l'émotion. Les mots prennent l'émotion et nous la garrochent.
C'est aussi un univers que je connais. J'ai vécu les 20 premières années de ma vie au coin d'Ontario et Frontenac.»
- Esther Bégin est très préparée. Elle a communiqué avec l'auteur de Vandal Love ou perdus en Amérique et a lu le livre deux fois pour s'en imprégner comme il faut. Elle nous lit un extrait et nous dit «C'est beau comme ça pendant 350 pages». Sa lecture a été pour elle «une expérience magnifique».
- Brendan Kelly défend Parfum de poussière de Rawi Hage.
L'intérêt pour lui est que le livre a été écrit en anglais et ensuite traduit. Il a obtenu du succès dans les deux langues. C'est un roman de guerre qui ne porte pas de jugement moral. Les deux personnages font deux choix différents.
Brendan Kelly a aimé ce livre «parce qu'il nous ouvre sur le monde».

À mon avis, le plus convaincant pour le moment est Emmanuel Bilodeau. C'était peut-être le plus nul en plaidoirie à l'école mais il sait être vrai. Le moins convaincant a été l'Abbé Gravel qui ne semble pas très motivé par son livre.
La mieux préparée : Esther Bégin, qui a des feuilles entières remplies de notes pour défendre ce livre que je suis d'ailleurs en train de finir. Elle dit aussi être en contact permanent avec l'auteur, et elle est aussi présente sur le site de Radio-Canada, faisant des commentaires et parlant aux internautes.
Que le combat commence ! :)

En recopiant mes notes, j'écoute MGMT, Oracular Spectacular (Sony, 2008)

14 mars 2009

Le combat des livres 2009





Comme chaque année, voici le temps du combat des livres sur Radio-Canada, dans l'émission de Christiane Charette.
Cette année, il y a deux livres que j'ai lus. Dont un que je suis justement en train de lire...Pure coïncidence, j'ai emprunté il y a deux semaines Vandal Love, ou Perdus en Amérique de D.Y. Béchard, et je l'ai commencé il y a quelques jours avec un intérêt encore plus prononcé. Au moins, si j'ai l'occasion d'écouter le combat des livres, je saurais de quoi Esther Bégin parle (c'est elle qui défend ce livre). D'ailleurs, j'adore vraiment ce livre pour le moment.
L'autre que j'ai déjà lu est Borderline de Marie-Sissi Labrèche, après avoir vu le film.
Et un que j'aimerais bien lire, depuis le temps que j'en entends parler, c'est La fabrication de l'aube de Jean-François Beauchemin.
Je prédis la victoire de celui-ci, ou de D.Y Béchard.

Le combat des livres sur Radio-Canada

En écrivant ceci, je n'écoute rien, trop choquée par la mort d'Alain Bashung. Même pas capable d'écouter sa musique...

18 février 2009

Le livre qui m'a donné envie d'écrire à nouveau

Villa Amalia, de Pascal Quignard, Éditions Gallimard, 2006

Il est de ces cadeaux comme ça, que l'on reçoit sans s'y attendre, un petit livre, tiens, hop, ah c'est sympa, merci, je connais pas cet auteur. Bon tu me diras comment c'était il paraît qu'il est excellent...
Et puis quelques semaines plus tard, on se rappelle que Stéphanie nous a donné ce livre, il vient d'apparaître au haut de la pile de livres à lire, comme la prochaine proie à dévorer. Il est tout petit en plus ce livre, 300 pages en format poche, des chapitres courts, un style direct et sans fioritures. Mine de rien, il passe inaperçu, mais cette photo, sur la couverture, donne envie de partir en vacances en Italie, à moins que ce soit en Espagne, enfin, vers là-bas quoi.
Et en effet, il conte l'histoire de cette femme, Ann Hidden, Ann qui se cache donc, qui fuit une vie bien établie, un conjoint depuis plus de 15 ans, un métier, une maison, une ville, un pays. Ann qui s'est sentie trahie, blessée, trompée, d'une manière insupportable. Le seul moyen pour elle de supporter cette trahison est de tout recommencer, de partir à l'aventure en Europe, de se laisser guider. Ses sens la mèneront en Italie (ah donc, c'est bien en Italie !), sur l'Île d'Ischia, où elle tombe amoureuse d'une Villa, la Villa Amalia. Mais sa fuite ne ressemble en rien à des vacances...
La suite de l'histoire comporte quelques furtifs moments de bonheur intense, des rencontres fortes et qui marqueront Ann à jamais, mais surtout son lot de souffrances et de deuils, qui ramèneront Ann vers ses racines et à la rencontre de celui qui l'a abandonnée.
L'unique lien d'Ann avec son passé est Georges, un ami d'enfance qui la retrouve par hasard : il sera son ami, son confident, son lien, son attache, son compagnon.

Pascal Quignard, que je ne connaissais pas, est né en 1948, et il a obtenu le Prix Goncourt en 2002 pour son roman Les ombres errantes, publié chez Grasset.
C'est aussi lui qui a signé Tous les matins du monde, bien connu grâce au film d'Alain Corneau qui a suivi. Lui-même violoncelliste, la musique occupe une place prépondérante dans ses romans, et particulièrement dans Villa Amalia, puisqu'Ann Hidden est une compositrice de musique contemporaine, pianiste presque obsessive. Pascal Quignard nous offre dans Villa Amalia de très beaux passages sur la musique et l'importance qu'elle peut avoir dans la vie de ceux qui la pratiquent, qui en vivent, qui l'aiment.

Voici l'un des plus beaux passages du livre sur le sujet :
« Je restais assise par terre, le dos contre la porte. Toute la surface de ma peau était couverte de grains de poule. Tous mes petits poils à peine poussés d'enfant étaient hérissés. Je tremblais. Ce n'était pas du bonheur ou du malheur. Ce n'était pas psychologique. Je ne sais pas de quoi mon corps tremblait. Je les ai écoutés jusqu'au bout. Quand tout a été fini, pendant qu'ils rangeaient leurs instruments dans les boîtes noires, je suis allée demander à mon grand-père - lui parlant tout bas dans son oreille - si je pouvais venir les autres fois où ils joueraient.
[...]
Les jours de quatuor, je montais dans son bureau bien avant l'heure. Je m'installais près de la porte.
[...]
Soudain ils se taisaient. Soudain la musique s'élevait. Tellement distincte d'eux. Tellement plus forte qu'elle peut l'être quand on écoute des disques et que spontanément on baisse le volume parce qu'on espère diminuer l'émotion qu'on va ressentir. Chaque fois ma gorge se serrait, ma peau se hérissait, le muscle de mon cœur tremblait, j'avais envie de sangloter, je ne savais plus comment respirer, j'étais submergée.» (p.170-171-172)
Ce passage explique bien le rapport d'Ann avec la musique. Depuis toute petite, « seule la musique la tient mais ne la retient pas. Elle ne tient qu'à la musique.» (sur le site allocine.fr)

Pascal Quignard décrit à la perfection les ambiances, les éléments : l'eau, la terre, et ce qui nous rattache à la vie : l'amour, l'amitié, le bonheur, mais aussi ce qui peut nous y arracher : le sentiment de trahison, la solitude, la mort bien sûr, l'abandon.

Ce roman qui n'avait soi-disant l'air de rien regorge de tout cela et de plus encore, et je ne cesserai de le répéter, c'est cela qui me fascine dans l'écriture et dans les histoires.
Je me sens comblée après une telle lecture. D'ailleurs, je n'ai pas réussi à ouvrir un autre livre depuis, encore toute imprégnée que je suis par celui-là...

Voici une superbe critique du livre.



En faisant mes recherches, je viens de tomber sur cette information magnifique : le film Villa Amalia sortira dans les salles françaises en avril 2009, un film de Bent Jacquot, avec Isabelle Huppert et Jean-Hughes Anglade, rien que ça. C'est drôle, c'est tout à fait Isabelle Huppert que j'imagine pour ce rôle !

En écrivant ceci, j'écoute Nick Cave, O Children (album The Lyre of Orpheus, 2004)


13 février 2009

Taratata

Émission musicale culte, Taratata représente pour nombre de personnes (surtout françaises...) de nombreux moments inoubliables, des duos inusités, une façon de filmer très innovatrice, une bouffée d'air frais dans les émissions de variétés françaises...
Ce soir, alors que je constatais que TV5 Canada diffusait l'émission le vendredi soir, voilà ti pas que je me balade en même temps sur le site de Taratata et que je découvre avec bonheur que toutes les émissions (je dis bien toutes) depuis 1993 sont répertoriées et qu'il est possible de voir dans une très bonne qualité de nombreux passages, chansons, duos etc.
Que de souvenirs !
Peut-être que vous le saviez déjà, mais si ce n'est pas le cas, courrez-y, c'est génial !


PS : comment je fais pour qu'il n'y ait plus de pub qui apparaisse (une nouvelle fenêtre s'ouvre, je déteste ça !) quand on va sur mon blogue ??

27 janvier 2009

Étienne Davodeau

J'ai découvert cet auteur de bande dessinée en lisant Les mauvaises gens, une histoire de militants publié en 2005, aux éditions Delcourt. D'un premier abord, il y a quelques mois, je n'avais pas été attirée par cet ouvrage. Pourquoi? Je n'en ai aucune idée. Mais si mon amie C. ne me l'avait pas remis entre les mains dernièrement, je serais passée à côté d'un grand auteur. Une bande dessinée magnifique tant du point de vue des dessins que du contenu. Une histoire inspirée du milieu dans lequel l'auteur a été élevé, sa région, sa famille. Un vibrant hommage à ses parents, et à toutes ces personnes qui ont travaillé dur, et qui ont réussi à s'élever contre des conditions de travail insupportables, en créant les syndicats et les associations de travailleurs. Ces portraits sont très touchants, et cette bande dessinée constitue de plus un témoignage historique de cette époque, dans une région paysanne de la France, les Mauges (Maine et Loire), qui s'est industrialisée très rapidement après la guerre 39-45. Le propos m'a beaucoup plu, à la fois politique et social. Humain, quoi. C'est ça que j'aime.
J'essaye de me procurer ses autres livres maintenant, mais ils ne sont pas tous à la bibliothèque. Ça viendra.
Le site officiel de l'auteur

Une interview sur le site BDthèque


En écrivant ceci, j'écoute Metronomy, Nights Out (Because, 2008)
et Abd Al Malik, Gibraltar (Polydor, 2006), en alternance...

19 janvier 2009

Programmation culturelle janvier et février 2009

Pour ce début d'année, je m'offre quelques concerts 100% québécois :
23 janvier : Karkwa à Terrebonne (pour la énième fois)
30 janvier : Louise Forestier au National, Montréal (que je découvre avec son dernier album, Éphémère, que j'adore)
14 février : Diane Dufresne à Valleyfield (c'est ça de vivre avec l'une de ses plus grandes fans!) REPORTÉ au mois d'octobre...
25 février : Alexandre Désilets au Club Soda, Montréal (ma découverte de l'année 2008, j'ai bien hâte de voir de quoi il est capable sur scène !)
26 février : Catherine Major au Théâtre Outremont, Montréal (pour la énième fois aussi ! Enfin dans une salle digne de ce nom...)

Oui, c'est un peu chargé ! :)
J'espère avoir le temps de venir en parler ici... Et vous, avez-vous prévu des spectacles prochainement (théâtre, concert...) ?

13 janvier 2009

Sauvons le cinéma à l'Ex-Centris !


Le 12 janvier dernier, Paul Journet nous apprenait sur Cyberpresse que l'Ex-Centris cesserait l'activité de ses salles de cinéma pour se concentrer exclusivement sur les événements corporatifs. Il faut faire pression pour garder ce cinéma de qualité et audacieux!
Un cinéma, où, de plus, il n'y a jamais d'odeur de pop-corn (Ô joie !), et où les spectateurs respectent avant tout le 7ème art...De plus, c'est toujours une joie de voir les films en version originale sous-titrée en français. Où pourrons-nous bénéficier de cela désormais ?
Et où ira le cinéma d'auteur québécois ?
Un blog intéressant soulève ce sujet inquiétant pour tous les cinéastes québécois et pour tous les cinéphiles...


Fini le cinéma à Ex-Centris

Paul Journet
La Presse

Ex-Centris mettra fin à sa programmation régulière en salle à la fin du mois de mars, a appris La Presse. Dès lors, le repaire des cinéphiles du boulevard Saint-Laurent ne présentera plus de films dans ses deux principales salles (Cassavetes et Fellini). Le cinéma Parallèle, qui occupe la troisième salle d'Ex-Centris, devra pour sa part trouver de nouveaux locaux.

Les trois salles d'Ex-Centris se consacreront désormais à des événements d'entreprise, ce qui n'exclut pas une première de cinéma de temps à autre ou un festival, par exemple. La plupart des quelque 40 employés qui travaillent à la billetterie, à l'accueil et à la programmation d'Ex-Centris perdront néanmoins, selon toute vraisemblance, leur emploi.

Jointe lundi en fin d'après-midi, la direction d'Ex-Centris n'a pas voulu confirmer ou infirmer ces informations. «Tout ce que je peux dire, c'est que nous ne fermerons pas nos portes», a indiqué Isabelle Gauthier, adjointe au président et fondateur Daniel Langlois. Elle assure qu'un communiqué sera publié ce matin pour détailler l'annonce.

Claude Chamberlan, ambassadeur d'Ex-Centris, a toutefois confirmé la nouvelle, hier en fin d'après-midi. «C'est triste, très triste. Que ces salles ferment, c'est une grande perte pour le cinéma québécois», se désole-t-il.

M. Chamberlan a fondé le cinéma Parallèle il y a 41 ans. Le cinéma qui logeait à Ex-Centris depuis l'ouverture du complexe en 1999 doit maintenant trouver une nouvelle salle afin de poursuivre ses activités. «J'ai appris tantôt à l'heure du dîner qu'il faudrait le déménager. On va trouver une autre salle, j'en suis certain. Le Parallèle, c'est un success story. On a déjà atteint 40% de taux d'occupation, et on se maintient aujourd'hui à environ 28%. C'est nettement en haut de la moyenne canadienne, de 13-15%.»

Réputées pour la qualité de leur programmation, les deux autres salles d'Ex-Centris jouissaient elles aussi d'un taux de fréquentation supérieur à la moyenne.

«Je ne voyais pas venir leur fermeture, avoue Claude Chamberlan. Les deux autres salles aussi allaient assez bien (...) Oui, Ex-Centris a connu des baisses, mais le reste de l'industrie aussi. Et puis, tout ça n'est pas nouveau. Le cinéma indépendant, ça a toujours été financièrement rough.»

Les salles de cinéma d'Ex-Centris subiront donc le même sort que le Cinéma du Parc, fermé par Daniel Langlois en juillet 2006. Il a depuis été rouvert sous une nouvelle administration.

Le FNC en attente

Le Festival du nouveau cinéma (FNC) pourrait être touché par ce changement de cap. Ex-Centris est le présentateur officiel de la manifestation programmée par M. Chamberlan.

Nicolas Girard Deltruc, directeur général du FNC, a indiqué hier qu'une rencontre est prévue dans les prochains jours avec l'équipe d'Ex-Centris. Lors des plus récents festivals, l'échange de visibilité entre le FNC et Ex-Centris permettait aux organisateurs de louer les salles à un tarif avantageux. Le partenariat changera-t-il? «Je n'en sais rien pour l'instant, répond-il. J'espère vraiment que non. Ce serait dommageable pour nous.»

Le milieu étonné

Les réalisateurs et distributeurs joints lundi étaient étonnés par nos informations. «Les bras me tombent, a lancé Louis Dussault, président du distributeur K-Films Amérique. La diversité de l'offre du cinéma d'auteur souffrirait beaucoup de la fermeture de la programmation en salle d'Ex-Centris, même si je trouve qu'elle manquait d'audace depuis quelques années.»

Ex-Centris est un des quelques complexes de cinéma ayant présenté Le ring, premier long métrage d'Anaïs Barbeau-Lavalette. La réalisatrice était secouée par nos informations. «Ce serait une immense perte pour des créateurs comme moi. Et aussi pour les cinéphiles.»

Ex-Centris, un complexe de cinq étages, abrite des salles de cinéma de 93, 188 et 271 places ainsi que des studios de production et de postproduction numérique en plus de bureaux d'entreprises, notamment ceux d'agences de communications comme Publicis et BCP. Daniel Langlois en est le fondateur et président. Il a aussi fondé SoftImage en 1986, et préside aujourd'hui Entreprises Terra Incognita.

Sur son site, Ex-Centris dit remplir un double mandat: donner accès au public à une programmation de haute qualité et diversifiée d'oeuvres d'auteurs indépendants, et servir de lieu d'échange pour artistes oeuvrant dans le cinéma, les arts de la scène et les nouveaux médias. Selon nos informations, ses salles de cinéma pourraient être transformées en partie en centre multimédia.

- Avec la collaboration d'Alain De Repentigny

L'Article de La Presse.

09 janvier 2009

Des adaptations cinématographiques

La plupart du temps, les adaptations cinématographiques de romans son décevantes. Pas parce qu'elles sont ratées, quoique certaines peuvent l'être, mais bien parce que toute la force de l'écriture, qui nous permet d'imaginer visuellement le contexte, les personnages dans un livre, ne peut transparaître intégralement dans une œuvre cinématographique. À moins d'un coup de génie, ce qui peut aussi arriver bien sûr.
J'ai lu dernièrement Les cerfs-volants de Kaboul de Khaled Hosseini et L'immeuble Yacoubian d'Alaa El Aswany. Les deux ont été transposés à l'écran.
J'ai visionné la semaine passée le premier, Les Cerfs-volants de Kaboul (The Kite Runner en anglais). Immense déception. J'ai trouvé ce film totalement édulcoré par rapport à la force du récit écrit. Toutes les scènes un peu dures ont été tout bonnement supprimées, alors qu'elles ont beaucoup d'importance à mon avis dans le drame. Je comprends bien qu'ils ne pouvaient pas faire un film de 2 h en mettant tous les détails de ce livre de 384 pages, mais de là à écourter toute l'enfance des deux enfants, enfance qui permet de comprendre le comportement adulte du personnage principal, il y a des limites.
Bref, le film m'a fait sourire alors que le livre m'avait fait pleurer. Les Talibans du film ont presque l'air innoffensifs à côté de l'horreur qui se dégage du livre lors de leur description.
Mais la question est de savoir si cela m'aurait fait le même effet si je n'avais pas lu le livre auparavant ?
Cela étant dit, je continue d'aimer regarder les adaptations cinématographiques des livres que j'ai lus, j'aime à voir une interprétation qui peut être différente de la mienne, et donc qui peut enrichir la lecture d'un texte.
La semaine prochaine, je vais me louer L'immeuble Yacoubian, réalisé en 2006 par Marwan Hamed, pour lequel les critiques ont été plus qu'élogieuses. Je reviendrai vous en parler !


En écrivant ceci, j'écoute Julien Doré, Ersatz, la bonne surprise de la semaine, que mon amie française en visite a apporté dans sa besace. Une chouette découverte, je n'aurais pas pensé que La Nouvelle Star (sorte de Star Ac' française) de l'année 2007 produirait un album aussi intéressant (ce qui est, bien sûr, un mauvais préjugé).

31 décembre 2008

L'immeuble Yacoubian

Je termine l'année en lisant un livre magnifique : L'immeuble Yacoubian, d'Alaa El-Aswani, auteur Égyptien.
Je ne l'ai pas terminé donc je vous en reparlerai en 2009.
Aussi, point de vue BD, je viens de terminer le tome 1 du Photographe, de Guibert, Lefèvre et Lemercier, aux Éditions Dupuis (Aire Libre). L'histoire d'un photographe qui décide de suivre des médecins de MSF en Afghanistan, en 1986. Ceux-ci sont basés au Pakistan car à cette époque, la guerre règne entre les soviétiques et les Moudjahidin (1ère Guerre d'Afghanistan). Les missions humanitaires sont donc très risquées et demandent une minutieuse préparation. L'expédition en elle-même, du Pakistan à l'Afghanistan, est très éprouvante physiquement et moralement. C'est tout cela que ce premier volume nous raconte, le tout en mélangeant les dessins et les vraies photos de ce photographe.
Magnifique.
[En faisant mes recherches, j'ai découvert que le photographe de l'histoire, Didier Lefèvre, est décédé en 2007 d'une crise cardiaque.]

Je vous souhaite à tous une bonne année 2009 et toujours plein de lectures et de découvertes culturelles !

07 décembre 2008

Somewhere Else

Pour moi qui raffole de la bande dessinée et que la musique passionne, je ne pouvais pas tomber mieux que sur cette BD de Pascal Jousselin intitulée Somewhere Else, avec en sous-titre : Jazz, confidences et oreilles de lapin.
Édité chez Treize Étrange, une collection des Éditions Milan à cette époque (Treize Étrange fait maintenant partie des Éditions Glénat), cet album regroupe seize petites histoires ayant toutes un rapport avec le jazz (par leurs titres, déjà, comme Summertime, par exemple), partant d'une mélodie ou parlant du statut de musicien, d'artiste ou du bonheur que la musique procure.
On flirte parfois avec le fantastique, qui n'est pas sans rappeler le réalisme magique de Gabriel Garcia Marquez (décidément, je le ressors beaucoup celui-là !) : une pluie de harengs pourris, le fantôme de Fred Astaire, une moquette devenue toute molle, un homme aux oreilles de lapin, et j'en passe...
Une de mes histoires préférées, Olé (comme le titre d'un album de Coltrane), montre la puissance de la musique et comment elle peut nous faire oublier le quotidien et nous transporter littéralement ailleurs. Une autre, Blasé, montre la difficulté de vivre de sa musique pour un homme, saxophoniste, qui travaille sur les toits de sa ville pour gagner de l'argent, et qui est sur le point de lâcher la musique pour vivre décemment. Sa rencontre avec l'une de ses fans changera sa façon de voir les choses.
Tant de petites tranches de vie qui viendront toucher la corde sensible des amoureux de la musique et des artistes, pas ceux, là, qui sortent des gros tubes et que l'on voit partout, mais ceux de l'ombre, qui galèrent et tentent de faire partager leur passion de la musique à tout ceux qui veulent les entendre.
À découvrir.

«Pascal Jousselin n'a pas, encore, son portrait au panthéon des auteurs incontournables, et pourtant… Son œuvre, si elle est loin d'être pléthorique, est truffée de joyaux tel ce Somewhere else venu d'ailleurs. Recueil de contes décalés et sages, cet album ne désarçonne pas, il apaise, il enchante. Nul besoin de mondes imaginaires extravagants et de sorcelleries fantasmagoriques pour voyager à des années-lumières de notre quotidien blafard. La découverte de ces quelques vies qui défilent, avec le jazz comme métronome, simples et d'une plénitude ordinaire, suffit à dépayser.»
La suite ici, sur le site de BD Gest'.


En écrivant cela, j'écoute (et regarde) le concert de Camille au zénith de Paris, qui était généreusement disponible sur le site de la chanteuse pendant une semaine, juste après le spectacle. Probablement un DVD pour bientôt (j'espère)...

24 novembre 2008

Woodpigeon


Ici et ici, des articles sur mon groupe fétiche de l'année, Woodpigeon, élu album du jour par le journal anglais the Guardian.


Jorane depuis 10 ans

J'ai reçu ce matin mon album de Jorane, cette compilation nommée sobrement Dix.
Dix, pour dix ans de création, dix ans de présence dans le paysage artistique québécois et dix ans de travail pour se faire connaître partout. C'est un album double, le premier volet contient dix chansons choisies par les fans, qui ont été sollicités cet été pour choisir une pièce de chaque album. Je n'ai pas eu le temps d'y participer même si on me l'a demandé à moi aussi :)
Le deuxième volet regroupe dix pièces qui ont été écrites pour le cinéma mais qui n'ont jamais été commercialisées sur disque.

Il y a presque dix ans, je voyais Jorane pour l
a première fois à Bordeaux, en France, dans une grande salle, trop grande pour la trentaine de spectateurs présents. Nous avons eu droit à un spectacle unique, juste pour nous... Depuis, le chemin parcouru par Jorane est impressionnant et il vaut mieux s'y prendre à l'avance pour acheter un billet ! Je n'ai cessé de la suivre depuis toutes ces années, allant à chacun de ses spectacles et achetant chacun de ses albums. Je crois que c'est l'artiste à laquelle je suis la plus fidèle...
J'ai eu droit à une dédicace de Jorane sur cet album, que j'ai commandé depuis plusieurs semaines sur le site de Tacca Musique, qui produit Jorane depuis le début. J'avais assez hâte de le recevoir !
Je souhaite une très longue carrière musicale à Jorane et j'espère qu'elle ravira nos petite oreilles bientôt. Pour le moment, la madame attend des jumeaux et a sûrement autre chose à faire :) !

Voici mon CD dédicacé par Jorane (les 500 premiers qui ont acheté l'album y ont eu droit...:)

Article du
Voir.
Un autre article ici.

En écrivant ce petit mot, j'écoute Jorane, Dix (Tacca Musique, 2008)

23 novembre 2008

Voyage au Proche-Orient et en Asie Centrale

L'attentat, de Yasmina Khadra, Éditions Pocket (Éditions Julliard), 2005, 246 pages
Les cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini, Éditions Belfond, 2005, 384 pages

Je parlerai de ces deux livres ensemble puisqu'ils traitent tous deux d'événements contemporains qui nous touchent tous. De plus, la rédemption de l'un (Amir dans Les cerfs-volants...) peut faire penser à la recherche et à la compréhension de l'autre (Amine dans L'attentat). L'année de publication de ces deux livres est la même, 2005 (même si Les cerfs-volants est sorti en anglais en 2003), et leur succès à tous deux a été retentissant.
Les deux livres sont des livres coup de poing, et ces deux histoires sont si dramatiques qu'on en ressort incompréhensifs face à une telle horreur.

Le premier, L'attentat, narre l'histoire d'Amine, brillant chirurgien d'origine arabe parfaitement intégré à la vie israélienne et même naturalisé israélien. Marié, habitant dans une magnifique maison dans un quartier huppé de Tel-Aviv, il ne lui manque pas grand chose pour parfaire sa vie. Jsuqu'au jour où une femme kamikaze se fait sauter dans un café, tuant de nombreuses personnes. Amine, à l'hôpital ce jour-là, doit travailler d'arrache pied pour sauver le plus de vies possible. En soirée il est rappelé à l'hôpital pour identifier un corps : celui de sa femme. Or, celle-ci s'avère être l'auteure de l'attentat, la kamikaze.
Le sol se dérobe sous les pieds d'Amine. Commencera alors une véritable quête pour le brillant chirurgien qui, dans sa bulle dorée, n'a rien vu venir, n'a rien senti, et surtout ne peut pas comprendre que l'on agisse avec une telle violence pour défendre une cause dans laquelle il ne se sent pas investi.
Son retour vers ses racines, son obsession de la vérité et son entêtement l'emmèneront dans les pires situations de sa vie, jusqu'à atteindre un point de non-retour.
La quête de cet homme est saisissante, car elle touche non seulement à des événements très présents dans l'actualité et l'Histoire, sans tenter de prendre parti pour l'un ou l'autre camp, mais en plus, elle aborde la (mé)connaissance de l'autre. Comment un homme partageant la vie d'une femme depuis plusieurs années ne s'est-il pas rendu compte de ce qui animait celle-ci ? Le regard des autres à ce sujet est éloquent, l'accusation de complicité en premier lieu venant faire douter le narrateur lui-même, puis l'incompréhension face à sa douleur.
La méconnaissance de l'autre peut être élargie ici à la méconnaissance des autres peuples, des autres cultures, ce qui amène souvent à ces guerres incessantes.
Après Les Hirondelles de Kaboul (Afghanistan), L'attentat (Israël; Prix des libraires 2006) est le deuxième volet de la trilogie que l'auteur consacre au dialogue de sourds opposant l'Orient et l'Occident. Les sirènes de Bagdad (Irak) en est le troisième volet.
Yasmina Khadra est un auteur algérien né en 1955. Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages et a reçu de nombreux prix littéraires. Il est considéré, notamment par J.M. Coetzee, prix nobel de littérature en 2003, comme l'un des plus grands écrivains contemporains.
On peut visiter le site Internet de Yasmina Khadra ici.

«On ne parlera pas ici de beauté, le terme serait à juste titre déplacé. Mais L'attentat frémit de vérité humaine. Ne cède rien de cet humanisme lucide qui anime chacun des livres de Yasmina Khadra. Il confirme un art magistral de se saisir d'un sujet brûlant et de le mettre en scène, jusque dans ses plus insupportables contradictions» J.C Lebrun L'Humanité. 14 octobre 2005 «L'abomination aurait-elle ses raisons que notre raison ne connaît point ? Dès que cette hypothèse s'immisce, le roman se tend, prend une densité que le premier ton, narratif, n'annonçait pas forcément. Est-ce parce que l'histoire relatée en évoque tant d'autres, toutes récentes et toutes proches ? Est-ce parce que l'exploration de la psychologie du terrorisme introduit le doute dans nos mentalités occidentales (nos valeurs, notre mode de vie ne seraient-ils pas enviables ?). L'attentat est une déflagration lugubre sur cette fin d'été. Le lire, c'est attenter à sa quiétude : s'ensuit un long frisson dont on ne sait s'il est d'angoisse ou d'aise.» Etienne de Montety Le Figaro Magazine 27 août 2005


Les cerfs-volants de Kaboul est une véritable épopée, se déroulant sur plusieurs dizaines d'années de la vie du narrateur, Amir, entre l'Afghanistan de son enfance, l'Amérique de son immigration et le retour dans un pays occupé par des Talibans extrémistes.
Amir et Hassan sont très liés durant leur enfance, quasiment comme des frères, même si Hassan fait partie d'une classe sociale inférieure à celle d'Amir (et l'on voit dans le livre que cette notion est importante en Afghanistan). Mais un jour, après avoir assisté impuissant à une scène d'agression contre Hassan, Amir porte le poids de sa culpabilité et n'arrive pas à assumer le regard d'Hassan. Il le trahit alors, dans un geste irréversible. Puis c'est la guerre avec l'URSS et la fuite vers les États-Unis, à San Francisco.
Amir et son père vivent là plusieurs années difficiles, mais Amir s'en tire bien et poursuit des études. Jusqu'au jour où il reçoit un appel d'Afghanistan lui demandant de revenir car «il existe un moyen de [se] racheter» pour lui. C'est alors un retour dans un pays ravagé par des années de guerre et de luttes violentes, sous un régime menés par des Talibans sanguinaires. Il retrouvera là ses vieux démons et pourra peut-être les conjurer.

Les actes d'Amir sont condamnables, mais l'auteur nous montre toute la lourdeur que sa faute lui fait porter durant toute sa vie. Amir est marqué à jamais par ce qu'il a vécu avec Hassan, par le comportement de son père, à qui il veut absolument plaire mais qu'il n'arrive pas à atteindre, sa "faute" l'empêchant de s'affirmer.
Son retour en Afghanistan est pour lui un véritable retour sur les terres de son passé, avec tous les souvenirs que ça implique, les bons et les moins bons. Il se retrouve face à son ennemi, ce qui était un peu prévisible. Dès le début, je me doutais que l'on retrouverait ce "méchant" personnage d'Assef quelque part.
La description du régime des Talibans, qui veulent réaliser leurs idéaux, à savoir bâtir « le plus pur État islamique du monde », fondé sur une stricte application de la charia, ne fait pas dans la dentelle, et on n'a pas de mal à croire cette description. Après cette lecture, j'avais un peu plus de compréhension face à l'intervention en Afghanistan. Par contre, ce qui me laisse plus perplexe, c'est l'implication des États-Unis dans l'évolution des différents conflits reliés à l'Afghanistan, un coup avec les Talibans (en 1996), un coup contre (en 2001), mais on n'en est pas à une contradiction près, n'est-ce pas ? Ceci étant dit, cette thématique n'est pas développée dans le livre, ce sont mes recherches qui m'amènent à cette réflexion.
La partie se situant dans l'Afghanistan des Talibans est véritablement dramatique, tellement qu'à un moment donné, je me demandais quand ça allait arrêter. L'escalade dans la terreur et la violence n'en finissait plus.
Le dénouement, plus heureux que malheureux (je laisse ça vague tout de même), amène un peu de répit et laisse entrevoir un futur plus joyeux. Mais comment savoir ? C'est aussi la question que l'on peut se poser face à l'actualité des derniers mois dans ce pays déchiré, aux richesses extraordinaires, qu'elles soient minières, agricoles (y compris l'opium...) ou culturelles (L'Afghanistan actuel est la patrie de naissance de Rumi, célèbre mystique qui a influencé le soufisme). Carrefour de l'Asie Centrale, l'Afghanistan a toujours eu une histoire mouvementée, ayant été occupé par l'Empire Perse, par Alexandre Le Grand ou encore Genghis Khan. Ce qu'il sera demain reste encore incertain.

Ces deux livres m'ont vraiment tenue en haleine, d'une part par leurs histoires, toutes deux romancées, mais si ancrées dans le réel, et d'autre part par le style et les thèmes soulevés : histoire, politique, rapports interculturels et interreligieux. Des livres chocs, qui auront tous deux leurs adaptations cinématographiques : l'un est déjà sorti, Les cerfs-volants de Kaboul, l'autre est à venir... pour quand ? Si vous avez la réponse, laissez-moi un commentaire !

Ajout du 3 janvier 2009 : J'ai regardé hier soir un film que j'ai loué après en avoir lu beaucoup de bien en faisant mes recherches concernant L'attentat de Yasmina Khadra. Il s'agit de Paradise Now, de Hany Abu-Assad, qui retrace le parcours de deux amis d'enfance Palestiniens, qui doivent commettre un attentat suicide à Tel Aviv. Le sujet est traité de façon très subtile, avec un certain parti pris, mais cela permet de voir vraiment ce qui pousse ces jeunes à se tuer pour leur cause. On les comprend...ou pas. Eux-mêmes sont souvent perdus face à leurs convictions. Mais enfin, cela apporte un pierre de plus sur ce sujet traité amplement dans L'attentat et aussi dans Les sirènes de Bagdad, du même auteur. À voir.

En écrivant ceci, j'écoute Ethiopiques 4 (Buda Musique)

11 novembre 2008

Théâtre

Ce mois-ci, je suis allée deux fois au théâtre, fait suffisamment rare pour être souligné...
La première fois, c'était pour Top Dogs, une pièce du Suisse Urs Widmer, produite par le Théâtre de la Marée Haute et donnée à l'Espace Geordie, une minuscule salle.
La deuxième fois, c'était pour Le Bruit et la Fureur, un texte de William Faulkner et une production du Théâtre de l'Opsis, théâtre qui a pour mission «de rendre accessible le théâtre classique et la découverte d’auteurs contemporains étrangers».
Cette fois, c'était à l'Espace Go.

Au lieu de vous raconter les histoires de ces deux pièces (ce que font très bien les articles que je vous ai mis en lien), que j'ai toutes les deux aimé, par leurs sujets brûlants tellement contemporains (alors que les deux textes originaux datent un peu...) et le jeu des acteurs, je vous parlerai plus de mon expérience théâtrale. En effet, je suis peu habituée à aller au théâtre, comme je l'ai souligné. Ces deux pièces étaient à des lunes l'une de l'autre mais quelles expériences ! La première nous projetait littéralement DANS la pièce, puisque la scène était quasiment intégrée aux gradins. De plus, nous étions au premier rang, ce qui augmentait encore plus l'impression de faire partie de la pièce. Les acteurs, au jeu intense (beaucoup de cris et de colère), nous faisaient donc vivre leurs émotions de façon assez directe.

Le Bruit et la Fureur, de William Faulkner, est une histoire assez sautée, comme on dit par ici. Famille dysfonctionnelle, obsessionnelle, suicide, folie avérée ou latente, les 2 h 20 de la pièce ne sont pas de tout repos. Encore une fois, la proximité théâtrale nous projette au sein de cette folie, et l'on ne ressort pas indemne de cette expérience.

Ce que je vous raconte là peut paraître assez naïf, ou en tout cas évident, mais pour moi qui suis assez novice, j'ai été bouleversée par cette proximité avec les acteurs, et l'intensité de leur jeu, bien plus puissant qu'au cinéma, auquel je suis plus habituée. Tout cela me donne bien sûr envie d'aller plus souvent au théâtre, en espérant que ce sera le cas...

Quelques articles sur Top Dogs dans le Voir : ici et .
Quelques articles sur Le Bruit et La Fureur : ici, et ...

En écrivant ceci, j'écoute Karkwa, Le coup d'état (album Les tremblements s'immobilisent, 2005)

28 octobre 2008

Tout est illuminé

Tout est illuminé, Jonathan Safran Foer, collection Points (Le Seuil/Éditions de l'Olivier), 2003, 405 pages.

Jonathan Safran Foer est l'auteur de l'un des livres m'ayant le plus bouleversée en 2007, Extrêmement fort et incroyablement près, Éditions de l'Olivier.
Ce deuxième roman trouvait sa source dans les attentats du 11 septembre 2001 qui ont transformé l'Amérique et le monde à jamais.
Dans sa première publication, écrite à l'âge de 25 ans et intitulée Tout est illuminé (il a le sens du titre), l'auteur puise dans ses origines juives et dans l'histoire de sa famille pour nous offrir un texte habilement construit et extrêmement fort.
Le personnage principal de Tout est illuminé, Jonathan Safran Foer lui-même, part à la recherche de la femme qui a jadis sauvé son grand-père des nazis, en Ukraine, dans un Shetl nommé Trachimbrod. À partir d'une photographie, et aidé par Alex, un jeune homme traducteur qui rêve à l'Amérique, le héros (ainsi Alex le nomme-t-il) va parcourir le pays dans une quête initiatique de ses origines.
La narration démarre avec le récit de la vie dans le Shetl de Trachimbrod en 1791, dans un style frôlant le réalisme magique de Gabriel Garcia Marquez (un bébé "apparaît" dans la rivière, un homme vit avec une scie dans la tête, etc.) et ce n'est peut-être pas pour rien que j'ai lu - complètement par hasard - Cent ans de solitude tout de suite après Tout est illuminé. L'histoire du shetl se poursuit jusqu'en 1942, alors que la Deuxième Guerre Mondiale fait rage et que les Juifs d'Ukraine sont exterminés par les Nazis.
Les chapitres sont ensuite découpés entre cette narration historique et les lettres qu'Alex envoie à Jonathan après le retour de celui-ci chez lui aux États-Unis, et le récit des recherches de Jonathan à proprement parler. Il s'agit de la rencontre de l'ouest et de l'est, des rêves d'Alex aux déceptions de Jonathan, l'un étant un peu le pendant de l'autre.
En fait, Alex est là pour traduire et aider Jonathan à écrire son livre, ce qui donne naissance à une langue savoureuse et très imagée, puisqu'Alex est on ne peut plus approximatif avec la langue anglaise (le texte original est en anglais bien sûr). De là, un coup de chapeau aux traducteurs du livre en français, Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso, qui ont su reproduire des expressions sorties de nulle part...
Un conseil : si vous débutez ce livre, et que vous vous sentez déconcertés par le début, forcez un peu la lecture, afin de découvrir un texte étonnant, alliant «le burlesque à la tragédie» en faisant un détour dans le monde du réalisateur Émir Kusturica.

Voici une belle introduction pour vous encourager à découvrir ce jeune auteur :

«Jonathan Safran Foer fait partie de ces écrivains inventifs qui conçoivent la littérature comme "un désordre des dents". Maniant le verbe avec une rare dextérité, il fait subir au langage toutes les distorsions possibles sans que cela jamais ne vire à l'exercice de style ou à l'incompréhension fumeuse. Parce que ce jeune auteur américain a trouvé en littérature le meilleur prétexte qui soit pour nous entraîner à la suite de ses phrases à l'humour foudroyant : une histoire à raconter. Une histoire pleine d'accidents banals et d'incroyables résurrections, de bébés sauvés des eaux, d'étudiants égocentriques, de vieillard malheureux, de rabbins pernicieux. De moments graves aussi. Une histoire donc.
Alex, un jeune Ukrainien, vivant aux crochets de sa famille, collectionnant selon ses dires, filles et succès, est entraîné par son père dans un voyage improbable à travers le pays : guider un écrivain juif américain, Jonathan Safran Foer lui-même à la recherche de ses origines et d'un village détruit en 1941 par les nazis. Si vous ne dépassez pas le premier chapitre (impossible), vous vous direz que l'auteur a bien du talent et de l'humour, pour faire s'exprimer de la sorte son personnage. En entamant le second chapitre, vous penserez que Jonathan Safran Foer est un écrivain profond, véritable, qui aurait bien du mal à dissimuler ses qualités. Et que dans le difficile exercice d'un premier roman cultivant tous les styles, inventif ou solennel, riche ou effilé jusqu'à l'essentiel, ce nouvel auteur américain frise le génie. »
--Hector Chavez


Un blogue qui parle du livre
Et un autre...

En écrivant ceci, j'écoute Stuart A. Staples, Leaving Songs (Beggars Banquet, 2006), avec une superbe chanson (That Leaving Feeling) à laquelle participe la Montréalaise Lhasa De Sela...

26 octobre 2008

Un mercredi soir au Club Soda

Catherine Major - Spectacle Rose Sang - Club Soda, mercredi 22 octobre 2008

Catherine Major avait présenté son dernier album, Rose Sang, paru en janvier 2008, au Verre Bouteille, à Montréal, le 5 février dernier, en formation intimiste piano-contrebasse (déjà Mathieu Désy).
Depuis, elle a reçu quelques prestigieux prix (Jutra pour la meilleure musique de film pour Le Ring, prix Félix-Leclerc de la chanson) et a fait la première partie de Véronique Sanson aux Francofolies cet été.
Le spectacle Rose Sang présenté au Club Soda mercredi dernier était un peu le mélange de toutes ces expériences des derniers mois : un grand souffle de maturité dans sa musique et son attitude, de la connivence entre tous les (excellents) musiciens (Martin Lavallée aux percussions, Mathieu Désy à la contrebasse et François Richard aux claviers, plus une participation d'Alex McMahon, le réalisateur de Rose Sang), des arrangements parfois magnifiques (Sahara avec les voix des 3 musiciens en chœur).
Si on rajoute un éclairage que j'ai trouvé vraiment réussi (beaucoup de rose, forcément), un son qui s'est ajusté rapidement pour être à son meilleur (et là, c'est rare que je souligne ce point de façon positive), on obtient là un retour (même si elle n'en était pas partie) de Catherine Major sur le devant de la scène de la chanson québécoise, après un premier album prometteur (Par dessus bord, 2004) et une tournée en 2006 qui m'avait enchantée.
L'artiste, que l'on a pu voir à Tout le monde en parle en mars et en couverture du Ici dernièrement, part pour une tournée complète au Québec (voir son site Myspace) et j'ai ouï dire que suite au succès du spectacle de mercredi, il y aurait une supplémentaire à Montréal en février 2009.
Catherine Major est également en nomination pour trois prix au Gala de l'Adisq, qui aura lieu dimanche prochain, pour l'album populaire de l'année, l'auteur-compositeur de l'année, et la meilleure réalisation
À surveiller donc...

Articles à lire :
Article du Devoir par Sylvain Cormier
Article du Soleil par Nicolas Houle
Article de La Presse par Alain Brunet

En écrivant ceci, j'écoute Jan Garbarek, I Took Up the Runes (ECM Records, 1990)

22 octobre 2008

Cent ans de solitude

Cent ans de solitude, Gabriel García Márquez, Éditions du Seuil, 1995 (Première édition en 1967)

Difficile de résumer ce livre ou d'écrire des choses neuves sur cette œuvre magistrale. Pour résumer, nous pouvons dire que Cent ans de solitude relate l'histoire de la famille Buendia, dans un village imaginaire nommé Macondo. Le patriarche, José Arcadio Buendia, en est le créateur. C'est le point de départ d'une histoire qui nous présente tous les personnages de cette famille poursuivie par le sort, mais aussi au destin épique. Avec la lecture de ce chef-d'œuvre de la littérature hispano-américaine et mondiale, ce fut pour moi la découverte du réalisme magique (terme utilisé depuis 1925 par la critique littéraire et artistique) de García Márquez, juxtaposition d'éléments fantastiques, ésotériques, dans une réalité et un cadre tout à fait vraisemblables. Au départ un peu déconcertée par ces incursions magiques dans le récit, j'y ai finalement trouvé une manière de me reposer, de m'évader des histoires dramatiques racontées en toile de fond. Le moment où j'ai terminé la lecture de Cent ans de solitude a coïncidé avec la sortie d'une première biographie de Gabriel García Márquez, que je lirai prochainement je l'espère (pour l'instant seulement disponible en anglais je crois).
Une belle découverte, qui me fait penser à chaque fois que la littérature et les beautés qu'elle peut nous faire découvrir sont presque inépuisables...

En écrivant ceci, j'écoute Elliot Goldenthal and Various Artists, Bande originale du film Frida

07 octobre 2008

Paris

Vu en avant-première la semaine dernière, le dernier film de Cédric Klapisch m'a déçue par certains aspects et réjouie par d'autres. Il ne me reste pas cependant - une semaine après son visionnement - de sensations de bonheur béat, comme Chacun cherche son chat, par exemple, avait pu m'en procurer.
Le film nous offre une brochette d'acteurs exceptionnels, Juliette Binoche, Fabrice Luchini, Romain Duris, Albert Dupontel, entre de nombreux autres. Les personnages sont généreux, humains et touchants, comme la plupart du temps dans les films de Klapisch. Mais il y en a un peu trop, pas assez approfondis, trop caricaturaux (les hommes du marché surtout) et d'autres, excellents, qu'on ne voit presque pas assez (merveilleuse Karin Viard en boulangère très parisienne).
Le propos est bien sûr touchant, un jeune homme souffre d'une maladie du coeur (on ne sait pas quoi exactement) et seule une transplantation pourrait - peut-être - le sauver. Ils se met alors à observer de sa fenêtre les gens, ceux qui passent sous ses fenêtres, ceux qui habitent son quartier et ceux qui l'entourent dont sa soeur, mère célibataire désabusée et fragile.
Cela donne lieu à des chassés-croisés de personnages blessés, en quête d'amour et de bonheur simple, au milieu d'une ville que le réalisateur aime plus que tout.
Cédric Klapisch a d'ailleurs déjà mis en scène la capitale française, enfouie sous le sable, dans le film Peut-être, avec Jean-Paul Belmondo et Romain Duris, film d'anticipation sorti en 1999.

Je vous le conseille quand même parce qu'un film de Klapisch est toujours un plaisir à voir... Mais si vous souhaitez vous replonger dans la filmographie de l'un des réalisateurs les plus talentueux de son temps (et l'un de ceux que je préfère, ça paraît, non ?), rabattez-vous sur Chacun cherche son chat, ou Le péril jeune, ou encore, dans un autre style, Un air de famille...

Les tous débuts d'un jeune acteur, qui doit aujourd'hui se marrer en voyant ça...



En écrivant ceci, j'écoute Roberto Fonseca, Zamazu (Enja, 2007)

02 octobre 2008

Mauvaises graines mais excellentes récoltes :) !!!

Nick Cave and The Bad Seeds - Métropolis de Montréal, 2 octobre 2008
Nick Cave est de ces artistes au charisme hallucinant, avec biographie à rallonge, collaborations à n'en plus finir, évoluant dans son art avec fougue et honnêteté, du punk des premiers albums en 1984 à la chanson intime des albums plus récents comme The Boatman's Call (1997) ou No More Shall We Part (2001). Sa musique n'est pas commerciale, plutôt underground, mais il remplit des salles de 2000 personnes qui le vénèrent.
Certaines de ses chansons sont cultes, comme The Mercy Seat, de l'album Tender Prey, paru en 1988. Depuis cette date, Nick Cave a chanté cette chanson dans quasi chacun des concerts qu'il a donnés, c'est sa préférée. Nous y avons aussi eu droit - pour mon plus grand bonheur - hier soir.
Le personnage est fascinant, sorte de poète écorché, maudit et malheureux, aujourd'hui beaucoup plus serein semble-t-il. Rescapé de plusieurs overdoses, il a brûlé la chandelle par les deux bouts, comme on dit si bien et de façon convenue...
Il a fait chaviré le coeur de nombreuses femmes (dont P.J Harvey), et la paternité l'a paraît-il assagi (et lui a inspiré un très beau disque, The Good Son, en 1990). Ses enfants vivent dans le monde entier, 3 en Australie, sa patrie natale, 1 au Brésil, et ses jumeaux à Londres, son lieu de résidence actuel.
Il s'intéresse au cinéma, a travaillé avec Wim Wenders (Les ailes du désir et Until The End of The World), et a aussi publié des livres (And the Ass Saw the Angel, King Ink I et II).

Je ne sais plus exactement comment je l'ai découvert... Probablement dans la bande originale du film de Wim Wenders, Until the End of the World, vers 1991, ou bien dans ma frénésie de découverte de l'Australie, pays qui m'a longtemps fait rêver, et duquel je voulais tout connaître...
C'est le Nick Cave calme que j'ai le plus aimé en premier, touchée par sa voix hyper grave et mélancolique, il m'a fait le même effet que Leonard Cohen (dont il est un grand fan) que j'écoutais aussi sur vinyl à l'époque. Bref, il n'en fallait pas plus pour que je m'intéresse à lui de près. Avec son groupe de mauvaises graines, les Bad Seeds, il a produit presque 15 albums, sans compter les autres groupes (The Boys Next Door, The Birthday Party, Grinderman...). Il y en a donc beaucoup à écouter de Nick Cave, tout comme il y a beaucoup à dire sur lui.

Mais revenons au concert d'hier soir. Nick Cave faisait partie de cette catégorie d'artistes mythiques que j'aimerais voir au moins une fois dans ma vie en concert. Et bien j'ai eu cette chance grâce à Pop Montréal qui a réalisé un grand coup cette année !
Ce que j'ai adoré du concert, c'est qu'il y en avait vraiment pour tous les goûts : autant pour ceux qui aiment le côté plus calme de Cave que pour ceux qui l'aiment déchaîné, des chansons du dernier album, Dig Lazarus Dig !!! (2008), en passant par Get Ready for Love (Abbatoir Blues, 2004), The Mercy Seat et Deanna (Tender Prey, 1988), The Weeping Song (The Good Son, 1990), Red Right Hand (Let Love In, 1994), Stagger Lee (Murder Ballads, 1996)... plus toutes celles que je n'ai pas reconnues.

Le groupe a été bien généreux dans sa prestation et même le grand Nick Cave, surplombant le public des premiers rangs (duquel nous n'étions malheureusement pas), s'accroupissait souvent pour toucher les mains tendues vers lui.
Son acolyte Warren Ellis, jouant du violon, du bouzouki, de la mandoline et de plein d'autres mini-guitares bizarres a produit tout un numéro psychédélique et déjanté en faisant quelques roulades arrières et chantant allongé sur la scène, et offrant à lui seul un spectacle intégral de danse...

Ce que j'ai adoré aussi, c'est que pour la première fois, j'ai vu le public défier l'organisation du concert et se révolter pour avoir un troisième rappel... Ah ça, que c'était plaisant ! Nous avons eu droit à deux autres chansons, alors que les techniciens avaient déjà débranché les amplis...
Nous sommes donc repartis rassasiés, espérant qu'ils reviennent avant 6 ans...

«Jeudi, j’ai assisté à mon énième spectacle de Nick Cave au Métropolis. Chic, moustachu, très rock et très en forme dans un amphithéâtre plein à craquer. Les nuances orchestrales, les ponctuations douces et fines, tous ces effets de style ont fait en sorte qu’on n’a pas regretté les décharges d’autrefois. Non, Nick Cave ne s’est pas autoparodié, loin de là. Il a appris à vivre le rock avec les années qui s’accumulent. Voilà un des artistes les plus complets de sa génération - rock, cinéma, littérature, toutes des formes maîtrisées, d’excellent niveau. Oui, une fois de plus, on a pu contempler un grand créateur. Merci Monsieur Nick.»

Alain Brunet, La Presse, 3 octobre 2008

« Non, il n'y a rien de pire qu'un événement raté. Et bien pire qu'un événement raté parce qu'on a choisi de ne pas le vivre, il y a celui qu'on a vécu sans vraiment y être. Le spectacle de Nick Cave d'il y a six ans est de ceux-là. Quand je pense que c'était pour la tournée de No More Shall We Part, un des albums qui me soient le plus cher, je m'en arracherais les cheveux. J'ai mis plusieurs années à aimer Nick Cave. À l'époque, j'aimais seulement ses chansons les plus connues comme « Red Right Hand » ou « The Weeping Song », et déjà un peu « As I Sadly Sat By Her Side », peut-être. En fait, je crois que j'avais découvert cette dernière pendant le spectacle... Mais par la suite, de quel amour l'ai-je aimé! Je ne crois pas qu'aucun artiste musical me soit plus cher que Nick Cave.

En le revoyant sur scène, mon amour s'est vu à nouveau confirmé. Je me suis rappelée lorsque je l'ai vu sur scène à quel point sa performance m'avait impressionnée déjà à l'époque. Jamais n'ai-je vu chez qui que ce soit d'autre un tel charisme, une telle intensité et une telle sensualité! Dieu qu'il sent le sexe! Nick Cave a une de ces façons de bouger et sa voix, sa voix... Comme l'écrivait avec justesse ma bien-aimée, sa voix est encore plus belle en spectacle que sur disque. Elle se déploie dans toute sa force... Le spectacle était merveilleux. J'étais complètement sous tension pendant toute sa durée. »
Chronique trouvée sur Lucidité Homicide, 04 octobre 2008.


En écrivant ceci, j'écoute Nick Cave and The Bad Seeds, The Lyre of Orpheus (2004)