24 août 2009

Des vents contraires

Des vents contraires, Olivier Adam, 2009

Encore un formidable roman d'Olivier Adam, à l'écriture lumineuse et au propos bouleversant. Des personnages, incluant les paysages (qui sont des personnages à part entière dans les romans d'Olivier Adam), cassés par la vie, comme ces falaises abruptes et dangereuses, ou cette mer agitée et fourbe, mais qui se battent toujours pour faire briller une petite étincelle de vie ou un sourire d'enfant. Des personnages attachants, à qui l'on tend la main durant toute la lecture de ce livre, lecture rapide puisqu'il est difficile de les laisser ne serait-ce que pour dormir...
Je me souviens de Falaises, que j'avais lu en une nuit, ne pouvant pas lâcher ce texte bouleversant. Cela aurait pu être la même chose pour celui-là, même si tant de tristesse et de mélancolie pèse parfois.

10 août 2009

Dans le ventre de Montréal

Montréal souterrain, sous le béton, le mythe, Fabien Déglise, Éditions Héliotrope, 2008

Les ambiguïtés urbaines me fascinent parfois, particulièrement à Montréal, où, ne nous le cachons pas, elles sont nombreuses.
Il en va ainsi de la fameuse ville souterraine, que j'ai eu l'occasion d'arpenter il y a quelques années.
Fabien Déglise, sociologue de formation et aujourd'hui journaliste au Devoir depuis 2001, s'est penché sur l'histoire de la création de cette ville sous la ville. En sept chapitres distincts (Rêver, creuser, inaugurer, consommer, aseptiser, voyager, inspirer), l'auteur nous amène du rêve d'une ville intérieure à sa réalisation concrète, tunnel après tunnel, galerie après galerie, et à ses différents usages. Une construction fortement liée à l'Histoire du Québec, de la Grande Noirceur au référendum de 1980...
L'œil objectif de Fabien Déglise nous montre les contradictions qui existent dans cet ensemble, comme ces espaces parfois inutiles, ou ces indications souvent difficiles à trouver ! Il n'est pas rare de se perdre dans les couloirs successifs du Montréal souterrain.

J'ai toujours été surprise par l'image de Montréal à l'étranger. Mes amis français m'ont souvent dit : « Vous avez une ville souterraine, vous ! On ira se promener dans la ville souterraine ?»
Je n'y avais jamais mis les pieds jusqu'à il y a deux ans car pour moi, elle n'était synonyme que de magasins et de consommation de masse.
La lecture de ce livre est une visite à part entière, mais très loin des guides touristiques, qui, si ce n'est déjà fait, vous donnera envie d'aller explorer ces galeries, en connaissant les petits secrets de leur construction, de la politique de la Ville à leur égard et de tous les ouvrages artistiques que l'on peut y trouver (plus de 120 créations sont visibles dans ces galeries, métros inclus). L'auteur nous précise que «certains disent que cela fait du sous-sol de la métropole le 31ème musée de Montréal».
Savez-vous où se trouve cette murale de Frédéric Back, qui retrace l'histoire de la musique à Montréal ?
Qui sait qu'il y a une oeuvre d'art de Guido Molinari à l'entrée souterraine du magasin Simons ?
Peu de gens... car malheureusement, si ces oeuvres sont bel et bien présentes dans la ville souterraine, elles ne sont que peu mises en valeur.
Vous apprendrez tout cela et bien d'autres choses dans ce livre, pour toutes les personnes qui aiment à mieux connaître leur lieu de vie.

Un article dans La Presse.

Un super site passionné sur le métro de Montréal.

01 août 2009

La pluie, avant qu'elle tombe

La pluie, avant qu'elle tombe, Jonathan Coe, Éditions Gallimard, 2009

Jonathan Coe est l'un de mes auteurs contemporains préférés. J'adore ses histoires où se mêlent politique et musique, histoires personnelles et Histoire avec un grand H, souvent avec beaucoup d'humour. Dans ce dernier roman, au si beau titre (et le passage duquel il est tiré est très beau aussi), pas question de politique, ni de musique, excepté ce bailero, musique auvergnate découverte par la narratrice avec son premier et seul véritable amour, et qui ne la quittera jamais. Ce dernier ouvrage ne ressemble pas beaucoup à ses prédécesseurs, si ce n'est par le style et la construction du texte, toujours aussi habilement mené et avec une verve exaltante. Ici, il est question d'histoires personnelles et familiales. Plus exactement de filiation, d'héritage. Une histoire où les femmes ont une place prépondérante. Jonathan Coe est un auteur si sensible qu'il arrive à se mettre dans la peau d'une vieille dame, Rosamond, qui va raconter, au moyen de cassettes qu'elle lègue à une mystérieuse Imogen, l'histoire bouleversante de sa famille sur trois générations. Comment le désamour d'une femme peut entraîner chez sa propre fille et sa petite fille ensuite tant de haine et de violence, envers elles-mêmes, envers les autres ? Comment pardonner ?
Un roman bouleversant, comme chacun des romans de Jonathan Coe, mais celui-là plus ancré dans le réel, plus abouti dans les émotions qu'il suscite.

La critique de Benzine Magazine

Exit Wounds

Exit Wounds de Rutu Modan, traduit de l'hébreu par Rosie Pinhas-Delpuech, Actes Sud BD, 2007

Le point de départ de cette BD : un chauffeur de taxi, Kobi, rencontre la mystérieuse Nomi, surnommée "La girafe" (tiens, ça me rappelle des souvenirs...), qui lui parle de son père qui aurait peut-être disparu dans un attentat quelques jours auparavant.
Comment a-t-elle connu le père de Kobi ? Que s'est-il passé le jour de l'attentat ? C'est ce qu'ils tenteront de découvrir en allant à la rencontre des différents protagonistes autour de cet événement, mais également à la rencontre d'eux-mêmes...
Une histoire intéressante et bien écrite, que l'on lit d'une traite et en très peu de temps en ce qui me concerne. Je n'ai pas beaucoup accroché sur le dessin mais c'est tout de même à découvrir.
Cette bande dessinée a reçu deux prix : Le prix France Info 2008 de la bande dessinée d'actualité et de reportage et le Prix Essentiel 2008 à Angoulême.
Exit Wounds est assimilé à une bande dessinée"ligne claire" qui est un terme désignant un dessin sobre et peu exubérant. La bande dessinée en ligne claire vient d'Hergé, dessinateur de Tintin, et le terme a été créé en 1977. Voici ce qu'en dit Wikipédia.

Voici un article très intéressant qui comprend un entretien avec l'auteure d'Exit Wounds : Actualités de la bande dessinée ligne claire


Harvey

Harvey, de Hervé Bouchard et Janice Nadeau, Éditions La Pastèque, 2009

Les Éditions La Pastèque ont pour habitude de nous offrir des ouvrages originaux et touchants (comme la série des Paul, de Michel Rabagliatti, l'ouvrage L'Appareil, etc.). Souvent, on a même droit à de petits bijoux. C'est encore une fois le cas avec cet ouvrage de Hervé Bouchard et Janice Nadeau, qui nous parle du deuil et de la façon d'aborder la mort d'un parent pour un enfant. C'est poignant et très beau.

Une critique du journal Voir, par Tristan Malavoy-Racine :
« Un roman graphique signé Janice Nadeau et Hervé Bouchard? L'annonce n'était pas passée inaperçue, en début d'année. Après quelques mois d'attente et de supputations - «mais à quoi donc est-ce que ça va ressembler?» a-t-on entendu souvent dans le milieu -, voici la chose, fruit du travail à quatre mains de la gagnante de deux Prix du Gouverneur général (littérature jeunesse - illustration) et de celui du Grand Prix du livre de Montréal 2006 pour son inclassable roman Parents et amis sont invités à y assister (Le Quartanier). Gros plan sur le petit Harvey, pour qui le printemps est à jamais synonyme de perte. C'est à cette saison en effet que son monde a basculé, quand en rentrant à la maison, un soir, après avoir joué dans les rigoles avec ses amis et son frère Cantin, il a vu son père sortir les pieds devant, son corps inerte emporté par deux brancardiers. Récit tout simple d'une mort et de son impact sur l'imaginaire d'un enfant, Harvey comporte aussi des éléments de fantastique intégrés avec beaucoup de finesse, auxquels contribue le dessin aux dominantes de beige et de prune, tantôt collé au réel, tantôt capable de dire l'émotion pure. Une histoire belle à pleurer, dont La Pastèque a fait un objet d'exception (impression en trichromie, couverture cartonnée toilée.). »

Le super article de La Presse ici.

21 juillet 2009

2 mois

Ohlala, presque deux mois sans rien raconter ici !! Ne me dites pas que vous n'avez rien remarqué ;-)
Bon, on verra d'ici la fin de l'été si je continue ce blogue ou pas.
Je dois juste vous dire que j'ai réussi à emprunter le dernier de Jonathan Coe à la bibliothèque cette après-midi et j'en frémis d'avance... Il paraît qu'il est extraordinaire.
Sinon je m'instruis ces temps-ci en lisant quelques ouvrages d'histoire (histoire du Québec etc.) et la revue Le Tigre, le "curieux magazine curieux", curieux magazine, donc, auquel mon frère m'a abonnée, et dont les articles s'apparentent à de petites histoires extraordinaires de la vie ordinaire. Passionnant. Ce magazine a beaucoup fait parler de lui, et notamment sur fa.ce.boo.k, avec cet article : Marc L***. À lire absolument.
Mes concerts ces jours-ci : Alexandre Désilets, Patrick Watson, Patricia Barber, Arthur H prochainement, et Julien Doré. Il y a aussi Jorane en concert gratuit avec l'Orchestre Métropolitain aux Francofolies de Montréal. Excellent.
Et qu'est-ce que j'écoute en écrivant cela ? Patricia Barber, bien sûr.

02 juin 2009

L'histoire d'un livre

À l'auberge de jeunesse de Chicago où nous étions, j'ai trouvé un livre dans la salle commune. Seabiscuit de Laura Hillenbrand. À priori pas un livre qui m'aurait attirée...
Mais ce n'est pas un livre comme les autres. C'est un "Traveling book".
Un livre que l'on prend, que l'on lit, et que l'on dépose quelque part pour que quelqu'un d'autre le prenne, le lise, etc.
Un livre qui a été soigneusement enregistré sur le site bookcrossing.com.
Alors je suis allée m'y inscrire moi aussi, et j'ai cherché par où était passé "mon" livre... Et bien, il a déjà fait presque un tour du monde (Australie, Nouvelle-Zélande, Europe) et a traversé les États-Unis en long, en large et en travers. J'ai pu lire les commentaires des personnes qui l'avaient lu.
J'ai trouvé cette idée (que je connaissais mais que je n'avais jamais pu observer concrètement) tout à fait intéressante et presque émouvante. J'ai décidé de lire ce Seabiscuit, en anglais s'il vous plaît, et je le laisserai partir quelque part à Montréal... Ou ailleurs, au gré de mes pérégrinations. Et puis ensuite, je pourrai peut-être faire voyager quelques livres de mon choix...
À noter : le site original de bookcrossing est en anglais mais un "site miroir" a été réalisé par des mordus français, alors n'hésitez pas à y faire un tour...

18 mai 2009

Retour de vacances

Je reviens de Chicago où j'ai vu Patricia Barber en concert au Green Mill.
Super concert jazz avec beaucoup d'impro. Patricia Barber est en résidence dans ce bar tous les lundis soirs depuis un moment déjà, c'est donc toute une expérience de - en quelque sorte - pénétrer dans l'intimité de cette artiste. C'était presque chez elle que nous étions invitées, dans sa ville et dans son bar, et c'était une expérience magique !

Je me suis procurée le premier album d'Elvis Perkins, Ash Wednesday, dans le magasin Reckless Records, magasin de disques usagés assez mythique.
Nous sommes aussi allées dans le "meilleur magasin de bd et de comics de tous les États-Unis", le Chicago Comics. Le choix était si vaste que finalement, je n'ai rien acheté, en fait, je n'avais plus un sou.
Il ne faudrait pas que ces magasins se trouvent à ma porte sinon je serais ruinée...

22 avril 2009

Faire semblant c'est mentir

Faire semblant c'est mentir, de Dominique Goblet, L'Association, 2008 (emprunté à la bibliothèque de Parc-Extension)

Voici le résumé de l'éditeur ainsi qu'une courte biographie de l'auteure :
«Commencé il y a douze ans, ce travail autobiographique est le chef-d'oeuvre de Dominique Goblet, l'un des livres les plus essentiels du catalogue de L'Association et de la forme autobiographique. Il s'agit d'un travail où le temps joue un rôle complet : l'auteur a intégré son changement de style à la narration, ainsi que les événements survenus dans sa vie dans une structure élaborée aux recherches stylistiques et narratives rarement égalées dans la bande dessinée.
Dominique Goblet élabore toutes sortes de récits sur de très nombreux supports : peintures, dessins, photographies, textes, installations, carnets, objets, fragments divers.
Sa narration peut se manifester à partir de deux dessins qui se font face ou de la complexité d'un livre.
Elle expose, publie, participe à des événements théâtraux (muziek LOD, à Gand), imagine des concepts photographiques pour les pochettes du label Sub Rosa.
Son travail est publié par Frémok (Bruxelles / Paris) et par l'Association (Paris).
Elle a participé à de nombreuses revues (Le Lapin, Strapazin, Comix 2000, Frigobox, Beaux Art magazine ...), expositions (Autarcique Comix, musée d'art contemporain de Luzern, Diapason à New York ...) et festivals (Angoulême, Villeurbanne, Haarlem ...).
La galerie Pierre Hallet représente Dominique Goblet à Bruxelles, Sjakie's Gallery à Haarlem et la galerie DS à Vence.»

Cette bande dessinée nous emmène dans un univers totalement à part. À part de la bande dessinée traditionnelle, à part du dessin traditionnel...Quand on la commence, on ne peut s'arrêter avant de l'avoir terminée !
Quatre chapitres se succèdent, alternant entre le récit de Dom, qui vit des retrouvailles douloureuses avec son père, accompagnée de sa fille Nikita, et l'histoire de GM, qui n'arrive pas à clôturer une relation amoureuse pour se laisser aller totalement avec sa nouvelle amie.
Les événements relatés sont dans les deux cas douloureux, mais ne tombent jamais dans le mièvre. Le personnage central, Dom, est à la recherche de cette pureté, de cette transparence, de cette vérité, mais se retrouve face à ses vieux démons, et face à des personnes qui à un moment ou à un autre, vont faire semblant (son père faisait semblant de ne pas entendre quand sa mère l'enfermait au grenier, les mains attachées ; son amoureux, perdu, fait semblant de l'aimer). Le livre montre l'omniprésence de l'enfance et des souvenirs dans notre vie d'adulte. Dom et GM tentent tous deux de s'aimer dans un présent jonché de leurs souvenirs douloureux. Le dernier chapitre apporte une douceur par ses couleurs chaudes, les tableaux, l'utilisation de la peinture... Nous sommes loins des chapitres précédents aux coups de crayons incisifs et parfois agressifs. Ce chapitre présage de jours heureux...

À lire absolument.

Vous pouvez en lire quelques pages ici.

En écrivant ceci, je découvre l'album que Tortoise a fait avec Bonnie Prince Billy, The Brave and The Bold (Overcoat recordings, 2006)

20 avril 2009

Quelques jolies BD

J'ai lu dernièrement :
- Je ne verrai pas Okinawa, d'Aurélia Aurita, aux Impressions Nouvelles
- Couleur de peau : miel, tome 1, de Jung, aux Éditions Quadrants (Astrolabe)
- Le cadavre et le sofa, de Tony Sandoval, aux Éditions Discover (aux bords arrondis)

Ces trois ouvrages, chacun dans leur style, m'ont beaucoup plu, avec une mention spéciale à celui de Tony Sandoval (une traduction de l'espagnol) avec ses très belles couleurs, sa fantaisie et sa sensibilité, l'histoire d'un jeune garçon solitaire qui rencontre une jeune fille qui lui ressemble, tout cela sur fond d'histoire de loups-garous et d'assassinat...
En allant voir ce lien, vous pourrez lire quelques planches de cette bande dessinée, et aussi découvrir un peu ce que sont les Éditions Discover.
Couleur de peau : miel relate l'histoire d'un petit garçon coréen qui est adopté par une famille belge. C'est une réflexion intéressante sur l'adoption, l'identité, l'abandon, etc. Très beau, j'ai hâte au deuxième tome. J'ai beaucoup aimé le dessin mais j'ai trouvé la typographie utilisée moins jolie. Je ne sais pas comment est fait ce choix en bande dessinée...
Quant à Je ne verrai pas Okinawa, il s'agit des mésaventures d'une jeune femme (l'auteure), passionnée par le Japon (elle est mangaka, dessinatrice de mangas), qui se voit refuser l'entrée dans ce pays pour trois mois sous prétexte qu'elle vient trop souvent et que c'est louche. Le Japon connaît en effet depuis quelques années un resserement dans ses politiques d'immigration. Le problème étant que son fiancé vit là et que cette expérience risque de les séparer. Comme le dit le résumé de la BD dans la couverture, «l'histoire de Chenda est aussi une histoire plus globale, car le Japon n'est pas le seul pays à triater ses étrangers avec méfiance et de manière arbitraire...»

Je me dois de signaler aussi que je me suis finalement plongée dans d'autres ouvrages d'Étienne Davodeau, dont je parlais ici. Chute de vélo, Le constat, Le réflexe de survie, j'attends avec impatience d'en trouver d'autres à la bibliothèque.
Ses histoires sont toujours touchantes, bien écrites, imprégnées d'une atmosphère nostalgique. À mettre entre toutes les mains.

J'ai encore quelques BD à lire avant de me lancer à la recherche de quelques titres de romans dont j'ai entendu le plus grand bien ces jours-ci, notamment dans les émissions Vous êtes ici, Vous m'en lirez tant et La librairie francophone, sur Radio Canada.
- Moi, Sampat Pal : chef de gang en sari rose, de Sampat Pal. Une histoire de la lutte de certaines femmes en Inde, menée par Sampat Pal.
- Entre le chaos et l'insignifiance : histoires médicales, de Jean Désy
- Le monde d'Archibald, d'Anne Brécart
- Tarmac, de Nicolas Dickner

En écrivant cette note, je découvre Do Make Say Think, & Yet & Yet (Constellation, 2002), qui me fait penser à Tortoise...

12 avril 2009

Nicolas Dickner

J'avais adoré Nikolski il y a quatre ans, et avais été charmée par Le Traité de balistique, il y a trois ans (Alexandre Bourbaki, l'auteur du Traité... est un nom inventé pour désigner les auteurs Nicolas Dickner et Bernard Wright-Laflamme et le dessinateur Stéphane Trahan), alors quelle nouvelle enthousiasmante !


Alexandre Vigneault, pour La Presse

Des phrases ne laissant rien au hasard, une imagination foisonnante, des images imprévisibles et ce ton plein de sous-entendus, pas de doute, revoilà bien Nicolas Dickner. Quatre ans après son célébré Nikolski, il publie Tarmac, un divertissant roman sur la fin du monde.

On a entendu des folies pour une existence entière à l'approche de l'an 2000. Il suffit de repenser un instant au fameux bogue informatique anticipé pour se rappeler à quel point l'époque était propice à la propagation de scénarios catastrophes. Le même vent de panique souffle à la fin de chaque siècle et de chaque millénaire, répétaient pourtant des érudits.

L'apocalypse n'est toutefois pas une préoccupation conjoncturelle pour la famille de Hope Randall, l'un des personnages centraux de Tarmac, deuxième roman de Nicolas Dickner. C'est une véritable obsession. Un legs douloureux du souvenir de la déportation de 1755 ou une maladie congénitale développée à coup d'unions consanguines. «Les Randall étaient casaniers», souligne le narrateur.

De génération en génération, au moment de la puberté, chaque Randall vit son «mauvais-quart-d'heure», sorte de cauchemar en trois dimensions pendant lequel lui sont révélés la date, l'heure et la nature de la fin du monde. Ann Randall, la mère de Hope, avait pressenti que l'inévitable devait se produire au cours de l'été 1989. C'est-à-dire au moment où débute le roman...

Tarmac, ce n'est pas une coïncidence, s'amorce la même année que Nikolski: 1989. Pas parce que les deux récits sont liés - ils ne le sont pas -, mais parce que Nicolas Dickner a une affection particulière pour cette année, bien qu'il affirme ne pas avoir été marqué outre mesure par la chute du mur de Berlin ou le massacre de Tian'anmen. «Le début de ma conscience historique, c'est le bombardement de Bagdad en 1991», dit l'écrivain né en 1972.

«Ce qui m'intéresse, c'est la période qu'introduit 1989, poursuit-il. Ça correspond au début d'une décennie qui va être marquée par l'altermondialité et la globalisation. Il y a une décennie de flottement entre la chute du bloc soviétique et les attentats de New York en 2001.»

La toile de fond du roman, c'est donc cette époque. Ces changements profonds dans l'équilibre du monde qu'observent Hope et son nouvel ami Mickey, entre un film de zombie et une infopub ridicule, dans le confort de leur bunker. C'est-à-dire le sous-sol d'une résidence familiale située loin de l'action, à Rivière-du-Loup.

S'amuser de la fin du monde, c'est un peu culotté. Nicolas Dickner refuse d'ailleurs d'acquiescer à la suggestion que Tarmac soit une satire des folies millénaristes qui ont circulé de la fin des années 1980 à l'an 2000. «On ne peut pas dire objectivement que ce soit drôle», rétorque-t-il.

L'obsession de la fin du monde dans laquelle on vit depuis 20 ans, selon lui, teinte le regard qu'on pose sur l'actualité et fait que, à force de toujours être en mode panique, on manque de perspective. «On pense à la fin des choses, mais on ne pense pas au renouveau, regrette-t-il. C'est toute l'idée derrière le bouquin: les fins du monde ne sont jamais définitives.»

Tarmac évoque un peu tout ça à travers la quête de Hope - seule Randall à n'avoir jamais subi de «mauvais-quart-d'heure» - et l'étrange relation qu'elle entretient avec Mickey. Tous deux à l'aube de l'âge adulte, ils cherchent plus ou moins à échapper à une forme de prédestination familiale. Un autre thème qui semble cher à Nicolas Dickner qui, dans Nikolski, avait mis en scène une supposée descendante de flibustier devenue pirate informatique.

«Je viens d'une grosse famille, mes parents étaient 13 d'un côté et 16 de l'autre. J'ai fini par intégrer ça comme un raccourci pour le monde, expose-t-il. Utiliser une famille, c'est une image commode pour parler de la société.» L'esprit tordu de la famille Randall, ce n'est qu'une métaphore pour mettre en scène le discours catastrophiste.

Einstein et Nana Mouskouri

Construit comme une suite de fragments plus ou moins longs séparés par des intertitres parfois loufoques (Parum pum pum, Mégacitrons), le roman permet de renouer avec le style férocement ironique de Nicolas Dickner. Peu importe le drame qui se joue, on sent toujours le sourire en coin du romancier, qui se manifeste ici et là dans des dialogues spirituels ou des images inusitées. De plus, au chapitre des références culturelles, l'écrivain ne fait pas de discrimination: il cite aussi bien Einstein et Romero que... Nana Mouskouri.

Moins distant que Nikolski, Tarmac ne verse pas pour autant dans la psychologie et le sentimentalisme. Ce qui lie Hope et Mickey, c'est une espèce de non-relation pourtant intime. «Le roman psychologique, ce n'est pas ma tasse de thé, tranche le romancier. J'utilise la psychologie quand ça fait mon affaire. Il y en a plus dans Tarmac que dans Nikolski parce que l'histoire s'y prête mieux.»

Nicolas Dickner a choisi son camp: celui des écrivains qui abordent le roman comme des metteurs en scène, laissant au lecteur le loisir de deviner ce qui se passe dans la tête des personnages et que le texte ne dit pas. «C'est beaucoup plus difficile et c'est également beaucoup plus limité, reconnaît-il. C'est un choix d'outil. L'introspection, ça m'agace.»

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Tarmac

Nicolas Dickner Alto, 23,95$

En librairie le 15 avril

11 avril 2009

Inspiration et trouvailles

Dans les commentaires de mon précédent article, M me demandait où je trouvais mes suggestions de lecture, comment je m'approvisionnais en livres et de quoi je m'inspirais.
Et bien, la plupart du temps, c'est au feeling que je fonctionne... Cependant je dois bien avouer que je lis beaucoup, d'une part le journal Voir, et La Presse ou Le Devoir, section arts, pour lire les dernières critiques sur les nouveautés littéraires, et d'autre part, ma revue préférée, Entre les lignes, qui m'offre un panorama de nouveautés assez large et varié, des coups de cœur de lecteurs ainsi que des articles avec des suggestions intéressantes (par exemple, les entrevues avec des personnalités qui nous parlent de leurs bibliothèques).
Ensuite, je visite mes bibliothèques préférées : Mile End, Parc-Extension, Petite-Patrie, et je regarde les nouveautés qui m'inspirent. Je prends énormément de livres, de romans, de BD. Je les lis presque tous. Parfois, c'est une couverture qui va m'attirer, d'autres fois le résumé de la quatrième de couverture, d'autres fois encore le nom de l'auteur qui me dit quelque chose...
Et puis, il y a les amis qui me prêtent gentiment des choses, des BD qui les ont bouleversés, des romans qui les ont questionnés. Il y a aussi les livres que je n'ai pas encore lus alors qu'ils m'appartiennent, achetés lors d'une vente dans une bibliothèque ou ramenés de France, ou reçus en cadeau...
Pour ce qui est de la musique (référence au même commentaire de M sur mes choix d'écoute musicale), je suis remise à jour régulièrement par une de mes amies (merci Zoute!) et sans elle je serais carrément larguée. Sinon je navigue pas mal sur Poste d'écoute, mais le son est pas terrible. Je n'ai pas encore compris toutes les subtilités de Lastfm mais je me soigne.

Enfin, un seul mot d'ordre dans ma démarche : les oreilles et les yeux grands ouverts !

Un petit ajout pour M : j'ai oublié de mentionner aussi la chronique de Jean Fugères du dimanche matin chez Le Bigot, que j'écoute régulièrement. D'ailleurs, ce matin, il a parlé du dernier de Nicolas Dickner, qui sort mardi. Ça s'appelle Tarmac et ça semble très prometteur... Aux Éditions Alto bien sûr ! ;-)
Et il y a aussi les suggestions provenant de la blogosphère, que je trouve sur différents blogues que je lis religieusement (merci Google Reader !), dont celui de M...

En écrivant ceci j'écoute Kruder & Dorfmeister, The K&D Sessions (Studio K7, 1998)

07 avril 2009

La maison des temps rompus

La maison des temps rompus, de Pascale Quiviger, Éditions du Boréal, 2008, 238 pages

La narratrice, dont on ne sait rien, fait l'acquisition d'une maison en bord de mer, lieu qui semble à la fois idyllique et mystérieux puisque personne d'autre qu'elle ne semble le voir. Ses amies, voulant lui rendre visite, marchent pendant des heures le long de la plage sans jamais trouver cette maison («Comment, vous n'avez pas trouvé la maison ? Je vous ai tout expliqué, je vous ai même fait un dessin, ce n'est pourtant pas compliqué !»).
Le premier chapitre nous décrit pourtant cette maison (dans un style magnifique d'ailleurs), nous avons l'impression d'y être. Contrairement à la majorité des critiques que j'ai lues, j'ai beaucoup aimé cette première partie. Le passage au deuxième chapitre (L'âge tendre) a été un peu difficile car il y a une vraie cassure dans le style et la narration.

«Il convient de commencer par la fin. Par le début de la fin, qui est en soi un commencement : je voulais une maison.
Je voulais une maison pour qu'elle m'avale, je me souviens avoir pensé : j'aimerais tant être nulle part. Être nulle, annulée. Une maison, si possible au bord de la mer, comme antidote à l'étroitesse d'horizon»

Cette histoire débute donc par une fin, qui présage d'un renouveau, ou qui tend vers cela. Nous l'espérons.
«J'allais bientôt savoir à quoi m'en tenir au sujet de ma maison, c'est à dire : au sujet de ma vie.»

Jusqu'au dernier chapitre, nous ne saurons pas exactement ce qui amène une telle détresse chez la narratrice. Les morceaux se recollent au fur et à mesure, comme un puzzle, car un deuxième roman débute dans le roman : l'histoire de l'amitié forte et unique entre deux jeunes filles, Claire et Lucie, d'abord petites filles (L'âge tendre), puis jeunes enfants (L'âge de raison), puis ados (L'âge ingrat) et enfin adultes (L'âge adulte).
Ce roman est un hommage aux femmes, aux mères, aux amies, à toutes les femmes qui ont marquée Lucie et qu'elle a aimées. Sa mère, Aurore, prend beaucoup d'importance dans l'univers des deux fillettes, leur racontant des histoires magnifiques... «Il semble parfois à Lucie que les histoires d'Aurore poursuivent passionnément un objectif caché: expliquer qui elle est sans devoir s'exposer. D'une manière ou d'une autre, elles commencent à lui poser problème et Lucie s'interroge de plus en plus sur la nature de la vérité.»
Aurore, qui finalement, fuira face à cette vérité. Moment difficile, que Lucie extériorisera peu mais qui posera les jalons de sa vie d'adulte.

Il s'agit d'une lecture très exigeante, demandant toute l'attention du lecteur. Le style contient de nombreux passages poétiques et lyriques, notamment les histoires inventées d'Aurore, des légendes qui nous transportent, si l'on veut bien, par leur magie. Celles-ci nous permettent de comprendre le cheminement de Lucie, jusqu'à revenir au point de départ dans le livre, mais le point d'arrivée pour elle : l'achat de la maison des temps rompus.
«Je voulais une maison pour qu'elle m'avale. Je me souviens avoir pensé : j'aimerais tant être nulle part. «En vente, bord de mer» est la maison des temps rompus. C'est le lieu concocté par ce qui, en moi, demeure capable de vision, de guérison et d'espoir. Je n'ai pas d'autres mots pour le dire.»

Voici une critique plus mitigée (mais positive quand même) parue dans le journal Voir (par Tristan Malavoy-Racine).

Pascale Quiviger est une auteure québécoise, originaire de Montréal-Nord. Elle réside maintenant en Angleterre où elle enseigne les arts visuels et la peinture (c'est aussi une artiste).
De ses origines, Pascale Quiviger dit sur le site de Canoë (article intéressant ici) : «L’écriture est transportable. Ça m’ouvre des horizons. Vivre ailleurs fait que nous n’appartenons à aucun espace. Ça rend mon travail plus malléable. Mon identité est en doute. Tout est familier et, en même temps, ne l’est pas du tout. Ma vision n’est pas celle de l’appartenance, mais elle est liée à des solidarités planétaires.»
La maison des temps rompus est son troisième roman publié, après Ni sol ni ciel, publié en 2001 aux Éditions de L'Instant même et Le cercle parfait, publié en 2004 aux mêmes éditions, qui a obtenu le prix du Gouverneur Général cette année là.

Alors je ne peux en révéler trop de ce roman, qui contient ici et là des phrases sublimes, des sentiments bouleversants. Juste vous dire que ce livre m'a profondément émue, je le conseille vivement pour la beauté de l'écriture et la découverte d'une auteure très originale et talentueuse.

En écrivant ceci, j'écoute Soap & Skin (2008), et Marianne Faithfull, Easy Come Easy Go (2008, Naïve)

02 avril 2009

Qui êtes-vous ?

Je suis surprise de constater le nombre de visites que j'ai sur mon "espace livres"... Alors qu'il y a trois ans, je me plaignais que personne ne lisait ce que j'écrivais, alors «à quoi bon faire ce blogue si personne ne lit ?». Ce questionnement, que tout le monde a un jour quand on écrit sur Internet (lieu public par excellence), n'a plus lieu d'être maintenant puisque je peux voir plus de 40 visiteurs par jour, grâce à ma fonction de statistiques. Un blogue, c'est comme une clientèle, ça se construit, et les visites arrivent quand on est bien patient...

Bref, tout ça pour vous dire qu'il reste une problématique pour moi. En réalité, ce n'est pas vraiment un problème, puisque je sais que ce que j'écris sur ce blogue n'amène pas forcément de commentaires. Mais le fait est que je reçois très peu de commentaires. Donc cela reste assez mystérieux à mes yeux : qui êtes-vous ?
Je vous demande, si vous le souhaitez, de m'écrire un petit mot disant d'où vous écrivez, et ce qui vous a amenés sur ce blogue.
Que représente la lecture pour vous ?
Et aussi, allons-y avec une suggestion lecture tiens, pendant qu'on y est. Quel livre me recommandez-vous ?
Allez-y, lâchez-vous ! :)

Sinon, je lis un livre formidable, commencé il y a deux jours : La maison des temps rompus, de Pascale Quiviger. Je vous en reparlerai !

27 mars 2009

Le combat des livres - La finale

Le grand vainqueur de l'édition 2009 du combat des livres est Rawi Hage, avec Parfum de poussière, aux Éditions Alto. Ce livre était défendu par Brendan Kelly et il a gagné par 3 voix contre 2.
Le lien pour écouter

Bon, je vous avoue, aujourd'hui je manque de temps et d'envie pour faire le compte rendu de façon aussi détaillée que les précédents jours. De plus, je suis un peu déçue du résultat, mais je réessaierai Parfum de poussière tout de même. Mais après La fabrication de l'aube par exemple ! Celui-ci a été si bien défendu par Emmanuel Bilodeau, même si celui-ci a été très critiqué sur sa manière de faire. Moi j'ai trouvé ça génial, car il voulait vraiment parler de son livre avant tout.
De toute manière, ce combat des livres, comme l'a dit Jean-François Beauchemin, est «bâtard». Ce qui compte, c'est de parler de littérature.
Je vous conseille d'écouter cette dernière partie grâce au lien ci-haut, le discours de Françoise Faucher, qu'Emmanuel Bilodeau a contacté, est très persuasif.

Le vote des auditeurs a été différent du choix final des concurrents :
- Emmanuel Bilodeau a été choisi comme meilleur panéliste, talonné de très près par Esther Bégin.
- La fabrication de l'aube a remporté le combat des livres.
Pourquoi pas deux gagnants cette année ? ;-)

Bonnes lectures à tous !

Le gagnant 2009 du combat des livres

26 mars 2009

Le combat des livres - Jour 4

Aujourd'hui, il reste trois livres, Parfum de poussière, Vandal Love ou perdus en Amérique, et La fabrication de l'aube.
Les participants reparlent de la journée d'hier, et de la tactique d'Emmanuel Bilodeau. «Pour le jeu, pour le coup d'éclat, tuons Janette et Borderline
Christiane Charette leur dit qu'ils sont peut-être plus honnêtes cette année.
Elle aime beaucoup le panel qu'ils représentent tous.

Petit rappel des participants et des livres qui restent.
Esther Bégin reconnaît la générosité d'Emmanuel Bilodeau qui lui a permis de gagner hier.
Janette Bertrand fait alliance avec Brendan Kelly pour défendre Parfum de poussière. L'Abbé Gravel préfère écouter.
Comme on a beaucoup parlé de Vandal Love depuis le début de la semaine, les participants se sont mis d'accord pour parler aujourd'hui de Parfum de poussière et de La fabrication de l'aube.

Parfum de poussière de Rawi Hage
«Je suis très heureux de pouvoir parler de mon livre enfin.
Dans L'étranger de Camus, l'auteur exprime l'absurdité de la violence. Le personnage lit ce livre à la fin. Et c'est le thème principal du roman Parfum de poussière, la thématique clé. Tout est très violent, mais l'auteur ne juge jamais les actes des personnages.
C'est un grand roman, au niveau de l'écriture.
Il a reçu de nombreux prix, et le livre a voyagé un peu partout dans le monde. Il y a une frappe incroyable, il y a des passages poétiques et lyriques, il y a vraiment quelque chose à dire. C'est un roman universel».
Janette Bertrand en rajoute : «C'est important d'imaginer des jeunes dans une guerre civile, cet auteur nous montre l'absurdité totale des guerre civiles. On se demande que feraient les nôtres dans une telle situation».
Esther Bégin trouve qu'il y a beaucoup de détachement dans ce livre. «Les personnages ne sont pas très actifs. J'ai eu l'impression que ça avait été écrit rapidement».

La fabrication de l'aube de Jean-François Beauchemin
«C'est un livre qui ouvre la cage thoracique, qui donne envie de respirer large, de se réconcilier avec l'imperfection de la vie...» (une amie d'Emmanuel Bilodeau qui lui a envoyé un courriel)
Emmanuel Bilodeau choisit de lire des extraits du livre pour le défendre, car il se trouve mauvais en plaidoirie. En conclusion, il répète à quel point ce livre a changé sa vie.
«Un livre précieux. Ce qui ressort le plus de ce roman, c'est que sans l'amour des autres, la vie est complètement absurde.»

Qui veut éliminer quoi ?
Emmanuel Bilodeau vote contre Vandal Love
Janette Bertrand vote contre Vandal Love
Esther Bégin vote contre Parfum de poussière
Brendan Kelly vote contre Vandal Love

L'Abbé Raymond Gravel ne comprend pas pourquoi Brendan Kelly vote contre Vandal Love, alors qu'il l'a sauvé hier. Celui-ci réplique que le plaidoyer d'Emmanuel Bilodeau l'a convaincu et qu'il a aimé de la même façon 4 des 5 livres en compétition, mais qu'il faut faire des choix.
Esther Bégin souhaite parler à l'Abbé Raymond Gravel avant que celui-ci ne fasse son choix.
«Vous aimez le Québec, les Québécois, les francophones. Vandal Love, c'est un hommage aux Québécois francophones qui ont dû quitter le Québec, et qui ont fui aux États-Unis, et qui malgré l'adversité, malgré l'omniprésence de la culture américaine, sont revenus à leurs origines québécoises. Et D.Y. Béchard est lui -même un produit del 'exode vers les États-Unis. Gaspésien d'origine, son père détestait le Québec parce qu'il a dû fuir dans de mauvaises conditions. D. Y. malgré ce qu'il a entendu sur le Québec, quand son père lui en parlait, est venu y vivre pendant 10 ans pour y apprendre le français (Rimouski, Québec, Grand Nord, Montréal). Dans son livre, il a voulu rendre hommage à la dérive francophone, au fait français qui vit toujours aux États-Unis grâce aux Québécois qui ont quittés leurs terres, et qui sont toujours à la quête de leurs racines.
Vandal Love a remporté le prix des écrivains du Commonwealth. Il y a un juge jamaïcain qui a dit que c'était la première de sa vie qu'il lisait un livre où un peuple blanc ne trouvait pas sa place et non pas un peuple noir.
C'est ça Vandal Love, c'est un hommage aux Québécois francophones qui vivent à la dérive sur le continent américain.»

Raymond Gravel avoue qu'Esther Bégin est très convaincante. Mais il ne sait toujours pas pour qui il va voter.
Esther Bégin lit encore un courriel qu'elle a reçu et qui va dans le même sens que ce qu'elle a exprimé avant.
J'ai essayé de retranscrire presque en intégralité son discours puisque je l'ai trouvée très vraie et convaincante moi aussi.
De plus, j'ai terminé Vandal Love hier soir et je suis tout à fait en accord avec son propos. Ce qui est sûr, c'est qu'elle a vraiment aimé son sujet et ce livre.
Janette Bertrand n'a pas du tout embarqué dans la symbolique de Vandal Love, et le thème de l'errance d'après elle fait partie de presque tous les romans québécois (Le Survenant de Germaine Guèvremont entre autres).
Esther Bégin trouve que c'est particulièrement bien raconté dans Vandal Love, avec une infinie tendresse.
Brendan Kelly vote honnêtement et aime beaucoup les trois livres mais il faut faire un choix...

Le vote secret
Vandal Love ou perdus en Amérique est éliminé ! :(
Et Esther Bégin est vraiment contente d'avoir pu débattre de ce livre, elle l'a lu deux fois, il l'a vraiment transportée. Elle a beaucoup aimé les discussions que le livre a engendrées.


25 mars 2009

Le combat des livres - Jour 3

Jean-François Beauchemin a laissé un commentaire sur le site de Radio-Canada : «Je souhaite bonne chance aux autres auteurs du Combat des livres, et je remercie les panélistes de déployer tant d’efforts en notre nom. »

D'autres personnes ont souligné le fait que l'Abbé Gravel avait baissé les bras suite à son élimination, au lieu de continuer à parler de son livre «avec amour».

L'Abbé Gravel justement, qui participe toujours à l'émission, et qui se sera probablement allié à Janette Bertrand, a réécouté l'émission hier soir, et commence d'entrée de jeu à attaquer Esther Bégin.
Janette Bertrand rappelle tout le monde à l'ordre.

Les panélistes doivent dire quels livres ils aiment le plus (en dehors du leur) :
Brendan Kelly choisit Vandal Love, qu'il compare par le style et les sujets à Jack Kerouac.
Esther Bégin choisit Parfum de poussière de Rawi Hage, car elle a aimé l'écriture.
Emmanuel Bilodeau choisit Borderline de Marie-Sissi Labrèche.
Janette Bertrand a choisi Parfum de poussière, de Rawi Hage.
Et puis finalement, l'Abbé Gravel, a décidé de défendre deux livres: La fabrication de l'aube, de Jean-François Beauchemin, et Borderline, de Marie-Sissi Labrèche.

Aujourd'hui, les "panélistes-combattants" choisissent 2 livres à éliminer :
Brendan Kelly choisit Borderline de Marie-Sissi Labrèche. Ila beaucoup aimé le livre, il a aimé sa voix, le langage employé. Mais il trouve qu'après 30 ou 40 pages, tout est là...
Esther Bégin choisit Borderline également. Elle trouve l'écriture très puissante, d'avoir le courage de publier cette histoire. Mais elle trouve que l'écriture est davantage le scénario d'un film.
Janette Bertrand veut éliminer Vandal Love.
L'Abbé Gravel veut éliminer Vandal Love, évidemment. Il continue à alimenter son argumentaire en disant qu'il n'aime pas la symbolique et le style.
Emmanuel Bilodeau a la balance du pouvoir, mais il choisit son propre livre car il ne veut pas porter le poids de l'élimination, et surtout il veut parler de son livre. Son choix sera peut-être différent lors de la décision finale, sur papier, par vote secret.

La défense :
Encore une fois, Esther Bégin doit défendre son livre. Elle choisit un paragraphe et le lit. «Tous les personnages portent au plus profond d'elle des lieux qu'ils ne connaissent pas».
Janette Bertrand réplique en lisant un extrait de Borderline, le passage où la mère de Marie-Sissi tente de se suicider, ma mère, «mon empêcheuse de regarder la télé en rond».
Janette Bertrand trouve que l'émotion dans Vandal Love est toujours derrière l'écriture.
Brendan Kelly compare le style de D. Y. Béchard au réalisme magique.
«Marie-Sissi Labrèche, on a envie de la prendre dans nos bras». Emmanuel Bilodeau
L'Abbé Gravel fait des accusations de complot. Le débat reprend entre l'Abbé Gravel et Brendan Kelly au sujet des accusations d'hier.

Le choix (vote secret) :
Le livre éliminé est Borderline. Emmanuel Bilodeau a finalement voté pour Borderline, par stratégie pour éliminer le livre à son avis le plus connu, car il pense que ce jeu est fait pour faire de la publicité pour des livres.
Vandal Love a donc encore une petite chance !Je vous ai fait ce petit compte-rendu en direct. Demain et vendredi, je ne pourrai pas être là en direct donc je tenterai d'écouter l'émission en différé et d'écrire mon petit compte-rendu en soirée.

24 mars 2009

Le combat des livres - Jour 2

Aujourd'hui, Christiane Charette est de retour de sa bronchite. Elle semble jubiler à l'idée de présenter le premier round du combat des livres...
Sa recherchiste rappelle l'importance du site Internet de Radio-Canada, sur lequel on peut trouver photos et entrevues des panélistes. On peut également donner nos propres arguments pour aider les combattants ou juste les encourager.
Le site du combat des livres ici.

Un tour de table des panélistes :
- Emmanuel Bilodeau défend La fabrication de l'aube de Jean-François Beauchemin, prix des libraires du Québec 2006, «Prix des libraires du monde».
- Janette Bertrand défend Borderline de Marie-Sissi Labrèche, «un livre extraordinaire et pas cher».
- L'Abbé Raymond Gravel défend Mistouk, de Gérard Bouchard, «Il parle de nous là-dedans».
- Brendan Kelly défend Parfum de poussière de Rawi Hage, «le meilleur livre selon moi».
- Esther Bégin défend Vandal Love ou perdus en Amérique, de D.Y. Béchard, «un des livres les plus achevés que j'ai lu».

Le livre que les panélistes veulent éliminer aujourd'hui :
Emmanuel Bilodeau : Mistouk
Janette Bertrand : Vandal Love
L'Abbé Raymond Gravel : Vandal Love
Brendan Kelly : Mistouk
Esther Bégin : Mistouk

Je n'aurais pas pensé que Vandal Love se retrouverait au premier tour des éliminations.
L'argumentation peut commencer, Esther Bégin face à l'Abbé Raymond Gravel !

Esther Bégin pense que Mistouk de Raymond Bouchard a d'énormes qualités historiques mais l'auteur n'a aucune qualité de romancier. L'écriture est très serrée, très compacte, elle a eu l'impression de lire une thèse de doctorat. Elle a comparé l'écriture de Gérard Bouchard et de D.Y. Béchard en lisant des descriptions de combats de boxe, que l'on trouve dans les deux livres. «Il n'y a pas cette poésie et ces émotions dans Mistouk».
L'Abbé Gravel se défend en disant qu'il pense qu'on élimine son livre parce qu'il est trop long seulement. De son côté, il a été transporté par le livre. Esther Bégin pas du tout.
Brendan Kelly soutient Esther Bégin. Il a cherché des «zones grises» dans Mistouk, mais n'en a pas trouvé, alors que c'est ça qu'il aime. Il a trouvé le livre intéressant comme histoire, mais pas comme roman.
Janette Bertrand, de son côté, défend l'Abbé en disant que «l'on compare des oranges et des bananes» (Mistouk face à Vandal Love). Elle s'est identifiée au livre Mistouk, car quand elle lit un livre, elle aime s'identifier aux personnages.
Emmanuel Bilodeau, quant à lui, n'a pas été «transporté ni emballé» par Mistouk.

Cette première partie du débat ouvre des questions sur ce que l'on recherche dans un livre. Certains aiment s'identifier aux personnages, d'autres s'attachent plus à la poésie, au style, à la folie de l'histoire. Ce débat existera toujours, évidemment, car comme le précise Janette Bertrand, chacun lit «avec son vécu, avec sa vie. Le lecteur est subjectif»

Brendan Kelly renchérit en disant que Mistouk et Vandal Love abordent tous deux une même thématique (la fuite) mais d'une manière totalement opposée.
Esther Bégin reprend l'importance pour elle de vivre une expérience littéraire, artistique en lisant un roman. «Doit-on tout comprendre ? Est-ce que l'auteur doit prendre le lecteur par la main pour le mener d'un point A à un point D en passant par B et C dans l'ordre ?»
«C'est un fouillis ce livre là (Vandal Love). J'ai dû reprendre la lecture au début quand j'ai commencé la deuxième partie», précise l'Abbé Raymond Gravel.
On voit bien dans ce débat que l'Abbé Raymond Gravel et Esther Bégin ne recherchent pas du tout la même chose dans un roman. Le débat est donc un peu stérile...

Mais Raymond Gravel poursuit avec un argument sorti de nulle part ! «C'est une famille de fuckés! Ça ne me rejoint pas du tout...» dit-il en parlant de la famille Hervé Hervé, imaginée par D.Y. Béchard dans son livre.
Esther Bégin réplique que dans Borderline aussi, ils sont fuckés... Mais pour l'Abbé Raymond Gravel, tout se tient mieux dans Borderline...
Le débat pourrait sérieusement déraper. Encore plus quand l'Abbé réplique que Brendan Kelly n'aime pas Mistouk parce qu'il est anglophone... (le livre parle de la colonisation du Saguenay)
Il n'en fallait pas plus pour allumer la mèche du journaliste. «Je ne veux pas de bataille des Plaines d'Abraham. Je viens de Glasgow, j'ai immigré au Québec, à Montréal, et j'aime Vandal Love plus que Mistouk, point.»
C'était le mini scandale du jour.
Janette Bertrand explique que l'on lit aussi avec ses tripes.
Emmanuel Bilodeau conclut : «J'aurais dû aimer Mistouk plus que ça, mais je n'ai pas été bouleversé. J'ai été plus séduit par Vandal Love, par le style.»

En conclusion, Christiane Charette demande aux deux personnes mises en danger de faire un dernier discours pour défendre chacune leur livre, avant la décision finale.
L'Abbé Raymond Gravel : « Je n'ajouterai rien car je sais que quand trois personnes sont contre toi, tu n'as aucune chance. Je suis désolé d'être éliminé au premier tour. Vandal Love, j'ai trouvé ça épouvantable. Je suis déprimé d'être éliminé avant Vandal Love».
Esther Bégin : «Je comprends que Vandal Love ne fasse pas l'unanimité car c'est un livre qui demande beaucoup, mais il faut se laisser aller dans la fiction. Pourquoi ne pas être dérouté ? Ça vaut tellement la peine, il y a tant de poésie. Il ne peut pas être éliminé au premier tour.
Janette Bertrand tente une dernière charge contre Vandal Love, qui à son sens est déstructuré.

Après le vote, Mistouk est éliminé par trois voix contre deux.

À mon propre avis, l'Abbé Raymond Gravel a mieux su expliquer ce qu'il n'aimait pas dans Vandal Love que ce qu'il aimait dans son livre. Son plaidoyer n'était pas très vigoureux et depuis hier, je prédisais déjà sa défaite rapide. Dommage qu'il ait eu recours à des arguments parfois douteux, au lieu de chercher et exprimer la beauté qu'il a pu trouver dans son livre, que je n'ai par ailleurs pas lu. J'ai eu un peu peur pour Vandal Love car j'aime énormément ce livre que j'ai presque fini et, comme Esther Bégin, j'y trouve beaucoup de beauté et de poésie. Il laisse place à beaucoup d'imagination, il est certes déstabilisant et pas évident, mais quelle expérience ! Et quel premier roman !


En recopiant mes notes, j'écoute Late of The Pier, Fantasy Black Channel (Parlophone, 2008)

23 mars 2009

Le combat des livres - Jour 1

Le premier jour du combat des livres est arrivé...
Je tâcherai de faire un petit compte rendu de chaque jour... Aujourd'hui, il ne s'agissait que des présentations des livres et des combattants. Mais souvent, cette présentation donne quelques indications pour la suite des choses...

Un petit rappel : qu'est-ce que Le combat des livres ?
Sur le site de Radio-Canada, on trouve cette description : « Pour une sixième année, Radio-Canada présente Le combat des livres, la version française de Canada Reads, une initiative de la CBC. Cinq panélistes s'affrontent dans le studio de Christiane Charette pour déterminer un ouvrage victorieux. Chaque jour, un panéliste et le livre qu'il défend sont éliminés jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un seul gagnant.»

Vous trouverez les "faits saillants" du combat des livres sur le site de Radio-Canada, ici.

Voici ce que j'ai pu noter...
Au début de l'émission, Bernard Faucher (qui remplace Christiane Charette, malade) a fait un rappel du combat de l'année dernière, avec la collaboration de Sophie Faucher, l'une des combattantes de 2008, qui défendait La détresse et l'enchantement de Gabrielle Roy, éliminé le troisième jour du combat de 2008.
Celle-ci donne un conseil aux combattants de cette année : « Aimez-vous les uns les autres...».
Le combat des livres peut en effet être très rude, au point que certains internautes ont souvent posé la question sur le site de Radio-Canada :«Êtes-vous là pour détruire des livres, ou pour nous les faire aimer ?»

Un petit tour de table nous permet ensuite de faire connaissance avec les livres et les débatteurs.
On peut trouver les biographies des panélistes ici, et les résumés des livres ici.
- Janette Bertrand parle de «mettre en écrin la perle que j'ai dans les mains»
-Esther Bégin se dit «très énervée et en même temps très ennivrée car à son avis, son livre est le meilleur»
- Brendan Kelly est content d'être là car il veut «parler de bons livres et le sien est aussi le meilleur à son avis»
- L'Abbé Gravel veut parler d'émotions
- Emmanuel Bilodeau a peur car «il était le pire en plaidoirie à l'école. Le combat des livres est tellement médiatisé... Je ne veux pas me battre, il ne doit y avoir que des mots d'amour, ce sont des oeuvres d'art»

Puis chacun des panélistes a parlé de son livre :
- Emmanuel Bilodeau nous dit à propos de La fabrication de l'aube : « J'ai beaucoup appris en lisant ce livre qui nous parle d'une expérience très intime de maladie, et de rémission. J'ai évolué, j'ai avancé. Je me sens plus prêt qu'avant à affronter la souffrance.
Il y a aussi beaucoup de beauté, de poésie, et on accède à une lucidité et une sagesse en lisant La fabrication de l'aube».
- L'Abbé Raymond Gravel aime les romans historiques comme Mistouk qui raconte la colonisation du Saguenay. Il est passé par toutes les émotions en lisant ce livre. «L'histoire est réaliste et la manière de raconter aussi».
- Janette Bertrand défend Borderline et pour elle, Marie-Sissi Labrèche a tout : « Elle est best-seller en plusieurs langues, elle est au théâtre et au cinéma. C'est pourquoi je suis déjà un étage au dessus de tout le monde...
Au niveau du style, Marie-Sissi Labrèche a cette rapidité pour nous emmener à l'émotion. Les mots prennent l'émotion et nous la garrochent.
C'est aussi un univers que je connais. J'ai vécu les 20 premières années de ma vie au coin d'Ontario et Frontenac.»
- Esther Bégin est très préparée. Elle a communiqué avec l'auteur de Vandal Love ou perdus en Amérique et a lu le livre deux fois pour s'en imprégner comme il faut. Elle nous lit un extrait et nous dit «C'est beau comme ça pendant 350 pages». Sa lecture a été pour elle «une expérience magnifique».
- Brendan Kelly défend Parfum de poussière de Rawi Hage.
L'intérêt pour lui est que le livre a été écrit en anglais et ensuite traduit. Il a obtenu du succès dans les deux langues. C'est un roman de guerre qui ne porte pas de jugement moral. Les deux personnages font deux choix différents.
Brendan Kelly a aimé ce livre «parce qu'il nous ouvre sur le monde».

À mon avis, le plus convaincant pour le moment est Emmanuel Bilodeau. C'était peut-être le plus nul en plaidoirie à l'école mais il sait être vrai. Le moins convaincant a été l'Abbé Gravel qui ne semble pas très motivé par son livre.
La mieux préparée : Esther Bégin, qui a des feuilles entières remplies de notes pour défendre ce livre que je suis d'ailleurs en train de finir. Elle dit aussi être en contact permanent avec l'auteur, et elle est aussi présente sur le site de Radio-Canada, faisant des commentaires et parlant aux internautes.
Que le combat commence ! :)

En recopiant mes notes, j'écoute MGMT, Oracular Spectacular (Sony, 2008)

14 mars 2009

Le combat des livres 2009





Comme chaque année, voici le temps du combat des livres sur Radio-Canada, dans l'émission de Christiane Charette.
Cette année, il y a deux livres que j'ai lus. Dont un que je suis justement en train de lire...Pure coïncidence, j'ai emprunté il y a deux semaines Vandal Love, ou Perdus en Amérique de D.Y. Béchard, et je l'ai commencé il y a quelques jours avec un intérêt encore plus prononcé. Au moins, si j'ai l'occasion d'écouter le combat des livres, je saurais de quoi Esther Bégin parle (c'est elle qui défend ce livre). D'ailleurs, j'adore vraiment ce livre pour le moment.
L'autre que j'ai déjà lu est Borderline de Marie-Sissi Labrèche, après avoir vu le film.
Et un que j'aimerais bien lire, depuis le temps que j'en entends parler, c'est La fabrication de l'aube de Jean-François Beauchemin.
Je prédis la victoire de celui-ci, ou de D.Y Béchard.

Le combat des livres sur Radio-Canada

En écrivant ceci, je n'écoute rien, trop choquée par la mort d'Alain Bashung. Même pas capable d'écouter sa musique...