29 mars 2008

À l'abri de rien

À l'abri de rien, Olivier Adam, Éditions de l'Olivier, 2007

Lu en deux jours, le dernier roman d'Olivier Adam nous transporte dans une petite ville du Nord de la France, face à l'Angleterre, une région qui nous apparaît glaciale et pluvieuse, tant les descriptions de l'auteur nous transpercent la peau.
Dans cette région déjà ravagée par le chômage et la misère, de nombreux réfugiés, qui n'ont nulle part où aller, se terrent dans des blockhaus sur la plage et espèrent des jours meilleurs, là-bas, en Angleterre. De petits groupes de personnes leur viennent en aide, c'est le cas d'Isabelle, et de Bernard aussi, qui en logeait chez lui et qui a été arrêté par les autorités. Il semblerait que venir en aide à son prochain soit mal vu par la justice. Surtout quand on sait que le seul centre (Sangatte), monté par la Croix-Rouge, qui venait en aide à ces réfugiés, a été fermé en 2002 par le ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy...

« Se lever se nourrir travailler manger voir des amis aller au cinéma regarder la télévision passer voir sa mère s’occuper des enfants faire ses comptes les magasins l’amour tout est profondément pareil »

C'est dans cet univers qu'évolue Marie, le personnage central du livre d'Olivier Adam. Marie est mariée avec Stéphane, qui est chauffeur d'autobus, et ils ont deux enfants, Lucas et Lise. Par désœuvrement, par peur, par ennui, par un besoin de reconnaissance, de servir à quelque chose, Marie commence à aider une équipe de bénévoles qui nourrit et habille comme elle peut des réfugiés, que tout le monde dans la région appelle "les Kosovars", mais la plupart sont Irakiens, Iraniens, Kurdes.
Marie se jette à corps perdu dans cette œuvre, elle donne son temps, son argent, et elle sacrifie sa famille, négligeant même ses enfants qui sont pourtant le fil qui la relie à la vie. Elle se consacre totalement à la survie de ces hommes, même si cette entreprise est vouée à l'échec. Elle se sent utile et en vie. Mais lorsque tout dérape, et que ce qui était devenu sa raison de vivre s'effondre, Marie risque d'y laisser sa peau.

Olivier Adam, l'un des auteurs les plus brillants de sa génération (Falaises m'avait bouleversée), possède un véritable style cinématographique, où les émotions, palpables au possible, nous entraînent très loin, nous envahissent pour ne plus nous lâcher qu'une fois le livre fermé.
C'est encore ce qu'il se passe avec À l'abri de rien, où Marie nous entraîne dans ce qui est d'abord un acte de charité, d'entraide. Elle est touchée par ces hommes perdus, et nous aussi. Puis son dévouement devient presque de la folie, et nous nous disons : «Non, ce n'est pas possible d'aller si loin», mais le style nous percute, nous secoue, et nous terrasse. Oui c'est possible de sombrer dans un tel désoeuvrement qu'il en devient de la folie, de la confusion, et qu'il empêche le discernement.
Nous sombrons en quelque sorte avec Marie, mais nous, nous avons le contrôle sur l'histoire, alors qu'elle se laisse anéantir par ce qu'elle vit.
Cette histoire rassemble deux solitudes, celles de ces réfugiés souvent incompris, rejetés, et maltraités, et celle d'une femme perdue, livrée à elle-même, dans une misère émotionnelle (Marie ne se remet pas de la mort de sa sœur et ne trouve pas sa place dans cette société qui ne lui correspond pas) difficile.
L'un de mes meilleurs livres de 2008.

Ajout, le 6 avril 2008 : J'ai vu hier soir un excellent film qui complète bien ce sujet : It's a Free World, le dernier film de Ken Loach.

Et en écrivant ceci, j'écoute : Radiohead, In Rainbows (2007-2008), à Montréal en août 2008...

08 mars 2008

Die Vermessung der Welt

Les Arpenteurs du monde, Daniel Kehlmann, Actes Sud, 2006, 299 pages.

J'attendais ce livre depuis longtemps, après avoir lu un article il y a de cela plusieurs mois. Le beau titre avait accroché mon oreille et l'un des deux personnages, Alexander Von Humboldt, mon esprit (de géographe et historienne). L'autre, Gauss, qui a rendu célèbre la fameuse courbe, m'effrayait plutôt (les mathématiques, mauvais souvenirs...).
Alexander Von Humboldt, explorateur et naturaliste, a sillonné le monde pour le cartographier et l'analyser. Il a échantillonné toutes les roches et les végétaux qu'il a rencontrés, ainsi que certaines espèces animales. Il s'est beaucoup consacré à l'Amérique Latine. Avant de partir à la découverte du continent américain, il s'est aussi consacré à de nombreuses études sur l'électricité qui menèrent à la découverte et à la création de la pile électrique par Volta. Il s'est également beaucoup intéressé à la géologie et la météorologie, entre autres choses.
Ses explorations se sont déroulés dans un contexte politique et sociologique très agité. Des conquêtes de l'Amérique Latine par les Espagnols aux guerres napoléoniennes, Humboldt fut le témoin dégoûté des pratiques liées à l'esclavage. Avec son compagnon de voyage Aimé Bonpland, naturaliste français, ils ont parcouru l'Amérique Latine, du Vénézuela à l'Amazonie, de La Havane à Quito, à travers les Andes et tout en haut (ou presque) du sommet Chimborazo, considéré à l'époque comme le plus haut sommet du monde. Ils sont allés "saluer" le président des États-Unis, Thomas Jefferson et sont retournés en Europe, après une expédition sans relâche d'une durée de 5 ans. Une expédition sans aucune comparaison à l'époque, qui a donné des informations cruciales sur de nombreux sujets. Humboldt a côtoyé Goethe, Bolivar (figure emblématique de l'indépendance de la Bolivie, de la Colombie, de l'Équateur, du Pérou, du Panama), Jefferson, Louis-Antoine de Bougainville, le Tsar Nicolas Ier, parmi de nombreux autres botanistes, zoologistes, explorateurs et intellectuels. Il fut à la fois proche du pouvoir dans son pays, l'Allemagne très conservatrice et stricte (la Prusse pour être exacte), tout en ayant des idées extrêmement libérales et en étant très critiqué pour cela. La vie d'Humboldt est si foisonnante et passionnante qu'il convient de lire une biographie complète pour en savoir plus... Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez, dévorer les 30 volumes de ses écrits sud-américains, publiés sur 30 ans...

Une biographie de l'explorateur
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Une biographie du mathématicien
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Vous pouvez aussi vous rabattre sur le livre de Daniel Kehlmann, Les Arpenteurs du monde, qui vous offrira un portrait un peu moins flatteur du grand explorateur, alors qu'il invite à Berlin pour une série de conférences le "Prince des mathématiciens" Carl Friedrich Gauss. Les deux hommes ont entendu parler l'un de l'autre mais ne se sont jamais rencon
trés. Il faut dire que Gauss est quelque peu frileux à l'idée de sortir de chez lui contrairement à son hôte qui a la bougeotte. La rencontre de ces deux hommes très différents est imaginée par le jeune auteur, mais celle-ci donnera donnera lieu au récit (réel celui-ci) de leurs vies. Chaque chapitre se rapportant à un épisode de la vie de l'un ou l'autre des deux hommes, en alternance. De nombreuses lignes sont consacrées aux expéditions de Humboldt en Amérique Latine, accompagné de Bonpland, ainsi qu'à l'expédition décevante en Russie (l'exploration n'est plus ce qu'elle était).
Gauss, de son côté, mène une vie de calcul et de découvertes mathématiques. Il trouve le temps de se marier deux fois et de fonder une famille, mais les quelques réflexions sur ses femmes ou ses enfants sont souvent cruelles. Il ose même se lever de son lit de noces pour noter une formule mathématique à laquelle il vient de penser.
..

Lire toutes ses anecdotes sur la vie de ses deux hommes qui ont fait l'Histoire, qui ont été DANS l'Histoire est assez fascinant, mais le style m'a souvent énervée, voire ennuyée. Il est vrai que l'auteur distille une certaine ironie tout au long de son récit, alors que j'attendais peut-être plus de poésie.
Cette déception ne m'a pas empêchée de lire ce livre jusqu'au bout, mais avec la hâte de passer à autre chose (il faut dire que le dernier Olivier Adam attend patiemment sur ma table de chevet...).

La majorité des critiques que j'ai trouvées sur Internet sont positives voire dithyrambiques, et le livre a été un immense succès en Allemagne, le plus grand succès littéraire allemand des 20 dernières années. Ce qui est bien pour ce jeune auteur germano-autrichien né en 1975 et qui a déjà à son actif huit ouvrages dont deux traduits en français.
Et ce qui démontre que parfois, les goûts et les couleurs...


Un article intéressant.
La chronique de Bernard Pivot dans le JDD.

Rajout du dimanche : j'ai complété le sujet en allant visiter aujourd'hui la très belle expo "Ils ont cartographié l'Amérique" à la Grande Bibliothèque. De nombreuses et magnifiques cartes de l'Amérique réalisées aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles... Pour quelqu'un qui aurait voulu être cartographe dans ses rêves (je parle de moi là), c'est une exposition fascinante... Et pour les autres, c'est tout aussi intéressant et en plus, c'est gratuit !


En écrivant ceci, j'écoute Pink Floyd, Meddle (Harvest, 1971)

10 février 2008

Borderline

1) Le trouble de la personnalité borderline (ou trouble de la personnalité limite) est un trouble de la personnalité se caractérisant par des humeurs changeantes, par des relations humaines délicates, par un manque de confiance en soi-même et aussi par des comportements auto-agressifs.
Plus de détails ici, avec de nombreuses références en fin d'article.

2) Borderline : livre de Marie-Sissi Labrèche, sorti en 2000, et déjà traduit en plusieurs langues. Suivi par La Brèche, en 2002, ces deux livres, en grande partie autobiographiques, relatent la vie de Sissi (Kiki dans La Brèche), jeune femme à la personnalité borderline, dépendante affective et sexuelle, qui doit composer avec son enfance difficile, entre une mère schizophrène et une grand-mère qui l'élèvera tant bien que mal, et trouver ses repères afin d'atteindre l'équilibre et de survivre.


3) Borderline, de Lyne Charlebois. Film québécois sorti vendredi dernier que nous sommes allées voir cette après-midi. Film coup de poing tiré des deux livres de Marie-Sissi Labrèche, et dans lequel le rôle de Kiki est tenu par la merveilleuse Isabelle Blais.
J'avais été très touchée par l'entrevue donnée par Marie-Sissi Labrèche à Tout le monde en parle le dimanche 3 février 2008, je l'ai été tout autant par la performance d'Isabelle Blais dans le film, sur ce sujet si difficile et souvent tabou.
Que dire de plus qui n'a pas encore été écrit sur ce film ?
Je vous laisse avec les divers articles d'intérêt trouvés sur la toile...
La critique de La Presse.

La critique du journal Voir.
Le texte dans le journal Le Devoir
Visitez également ici le très beau site Internet de Lyne Charlebois.

Autre film brillant, sorti en 2004, sur la thématique de la santé mentale : Tarnation, de Jonathan Caouette.

Et en écrivant ceci, j'écoute le dernier album de Catherine Major (acheté hier), Rose Sang (Productions de l'onde)

01 février 2008

Jack Kerouac et le Mexique

Il y a une quinzaine d'années, fin du secondaire, je passe mon bac et refais le monde avec mes amis en écoutant de la musique et en rêvant de voyages à travers le monde.
Notre groupe préféré se nomme The Doors et on se prend quelquefois pour Jim Morrison, en récitant quelques poèmes tout en fumant des cigarettes qui font rire, alors que nos vies de privilégiés, bien rangées, sont bien loin de celles de ces artistes déchirés.
Nos lectures de cette époque vont des poèmes de Morrison aux ouvrages de Jack Kerouac, dont Morrison s'est d'ailleurs inspiré.
Sur la route, Les Clochards célestes, Les Anges vagabonds sont les trois récits de Kerouac que j'ai gardés au fond de moi, et qui ont suffi à m'intéresser à ce canadien français, né en 1922, mort en 1969, des suites d'une cirrhose du foie.
Aujourd'hui considéré comme l'un des auteurs américains (il est né à Lowell, au Massachussetts) les plus importants du XXe siècle, ses romans n'ont pourtant pas connu le succès à leurs sorties.
Jack Kerouac est le chef de file de la "Beat Generation", littéralement "génération ramollie, fatiguée", qui revendique un nouveau mouvement littéraire, social et culturel. Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William S. Burroughs en furent les trois membres les plus connus. Les "beatniks", terme inventé plus tard, rejetaient les tabous des bourgeois, considérés comme des personnes rigides, et de la société organisée et corrompue, ainsi que des valeurs traditionnelles. Ils voulaient vivre simplement, à fond. Ils se révoltaient contre le matérialisme, l'hypocrisie, l'uniformité, la superficialité. Voilà pourquoi les récits de Jack Kerouac nous plaisaient tant car comme les beatniks, nous cherchions notre place dans ce monde...

Avant mon voyage au Mexique en décembre dernier, je lus dans la collection Guides Bleus (Hachette) sur le Mexique que Kerouac avait vécu quelques mois à Mexico, ce que j'ignorais. Il n'en fallait pas plus pour me donner envie "d'aller voir ça", puisque l'adresse était inscrite dans le livre.
Alors j'ai marché longtemps, car le 212 de la rue Orizaba, dans la Colonia Roma, se trouvait bien loin du métro Insurgentes, d'où je partais.
Map of Mexico City, Distrito Federal MX
Et bon, franchement, la découverte d'une petite maison très simple, pas très propre (contrastant avec l'allure du quartier, plutôt chic), m'a laissée un peu perplexe. Mais au delà de ma déception, c'était tout de même émouvant de se dire qu'il
avait vécu là, même si aucune plaque ou inscription ne relevait cet événement.

«À Mexico, Jack loue une buanderie sur la terrasse du 212 rue d’Orizaba. Il retrouve le vieux Bill Garver qui habite en dessous dans une pièce sinistre. Esperanza ne lui fournit plus de morphine parce qu’elle est désormais trop malade pour quitter le quartier indien. Désœuvré, Jack met en forme les journaux écrits sur la montagne. Une sévère dépression l’amène à comparer un sourire d’enfant à un sourire de tombeau. Il est envahi par un sentiment de culpabilité. Il se sent sale, presque malade. Il a des cauchemars, parfois des visions d’horreur, des sentiments de monstruosité spirituelle. Heureusement, les anges de la désolation sont en route pour le tirer du trou sans espoir dans lequel il se trouve confiné.

Allen débarque en octobre avec Peter Orlovsky accompagné de son frère Lafcadio et du poète Gregory Corso. Ginsberg est débordant d’énergie — les " ravissements angéliques " — se sentant investi d’un esprit révolutionnaire à la Maïakovski. Il secoue Jack en le comparant au vieux Bill, enfermé au milieu de nulle part. " Comment peux-tu dormir toute la journée et ne jamais rien voir ? À quoi ça sert, d’être vivant ? "

Ginsberg insiste pour qu’ils aillent visiter l’université, les pyramides de Teotihuacan — ils gravissent les degrés de pierre de la Pyramide du Soleil où les anciens adorateurs du feu faisaient leurs sacrifices humains. Ils peuvent voir, à l’horizon sud, scintiller le lac Texcoco, royaume des Aztèques.» Robert Canovaro, tiré du site Écrits... vains ?, site de poésie, nouvelles, essais, critiques et d'actualité littéraire.

Voici un extrait d'une lecture de "On The Road" par Jack Kerouac lui-même : ici

En écrivant ceci, j'écoute Ghinzu, Blow (Barclay, 2004), encore un groupe belge génial.

31 janvier 2008

Lectures mexicaines

J'ai visité le Mexique pour Noël.
J'ai eu un grand choc culturel, que ce soit au niveau de la langue, de l'histoire, de l'architecture, de l'art.
À mon retour au Québec, sous la neige et dans le froid, je me suis plongée dans des lectures mexicaines afin de me rappeler tout ce que j'avais pu voir, ressentir cette chaleur, entendre cet accent, en apprendre plus sur ces artistes merveilleux que j'ai (re)découverts : Diego Rivera et Frida Kahlo.
À Mexico, nous avons visité la "Casa Azul", la maison bleue de Frida Kahlo, où l'on trouve de nombreux objets lui ayant appartenu, des lettres qui lui ont été adressées, des dédicaces de Diego Rivera dans des livres ("Amor de mis amores, amor de mi vida"), qui nous permettent de mesurer toute la passion, la vie et aussi la souffrance qui ont toujours été présentes les unes à côté des autres dans la vie de Frida Kahlo.
Ma première lecture a été cette biographie de Rauda Jamis, intitulée sobrement Frida Kahlo.
Parallèlement, j'ai lu aussi la publication d'Andrea Kettenmann, intitulée Frida Kahlo 1907-1954, et publiée chez Taschen. Avec ses nombreuses illustrations, ce livre m'a permis de regarder les oeuvres de Frida Kahlo tout en lisant sa vie passionnante, passionnée et dramatique. Quelle vie ! Le film sorti en 2003 avec Salma Hayek dans le rôle de la peintre ne montre pas le quart des souffrances vécues par Frida.
Ma lecture en cours se trouve dans un autre registre. Il s'agit de Puerto Escondido, de Pino Cacucci (Éditions Christian Bourgeois, 1991) qui s'apparente plus au polar existenciel (j'aime bien ce terme), et nous entraîne dans la fuite d'un homme sans nom malchanceux, poursuivi par un dangereux policier, de l'Italie à l'Espagne (Barcelone), jusqu'à Mexico (fort bien décrite, on s'y croirait), puis Puerto Escondido, au bord du Pacifique.
Des atmosphères très bien ressenties, et des descriptions urbaines comme si on y était, voilà de quoi j'ai besoin en ce moment pour m'évader vers des rivages lointains...

Mercredi, je commence un cours d'espagnol, bientôt je pourrai lire l'espagnol dans le texte (on peut rêver, non ?)... ;-)

Et ça me fait bien plaisir de réécrire ici un peu. Je me sentais sans aucune, mais alors aucune inspiration ces derniers temps. Finalement, mot après mot, on dirait que l'envie revient.

En écrivant ceci, j'écoute Hot Chip, The Warning (EMI, 2006)

21 janvier 2008

Le retour de Jorane


Demain, mon premier concert de l'année, au National.
La grande première montréalaise de Jorane !
En grande fan que je suis, je serai placée dans la deuxième rangée, en plein milieu. Oui je sais, j'aurais pu faire mieux, mais j'ai loupé les premières journées de vente des billets...
Donc je reviendrai ici pour vous parler de ce spectacle (le 12e ou 13e que je verrai de Jorane) dès que possible.

Également en préparation, un petit billet sur le film L'âge des ténèbres de Denys Arcand, que j'ai vu samedi soir, et que j'ai vraiment beaucoup aimé.
Ma lecture du moment est également très inspirante puisque je dévore Persepolis de Marjane Satrapi, avant d'aller le voir au cinéma très bientôt.
Malheureusement je manque de temps pour vous en faire part. Tiens, ça me fait penser à un billet que j'ai lu aujourd'hui sur le blog de la Girafe...
Alors à bientôt !

20 janvier 2008

L'âge des ténèbres

L'âge des ténèbres, de Denys Arcand

Jean-Marc Leblanc travaille pour le gouvernement provincial du Québec. Il vit dans une vague banlieue, qui ressemble à Laval, dans une maison qui ressemble à un château fort (et qui ressemble aussi aux maisons voisines), avec une femme qui performe comme agente immobilière (mais pas tellement comme mère, ni comme conjointe), et deux filles que plus rien n'étonne et qui ont des écouteurs greffés dans les oreilles. Il a aussi deux chouettes collègues, avec qui il fume des cigarettes en cachette.
Jean-Marc Leblanc a aussi beaucoup de fantasmes, pour parer à l'ennui mortel et frustrant de sa vie. Dans ses fantasmes, il s'imagine souvent avec de belles femmes, célèbre ou aimé par de nombreuses personnes.

Le dernier film de Denys Arcand, qui a été fustigé de toute part par les médias français (notamment Le Nouvel Obs, qui le qualifie de «bête, interminable et désolant», critique désolante elle-même) traite de tous les sujets chers à son auteur : et au premier plan, de la déroute d'une société en manque de liberté, de solidarité, d'humanité.
Les sujets abordés dans le film de Denys Arcand sont nombreux - peut-être trop - et nous portent à la réflexion à la sortie du ciné. Aussi je conseille d'aller voir ce film avec des amis, et non seule comme je l'ai fait. Seul, on se retrouve un peu perdu à la fin...
On a reproché au film d'exagérer son propos, mais c'est justement ce qui en fait l'humour (peut-être un peu lourd parfois mais il faut se laisser aller un peu), et en y réfléchissant vraiment bien, on se dit que l'on n'est jamais si loin de la réalité. Tout se base sur des faits réels, que ce soit les accommodements raisonnables ou la loi sur la cigarette.

Les clins d'oeil sont nombreux, j'en ai sûrement loupé un paquet. La liste des acteurs, impressionnante, nous permet de retrouver toutes les têtes les plus connues du Québec actuel, de Michel Rivard à Caroline Néron, en passant par Véronique Cloutier et Pauline Martin ou encore Christian Bégin, dans des petits rôles parfois hilarants (Pauline Martin en spécialiste du feng-shui, excellent). On y aperçoit aussi Emma De Caunes et Diane Kruger, ainsi que Thierry Ardisson et Laurent Baffie dans une version bûcheronne de Tout le monde en parle.
J'ai tellement aimé ce film que je vais retourner le voir prochainement...

03 janvier 2008

Bilan de l'année 2007

Coups de coeur littéraire : Nancy Huston, Lignes de faille, Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près, Lionel Shriver, Il faut qu'on parle de Kevin, Haruki Murakami
Auteurs BD : Alison Bechdel, Fun Home, Michel Rabaté, Les petits ruisseaux
Coups de coeur musicaux : Rufus Wainwright, Patrick Watson, Grand Corps Malade, Bob Dylan (il était temps, 20 ans plus tard)
Chansons de l'année : Ballad of a Thin Man, Bob Dylan, Slideshow, Rufus Wainwright, Grace Kelly, Mika (ben oui quand même, grande chanson pop), Rehab, Amy Winehouse
Concert de l'année : Patrick Watson, Métropolis, 5 juillet 2007
Films de l'année : I'm not there, de Todd Haynes

À compléter...

17 décembre 2007

Vacances

Petite pause bien méritée d'une dizaine de jours...
Je vais pouvoir me reposer, fêter la fin de mes cours, visiter un nouveau pays. Petite pause aussi dans mes lectures, je ne m'alourdirai que d'un guide de voyage cette fois-ci. Enfin, non , ce n'est pas vrai, comment pourrais-je faire cela ? J'emmène avec moi le dernier de Marie Darrieussecq, Tom est mort, aux Éditions POL. Encore un livre pas drôle du tout... Dernièrement, beaucoup de bandes dessinées sympathiques, mais peu de chef d'oeuvres dont j'ai envie de vous parler. Sauf celle-ci : Pourquoi j'ai tué Pierre d'Olivier Ka, aux éditions Delcourt, 2006. Une histoire très touchante d'un jeune homme qui va exorciser son passé par l'écriture de son histoire. Je ne vous en dit pas plus...


Au fait, je m'en vais là :

06 décembre 2007

Petite note du soir...


Ces temps-ci, je marche beaucoup pour rentrer chez moi après le travail, par choix (je suis de nature active), par impatience aussi (je n'aime pas attendre le bus). J'ai pris l'habitude de marcher jusqu'au métro Saint-Michel (pour ceux qui connaissent), ensuite le métro m'amène environ à 10 autres minutes de marche de chez moi. En tout, ça me fait pas loin de 45 minutes de marche... De quoi écouter de la musique en masse ! Je peux de moins en moins me séparer de mon lecteur MP3, tout petit petit. La musique fait passer les longues minutes du retour beaucoup plus vite, ça me rend plus légère aussi, après souvent de grosses journées.
Comme je rentre tard, il n'y a pas grand monde dans les rues, l'ambiance est feutrée, presque. Ce soir, c'était soir de déneigement, cependant. J'ai pu observer tout ça d'un oeil toujours aussi fasciné, même après six hivers ici...
Dans mes oreilles, Soulwax (Much Against Everyone's Advice, 1999) et Arcade Fire (Neon Bible, 2007). Du vieux pas si vieux et du neuf qui sonne vieux. Allez comprendre...


I'm not there


Ce week-end, grand événement : nous sommes allées voir, enfin, "I'm not there", de Todd Haynes, dont je parlais ici. Je n'ai qu'un conseil : allez le voir ! Le film est à peu près irracontable, complètement halluciné, mais quelle expérience !
Allez-y pour Cate, ou Charlotte, et surtout pour Bob, vous en prendrez plein les oreilles...




Depuis ce week-end, j'écoute en boucle cette chanson, moment fort du film (surtout pour moi qui ai participé au tournage de cette scène comme figurante... Cherchez bien quand vous irez voir le film, je suis quelque part dans la foule !) :

01 décembre 2007

Affronter ses peurs


Cette nuit, j'ai fait de nombreux cauchemars suite à la lecture de la BD Comment le cancer m'a fait aimer la télé et les mots croisés de Miriam Engelberg. J'ai rêvé que j'avais des tumeurs cancéreuses aux deux seins en même temps, que je me faisais opérer et que je recevais la totale chimio/radio. Bref, que du bonheur !
Pourtant j'ai adoré ce livre. Vous allez sûrement penser que je suis maso, mais j'ai toujours été une partisane de la théorie : affronter ses peurs pour les surmonter...
Et c'est ce que fait aussi l'auteure dans son autobiographie. Avec un humour noir à souhait mais sans tomber dans le morbide, elle nous entraîne dans la réalité du cancer, avec toutes les remises en question que cette sale maladie entraîne. En effet, il faut bien l'avouer : le cancer est sûrement la maladie qui effraie le plus de monde de nos jours. Car elle peut s'attaquer à n'importe qui, et il n'y a aucun moyen de l'éviter. Même en ayant le meilleur régime du monde, en ayant la meilleure hygiène de vie, en ne fumant pas ou en n'étant pas stressé. C'est sur toutes ces choses là que Miriam Engelberg s'interroge, et aussi sur tous les préjugés que les gens peuvent avoir sur les malades, sur notre comportement face à la maladie, que la plupart du temps nous ne contrôlons pas.
Le dessin est minimaliste, mais permet de se centrer sur le propos, qui est bien sûr le but premier de cet ouvrage.
Un ouvrage qui permet de s'orienter un peu plus sur le temps qui passe, sur l'importance d'être présent à chaque instant et de profiter des petits bonheurs de la vie, à l'image de cette planche, à la page 77, l'une de mes préférées, où Miriam assiste à un concert et se dit qu'elle est trop près de la scène, que le son va lui abîmer les oreilles. Elle met alors des bouchons dans ses oreilles mais son appréciation de la musique est diminuée. Elle se dit alors qu'après tout, elle va peut-être mourir dans pas longtemps, alors pourquoi ne pas profiter du moment présent ?

Miriam Engelberg, Comment le cancer m'a fait aimer la télé et les mots croisés, Journal autobiographique en bande dessinée, Éditions Delcourt, 2006

En écrivant ceci, j'écoute Tori Amos, Boys for Pele (Atco, 1996)

22 novembre 2007

Nourriture pour l'esprit

Ces temps-ci, je dévore les livres, ce qui me laisse peu de temps pour écrire. Pour le moment, je me nourris, et un de ces jours, je vous parlerai de tout ça...
Pour résumer, j'ai eu un vrai coup de coeur p
our la BD Fun Home, d'Alison Bechdel, une autobiographie touchante et amusante. Décidément, il y a plusieurs autobiographies en bande-dessinée qui sont de vrais petits bijoux.
J'ai beaucoup aimé aussi d'Haruki Murakami, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil. Beaucoup plus que Kafka sur le rivage, qui m'a laissée de glace vers la fin, alors que le début m'avait enchantée. Parlant de glace, le livre de
Yoko Ogawa, Parfum de glace, est une réussite aussi et m'a permis de découvrir une autre auteure japonaise.
J'ai débuté hier Teacher man, de Frank McC
ourt, qui nous avait donné Les Cendres d'Angela et C'est comment l'Amérique ?. Dans ce troisième roman autobiographique, Frank McCourt nous raconte, toujours avec la verve qui le caractérise, comment il est devenu professeur dans une école secondaire de Staten Island.
M'attendent sur ma table de chevet : Cantique des plaines, de Nancy Huston, Ainsi parla Zarathoustra de Nietszche, La ballade de l'impossible de Murakami, ainsi que quelques bandes dessinées, dont une qui me semble prometteuse : Comment le cancer m'a fait aimer la télé et les mots croisés (journal autobiographique
en bande dessinée), de Miriam Engelberg. Oui je sais ça doit pas être drôle.

Sinon, à signaler ce mois-ci, la sortie du numéro 2, volume 4 de la revue Entre les lignes. Un excellent numéro, qui aborde dans son dossier principal le thème de "littérature et politique". Que peut apporter la littérature à notre compréhension du monde ? Dans son édito, Colette lens, la rédactrice en chef du magazine, traite cette question en évoquant l'importance que peut avoir la littérature pour un nouvel arrivant au Québec, illustrant son propos par son propre exemple.
J'ai avais vaguement parlé ici.
Et vous qu'en pensez-vous ?

28 octobre 2007

Note sur l'ADISQ...

Ce soir, c'est la remise des prix de l'ADISQ, que je vais suivre attentivement, même si les goûts de "l'industrie" du disque ne me correspondent pas vraiment. Il n'y a qu'à voir le prix déjà attribué lors de l'autre gala de l'ADISQ pour l'album de l'année anglophone remis à Grégory Charles, aux dépens de Patrick Watson (ou même Pascale Picard, agréable révélation de l'année...) !
Ou encore le prix album de l'année en interprétation jazz attribué pour la deuxième année consécutive à Frédérick De Grandpré, qui était en compétition avec de grands noms du jazz tels que Michel Donato ou Bernard Primeau Montréal Jazz Ensemble. L'année dernière, son prix remporté dans la catégorie album jazz de l'année avait soulevé un tollé dans la communauté jazz, comme en témoigne cet extrait d'un article paru dans la Gazette Montréal Campus, sous la plume de Catherine Girard-Lantagne : «Or, grâce à ce mode de scrutin [40 % de la note est accordé par rapport au nombre de disques vendus et 60 % représente le vote des membres du jury spécialisé], le chanteur et comédien Frédérick De Grandpré s'est vu attribuer un Félix dans la catégorie album jazz de l'année, pour Un martini pour Noël . Bien sûr, un gagnant fait toujours des mécontents, mais cette fois, c'est l'ensemble de la scène jazz montréalaise qui est tombé en bas de sa chaise. Non seulement les gens du milieu ne comprennent pas comment cet album a pu remporter ce prix, mais sa présence même dans la catégorie étonne. Un martini pour Noël est au jazz ce que le Cochon mignon est au vin, c'est pas compliqué.»

Donc, les artistes en nomination à ce 29e gala de l'Adisq sont un peu toujours les mêmes, les Marie-Élaine Thibert de ce monde et autre Isabelle Boulay (on échappe heureusement à Céline Dion cette année) - Je vous cite des artistes féminines alors que justement il y en a PEU, TRÈS PEU, des artistes féminines cette année - et ne représentent à mon avis pas du tout l'énergie, le dynamisme, la créativité du milieu musical québécois.
Karkwa a encore réussi à se faire une petite place dans la catégorie groupe de l'année, et Pierre Lapointe reste présent (il a remporté le vidéoclip de l'année et est encore en nomination pour l'artiste masculin de l'année) mais ça a un air de déjà vu...
Pourquoi Pascale Picard n'est pas nominée dans les révélations de l'année ? Hummm... Probablement parce qu'elle chante en anglais. Idem pour Patrick Watson, qui reste pour moi le meilleur album / groupe / concert de l'année, malheureusement, il chante lui aussi en anglais, et n'a pu se retrouver que dans une seule catégorie, celle du meilleur album anglophone de l'année, remis donc à Grégory Charles, allez comprendre...

On a souvent l'impression que les choix du jury sont dictés par les ventes de disques plutôt que par la qualité des albums présentés...Et pourtant, cela devrait être 40-60, comme je l'expliquait en ce début de note.

En écrivant ceci, je ne veux pas avoir l'air sectaire, il y a pas mal de trucs que j'aime dans les nominations de l'ADISQ, mais je sais que ces trucs là ne gagneront rien...

Pour aller voir les résultats, voici le lien sur le site de l'ADISQ

PS : Patrick, nous, on t'aime...


Edit, à 21h04 : Mention spéciale à Ariane Moffatt qui a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas... Même si ce n'était pas à elle de le faire nécessairement...
22h51 : Autre mention spéciale à David Laflèche, directeur musical de la soirée de l'ADISQ, et ses musiciens, pour avoir joué en finale de la soirée un bout d'une chanson (Luscious Life) de Patrick Watson ! Yeahhh !

En écrivant ceci, j'écoute le dernier de Ben Harper, Lifeline (Virgin, 2007)

Mes prochaines lectures (2)

Nouvelle sortie à la bibliothèque aujourd'hui...
Devant la bibliothèque, je surprend une conversation entre un père et son fils :
Le père : «Avant, ici, il y avait un ministère...»
Le fils : «Le Ministère de la Magie ?»
Le père : «Euhhh...non. Le Ministère de l'Immigration...» (ah ça c'est moins chouette comme ministère...)
C'est là que l'on voit l'influence d'Harry Potter ! Le dernier volume de la célèbre série de J.K. Rowling vient de sortir en français, et il n'y a qu'à la bibliothèque de Parc-Extension que je pouvais le trouver. Il y avait même trois exemplaires disponibles...
Outre cet ouvrage de la plus haute importance j'ai aussi emprunté (en plus de faire prolonger Kafka sur le rivage de Murakami, que je n'ai pas eu le temps de finir) :
- Haruki Murakami, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, Éditions Belfond 2002
- Haruki Murakami, La ballade de l'impossible, Éditions du Seuil, 1994
- Yôko Ogawa, Parfum de glace, éditions Actes Sud, 2002
- Nietzsche, Ainsi parla(it) Zarathoustra, Éditions Payot et Rivages, 2002 (pour la présente traduction)
- Alison Bechdel, Fun Home, une tragicomédie familiale (BD), Éditions Denoël Graphic, 2006
- Bertrand Dicale, La chanson française pour les nuls, Éditions Générales First, 2006

En écrivant ceci, j'écoute Damien Rice, O (East West, 2003). Décidément un beau dimanche...Je vais m'installer pour finir Kafka sur le rivage d'Haruki Murakami.

20 octobre 2007

Sortie imprévue !

Ce soir, nous allons voir Patrick Watson, en concert à Saint-Jean-sur-Richelieu, au Cabaret du Vieux Saint-Jean, où nous avions vu Pierre Lapointe il y a quelques mois... Soirée improvisée, avant que l'artiste ne parte pour une tournée en Europe. On ne le reverra peut-être pas avant plusieurs mois...

Sinon, au chapitre musical, Jorane sort dans quelques jours son nouvel album, intitulé Vers à soi. Elle sera en spectacle à Montréal au mois de janvier. En attendant, elle tourne un peu partout au Québec. Vous pouvez trouver de l'info sur son site personnel www.jorane.com. Il y a aussi une entrevue dans l'émission de Monique Giroux, que vous pouvez écouter ici.

(Une superbe photo de Dominique Goyette, centre National des Arts)

06 octobre 2007

Mes prochaines lectures

Aujourd'hui, razzia à la bibliothèque de Parc-Extension (j'adooooore cette bibliothèque !!) :

- Haruki Murakami, Kafka sur le rivage, Éditions Belfond, 2006
- Haruki Murakami, Les amants du Spoutnik, Éditions Belfond, 2003 Lu
- Christian Mistral, Léon, Coco et Mulligan, Éditions Boréal, 2007 Lu
- Jennifer Johnston, De grâce et de vérité, Éditions Belfond, 2007
- Philippe Djian, Doggy Bag, saison 4, Éditions Julliard, 2007 Lu

J'ai aussi un peu de lecture sur le Mexique, pour préparer un voyage prochain (Guide Bleu et Guide Neos de Michelin), ainsi que la méthode "Háblame" pour apprendre l'espagnol... On ne se moque pas !

Locas


Locas, Jaime Hernandez, traduction française aux éditions du Seuil, 2 volumes

Un petit retour en BD, ça faisait longtemps que je n'étais pas tombé sur un gros volume inspirant, qui suscite autant de curiosité chez moi. Alors Locas, c'est quoi ? C'est l'histoire de deux amies, Maggie, mécanicienne un peu boulotte, et Hopey, une punkette musicienne et toujours fauchée. Leur amitié profonde, souvent houleuse, s'oriente parfois vers une relation amoureuse. Cela donne lieu à des réflexions inspirantes sur l'amour, l'amitié, la sexualité.

Le résumé de l'éditeur :
Locas, écrit et dessiné par Jaime Hernandez, représente un accomplissement singulier dans la bande dessinée du XXe siècle. Cette série de récits plus ou moins longs, publiée à l'origine dans les pages du magazine Love & Rockets, de 1982 à 1996, suit le parcours de deux personnages principaux - Hopey et Maggie - sur quatorze années. Réunies en deux volumes pour composer un roman graphique dense et foisonnant, Locas retrace la vie de Hopey et Maggie, leurs amours, leurs problèmes, leur détresse et leur joie. Maggie Choscarillo est une jeune Californienne d'origine mexicaine rôdant dans la scène rock du début des années 1980, au moment où l'explosion punk vient de lancer son assaut virulent et primitif contre les tours d'ivoire des dinosaures du rock. Adolescente, Maggie se trouve attirée par l'anarchie, l'énergie et l'idéalisme de la scène punk hardcore. Elle y rencontre Hopey Glass, une punkette téméraire et insolente. Hopey est une présence turbulente mais constante dans la vie de Maggie, combinant paradoxalement des convictions morales en béton armé et un tempérament irascible. L'amitié qui les lie est volcanique mais indéfectible. Jaime Hernandez explore une très large palette d'émotions liées aux jeux de l'amour, du sexe, de la passion exubérante au doute existentiel, de la frivolité joyeuse à la détresse solitaire. Le portrait amoureux de Maggie et Hopey dépasse le constat simple de leur bisexualité et, grâce au sens naturel de l'auteur pour la justesse des sentiments, devient partie intégrante de leur vie quotidienne. Ames sœurs au caractère bien trempé, Maggie et Hopey vibrent d'un amour sincère et beau, décrit avec une justesse que peu d'écrivains, et encore moins d'auteurs de BD, sont parvenus à accomplir.

Jaime Hernandez, né en 1959, a grandi dans la banlieue tranquille de Oxnard, en Californie, entouré de quatre frères et d'une soeur. Leur mère était une passionnée de BD lorsqu'elle était enfant. C'est elle qui leur a transmis son goût pour les comics de Jack Kirby et Steve Ditko chez Marvel, les strips de Denis la Menace de Hank Ketcham et la série Archie. Un jour, un des frères Hernandez ramène en cachette un des Zap Comix de Robert Crumb. C'est la révélation. Avec l'arrivée de la puberté et des préoccupations liées à l'adolescence, l'enthousiasme de Jaime Hernandez pour les BD traditionnelles s'étiole. Tandis que la scène punk rock de Los Angeles se développe, Hernandez se consacre à en incorporer l'esthétique âpre et anarchique dans son dessin et ses scénarios. Sous sa plume et son pinceau, l'underground punk, objet de fantasmes et d'ignorance, devient un lieu palpable, peuplé de personnages attachants et profonds. Ainsi démarre en 1981 Love & Rockets, le magazine de BD créé avec Robert et Mario, les frères de Jaime. Depuis, Love & Rockets a été traduit dans plusieurs langues, reçu un grand nombre de récompenses et demeure un triomphe de la BD adulte du dernier quart de siècle. L'intégrale des cinquante premiers numéros de Love & Rockets a été publiée en quinze volumes par leur fidèle éditeur Fantagraphics, aux USA. Locas, volumes 1 et 2, est la première édition française qui offre l'intégralité de la saga de Maggie et Hopey. Jaime Hernandez vit à Pasadena, en Californie, avec son épouse et leur fille.

La compilation de toutes ces planches parues dans Love and rockets peut être déroutante. En effet, étant donné que les histoires ne se suivent pas toujours, il y a souvent un décalage, plus difficile encore quand on n'a pas la culture américaine des années 80. Les références sont nombreuses, ce qui en fait aussi un ouvrage hallucinant sur ces années-là. Le fait que les deux tomes recouvrent 14 années en fait quasiment une mine historique sur cette époque que beaucoup aiment détester...
Parfois, l'auteur part dans des délires psychédéliques de super-héros qui sont difficiles à suivre.
Mais la beauté du trait, la beauté du propos dès que l'histoire se resserre sur la relation de Maggie et Hopey en fait un ouvrage très touchant et très beau pour tout amateur de bonnes bandes dessinées.
Les personnages, le contexte social, tout est finement décrit. Les personnages sont tous attachants, autant les deux héroïnes que ces garçons qui leur tournent autour...
À découvrir...

En écrivant ceci, j'écoute cela : Françoiz Breut, Une saison volée (Warner, 2005)