30 juin 2008

All the lonely people

Eleanor Rigby (Paul McCartney - The Beatles)

Ah, look at all the lonely people
Ah, look at all the lonely people

Eleanor Rigby, picks up the rice
in the church where a wedding has been
Lives in a dream
Waits at the window, wearing the face
that she keeps in a jar by the door
Who is it for

All the lonely people
Where do they all come from?
All the lonely people
Where do they all belong?

Father McKenzie, writing the words
of a sermon that no one will hear
No one comes near
Look at him working, darning his socks
in the night when there's nobody there
What does he care

All the lonely people
Where do they all come from?
All the lonely people
Where do they all belong?

Ah, look at all the lonely people
Ah, look at all the lonely people

Eleanor Rigby, died in the church
and was buried along with her name
Nobody came
Father McKenzie, wiping the dirt
from his hands as he walks from the grave
No one was saved

All the lonely people
Where do they all come from?
All the lonely people
Where do they all belong?


Eleanor Rigby, Douglas Coupland, Éditions Au Diable Vauvert, 2007, traduction de Christophe Grosdidier


Le dernier roman de Dougland Coupland, auteur canadien propulsé au sommet de la renommée à la sortie de Génération X, son premier livre (Il a popularisé cette expression qui symbolise la génération qui a fait suite aux baby-boomers), nous promet de répondre à cette chanson des Beatles.
Nous rencontrons en effet ici Liz Dunn, dont la solitude est si grande que l'événement majeur de son existence est son opération des dents de sagesse, opération à laquelle elle se prépare avec minutie, prenant une semaine de congé de sa quelconque entreprise administrative, et louant quelques cassettes VHS, dont le film Bambi...
Mais sa semaine, qui devait s'annoncer morne et triste, ponctuée des visites familiales (le frère et la soeur aux familles parfaites, la mère un peu trop prévenante) se révèle comme son réveil à la vie, au contact d'un être qu'elle ne pensait jamais revoir. Sauf quelques passages un peu tirés par les cheveux (l'épisode "terroriste"), Douglas Coupland signe un très bon roman, triste et optimiste en même temps. La solitude est le thème central du livre («D'où viennent-ils ? Quelle est leur place ?»), mais elle demeure assumée, grâce à une ironie touchante et tordante parfois, qui passe au travers du personnage de Liz, et l'auteur parvient à ne jamais sombrer dans le mélo.


29 juin 2008

Gold fingers*

Roberto Fonseca - Festival de jazz de Montréal, 29 juin 2008, Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts

Tout simplement formidable ! Merci frérot ! :)

Le site de l'artiste ici










Une petite vidéo pour vous présenter le trèèèèès beau et trèèèèès talentueux Roberto...

Un extrait de concert, c'est pas légal mais ça vous donnera une idée...


*Le titre vient du concert de ce soir : une personne dans le public a crié à Roberto Fonseca «Gold fingers!!» et lui, très modeste, a contemplé ses mains l'air un peu dubitatif et ne sachant pas quoi répondre, presque gêné...:)

La photo est tirée du site Piano bleu

17 juin 2008

Cycle Siri Hustvedt

Siri Hustvedt est une écrivaine américaine née le 19 février 1955 à Northfield (État du Minnesota), aux États-Unis, de parents immigrés norvégiens.
Poétesse, essayiste et romancière reconnue, elle est diplômée (PhD) en Littérature Anglaise de l'Université de Columbia (New York).
Le 23 février 1981, Siri Hustvedt se rend à une séance de lecture de poésie, à laquelle assiste aussi Paul Auster. Le coup de foudre est réciproque, elle épousera l'écrivain l'année suivante. Ils vivent depuis à Brooklyn, New York, et ont une fille, Sophie.
Ses œuvres sont traduites dans 16 pays à ce jour. En France les écrits de Siri Hustvedt sont traduits par Christine Le Bœuf et publiés chez Actes Sud. (Source : Wikipédia)

J'ai profité de mon voyage pour me lancer avec ferveur dans les romans de Siri Hustvedt, que je ne connaissais que comme la femme de Paul Auster, mon idole de la fin du lycée et des années fac.
J'ai commencé avec Tout ce que j'aimais, l'un de ses plus récents livres, paru en 2003.
Comme je le disais dans mon précédent billet, j'ai beaucoup apprécié l'atmosphère artistique et les discussions un peu intellos entre les protagonistes. Les descriptions de New York sont magiques, mais cela n'étonne guère, quand on a lu les bouquins de Paul Auster. La ville devient un personnage à part entière.
Le côté dramatique survenant dans la deuxième partie, j'ai eu peur d'être entraînée sur une pente un peu trop larmoyante, mais il n'en fut rien. J'ai partagé les joies et les immenses peines des différents personnages, autant que j'ai apprécié les subtiles descriptions émotionnelles et l'émouvante amitié qui lie les personnages principaux de cette histoire.


Dans Les yeux bandés, paru en 1993, on suit la transformation et la recherche identitaire de la narratrice, à travers quatre chapitres distincts mais néanmoins reliés les uns aux autres. Les personnages sont mystérieux, inaccessibles pour certains, tous en quête d'identité. D'ailleurs, le prénom de la narratrice, Iris, n'est-il pas l'anagramme de Siri ?
Encore une fois New York est omniprésente, d'ailleurs c'était amusant de retrouver les personnages dans un restaurant dans lequel je suis allée lors de mon unique visite de New York (Tom's restaurant) !
On se retrouve parfois dans des situations malsaines, qui nous mettent mal à l'aise. Siri Hustvedt veut montrer le bien et le mal que chaque être porte en lui et elle le fait ici de façon très accomplie.

Cet aspect est encore plus magistral dans le troisième livre de Siri Hustvedt, paru en 1996, et que je viens de finir, L'envoûtement de Lily Dahl, dans lequel Lily, jeune femme de 19 ans découvre la vie au travers d'expériences amoureuses, artistiques (l'art, toujours présent) et parfois même mystiques ou ésotériques. L'histoire se déroule cette fois-ci dans une petite ville du Minnesota (Etat dans lequel est née Siri Hustvedt), où tout le monde connaît tout le monde et où chacun se méfie de "l'étranger", de "l'anormal", comme Édouard, le peintre juif new-yorkais, ou Dick et Franck, les jumeaux toujours sales. Si New York n'est plus l'un des personnages centraux cette fois-ci, on retrouve la ville à travers le personnage d'Edouard et aussi par Mabel, la vieille dame amie de Lily, qui rappelle d'ailleurs à celle-ci, dans les dernières pages du livre, que «New York est la plus belle ville du monde et la pire des villes».
Quand le mystère laissera la place à la folie à Webster, les dénouements se succèderont pour Lily, Mabel, sa grande amie, et Ed, le peintre.


Siri Hustvedt vient tout juste de sortir son nouvel ouvrage, Élégie pour un américain, paru encore une fois aux Éditions Actes Sud. J'ai eu la joie de le recevoir pour mon anniversaire (ainsi que le dernier de Nancy Huston, L'espèce fabulatrice, youpi) donc il complètera ainsi le cycle Siri Hustvedt que j'ai entamé il y a un mois.

Article sur Élégie pour un américain

Article sur L'envoûtement de Lily Dahl
Article concernant Tout ce que j'aimais

Œuvres de Siri Hustvedt :
  • Reading to You (Lire pour toi) 1983
  • Les Yeux bandés (The Blindfold) 1992, trad. française 1996
  • L'Envoûtement de Lily Dahl (The Enchantment of Lily Dahl) 1996, trad. française 1999
  • Tout ce que j'aimais (What I Loved) 2003, trad. française
  • Les Mystères du rectangle: Essais sur la peinture (Mysteries of the Rectangle: Essays on Painting) 2005, trad. française 2006
  • A Plea for Eros 2006
  • Elégie pour un Américain 2007 (2008 en français)

29 mai 2008

Dans ma valise...

Je m'envole ce soir pour le vieux continent, 15 jours d'immersion dans ma région natale. J'emmène quelques livres, pour l'avion et l'attente, et mes moments libres. Dernièrement, je me suis intéressée à l'auteure Siri Hustvedt, après avoir lu ceci, entre autres. Je sais que cet article concerne Paul Auster, mais cela m'a replongée dans la littérature new-yorkaise, et comme j'ai déjà lu Paul Auster que j'aime vraiment beaucoup, j'ai décidé de m'intéresser à sa femme ;) Cela faisait quelques temps que je voulais lire l'un de ces livres. J'ai commencé par Tout ce que j'aimais, que je n'ai pas encore fini. Mais je peux dire que je suis tombée sous le charme, et tout comme à chaque fois que je découvre et aime un nouvel écrivain, j'ai emprunté à la bibliothèque deux autres livres d'elle, Les Yeux Bandés et L'Envoûtement de Lily Dahl.

J'aime l'univers de Tout ce que j'aimais, un milieu d'artistes new-yorkais, avec leurs questionnements, les épreuves qu'ils ont à traverser, leurs réalisations artistiques. Sur ce sujet, Siri Hustvedt semble très à l'aise et nous plonge dans les créations artistiques de Bill, l'un des personnages. Les analyses artistiques sont intéressantes, surtout pour une néophyte comme moi. On fréquente aussi une poétesse, et cela ne nous étonne pas d'apprendre que Siri Hustvedt a écrit de nombreux poèmes en plus de ses livres, et qu'elle a même rencontré son mari Paul Auster dans une soirée de lecture de poèmes !

Les mois de mai-juin seront donc mon cycle Siri Hustvedt...

15 mai 2008

J'avais 20 ans - Nancy Huston

Samedi 17 mai à 11h, à l'antenne de Radio-Canada 95,1 FM, l'émission présentée par Joël Le Bigot, J'avais 20 ans, nous offrira le portrait de la grande Nancy Huston en 1973-1974, année de ses 20 ans. J'ai déjà parlé de Nancy Huston ici, et , mais vous ai-je déjà dit à quel point je l'aimais ? Non ? Si ? Vous êtes sûrs ? :) Elle vient de publier (je crois qu'il n'est pas encore sorti) un nouvel essai aux Éditions Actes Sud, L'espèce fabulatrice. L'auteure en parle : «C'est un sujet surprenant pour moi aussi. Je ne m'attendais absolument pas à l'écrire. Je dirais que c'est sorti de Lignes de faille. C'est une interrogation sur l'identité, sur comment les enfants arrivent à se constituer un soi.»
La suite de l'article, dans
La Presse.
Cette auteure me fascine autant par son parcours, son histoire, que par sa magnifique écriture et les thèmes qu'elle aborde. C'est pourquoi je vous signale cette émission, qui je suis sûre nous donnera de nouvelles pistes de réflexions sur l'identité, le déracinement, puisque les 20 ans de Nancy Huston correspondent à son départ pour l'Europe, son apprentissage d'une nouvelle culture, d'une nouvelle langue.
« C’est sentir que l’humanité a une histoire, que ce continent a une histoire, qu’il y a une épaisseur des événements. Je crois que jusqu’à 20 ans, je me disais que le monde n’était pas intéressant. Je n’avais pas envie d’en être. À partir de 20 ans, je me suis dit, non, ce n’est pas vrai ça. Il y a vraiment des choses qui valent la peine d’être explorées. C’est l’année du changement. »

L'article du Journal Voir

Ce matin, j'écoute Ghinzu, Blow, ça décoiffe !

14 mai 2008

Biscuit Chinois, prise #7

Lancement du 7e numéro de Biscuit Chinois, le vendredi 23 mai à 19 h 30 à l'Espace La Risée, 1258, rue Bélanger Est à Montréal.

13 mai 2008

Karkwatson

Une information de la plus haute importance...

Patrick Watson et la formation Karkwa s'unissent pour présenter le spectacle "Karkwatson" le 12 juin au Grand Théâtre de Québec et les 13 et 14 juin au National à Montréal. Entouré de ses musiciens, Watson y interprètera ses propres pièces, tout comme Karkwa, mais se succèderont aussi plusieurs collaborations entre les deux troupes.

Rappelons que Patrick Watson a participé au dernier album de Karkwa, Le Volume du vent. Il y interprète quelques harmonies vocales sur la pièce Le Compteur.

Les billets sont présentement en vente via le réseau Admission.

(Source : Journal Voir)

Youpi youpi, juste pour mon retour de France !! Comme dirait mon amie C., « il y a un dieu pour les mélomanes »...

09 mai 2008

Ce mois-ci

Ce mois-ci, j'ai lu et été enthousiasmée essentiellement par de la bande dessinée :
- Guy Delisle, Chroniques Birmanes, aux Éditions Delcourt, Collection Shampooing, 2007
- Lisa Mandel, Libre comme un poney sauvage, aux Éditions Delcourt, Collection Shampooing (encore !), 2006
- Catherine Lepage, 12 mois sans intérêt, Journal d'une dépression, aux Éditions Mécanique Générale, 2007

Ce mois-ci, j'ai été emballée, même si je ne les ai pas lus en entier, par :
- Les 1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie, sous la direction de Peter Boxall, Édition Trécarré, 2007 : une sélection assez classique, mais intéressante. À feuilleter et lire pour se donner des idées...
- Le Québec sur le divan, sous la direction d'Éric Clément et de Dr Marc-Alain Wolf, ouvrage collectif aux Éditions Voix Parallèles, 2008

Ce mois-ci, j'ai été déçue par le deuxième tome des "Cahiers de Céline", Le Cahier rouge, de Michel Tremblay. Le monde des travestis et de la vie nocturne dans le Redlight de Montréal, ça va pour quelques pages, mais j'ai laissé tomber au bout de 150 pages de tribulations de la Duchesse et de ses amis Mae Est et Jean-le-Décollé...



04 mai 2008

Nick Cave... enfin.

Il y a parfois de ces artistes que vous rêvez de voir au moins une fois dans votre vie, en spectacle, en expo, tout dépendant de l'art concerné. Des artistes qui parfois nous paraissent intouchables, que l'on pense ne jamais pouvoir rencontrer.
Pour moi, il y en a plusieurs que je n'énumèrerai pas ici, pas aujourd'hui. Parmi ceux-ci, le groupe Dead Can Dance constituait une chimère difficilement réalisable puisque le groupe était dissous depuis plusieurs années... Cependant mon rêve de les voir se réunir pour une dernière tournée s'est réalisé le 2 octobre 2005, au Théâtre Saint-Denis, à Montréal. Inoubliable.

Coïncidence
Cette année, à la même date, je réaliserai mon rêve d'assister à un concert de Nick Cave.

Ça me consolera de ne pas voir Léonard Cohen... (billets trop chers). Nick Cave est d'ailleurs un fan de Léonard Cohen, comme le prouve sa participation à un excellent documentaire/concert vu récemment.
Nick Cave and The Bad Seeds seront donc de retour à Montréal après 6 ans d'absence, et une production sur disque toujours prolifique.
J'ai bien hâte d'assister à ça...


En écrivant ceci, j'écoute PJ Harvey et son dernier album, White Chalk (2007).
Tiens, ça me fait penser que PJ Harvey est la soeur du guitariste, bassiste, batteur et claviériste Mick Harvey, collaborateur de longue date de Nick Cave. D'ailleurs, PJ Harvey et Nick Cave ont collaboré sur l'une des chansons de l'album Murder Ballads, Henry Lee, dont voici le vidéo-clip. Ils ont d'ailleurs été un couple dans la vraie vie... (potin quand tu nous tiens!)

23 avril 2008

Les Francofolies 2008

C'est l'heure de faire votre choix pour les Francos de Montréal !
Même si certains pensent qu'il n'y a pas grand chose de nouveau cette année, ce festival est toujours une joie pour moi. J'y consacre donc tous les ans un petit budget.
Cette année, j'irai voir :
- Cali le 30 juillet à 19h (Club Soda). Une deuxième fois pour moi
- Camille le jeudi 31 juillet à 21h (Métropolis). Une troisième fois !
- Benjamin Biolay le vendredi 1er août à 19h (Club Soda). Ça, ce sera une première...
- Pierre Lapointe avec sa nouvelle création le samedi 2 août à 18h (Salle Wilfrid-Pelletier, PdA), la deuxième fois pour lui également, j'en avais parlé ici.

Et vous, qu'irez-vous voir ?





En écrivant ceci, j'écoute Calexico, Feast of Wire (Quarter Stick, 2003)

29 mars 2008

À l'abri de rien

À l'abri de rien, Olivier Adam, Éditions de l'Olivier, 2007

Lu en deux jours, le dernier roman d'Olivier Adam nous transporte dans une petite ville du Nord de la France, face à l'Angleterre, une région qui nous apparaît glaciale et pluvieuse, tant les descriptions de l'auteur nous transpercent la peau.
Dans cette région déjà ravagée par le chômage et la misère, de nombreux réfugiés, qui n'ont nulle part où aller, se terrent dans des blockhaus sur la plage et espèrent des jours meilleurs, là-bas, en Angleterre. De petits groupes de personnes leur viennent en aide, c'est le cas d'Isabelle, et de Bernard aussi, qui en logeait chez lui et qui a été arrêté par les autorités. Il semblerait que venir en aide à son prochain soit mal vu par la justice. Surtout quand on sait que le seul centre (Sangatte), monté par la Croix-Rouge, qui venait en aide à ces réfugiés, a été fermé en 2002 par le ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy...

« Se lever se nourrir travailler manger voir des amis aller au cinéma regarder la télévision passer voir sa mère s’occuper des enfants faire ses comptes les magasins l’amour tout est profondément pareil »

C'est dans cet univers qu'évolue Marie, le personnage central du livre d'Olivier Adam. Marie est mariée avec Stéphane, qui est chauffeur d'autobus, et ils ont deux enfants, Lucas et Lise. Par désœuvrement, par peur, par ennui, par un besoin de reconnaissance, de servir à quelque chose, Marie commence à aider une équipe de bénévoles qui nourrit et habille comme elle peut des réfugiés, que tout le monde dans la région appelle "les Kosovars", mais la plupart sont Irakiens, Iraniens, Kurdes.
Marie se jette à corps perdu dans cette œuvre, elle donne son temps, son argent, et elle sacrifie sa famille, négligeant même ses enfants qui sont pourtant le fil qui la relie à la vie. Elle se consacre totalement à la survie de ces hommes, même si cette entreprise est vouée à l'échec. Elle se sent utile et en vie. Mais lorsque tout dérape, et que ce qui était devenu sa raison de vivre s'effondre, Marie risque d'y laisser sa peau.

Olivier Adam, l'un des auteurs les plus brillants de sa génération (Falaises m'avait bouleversée), possède un véritable style cinématographique, où les émotions, palpables au possible, nous entraînent très loin, nous envahissent pour ne plus nous lâcher qu'une fois le livre fermé.
C'est encore ce qu'il se passe avec À l'abri de rien, où Marie nous entraîne dans ce qui est d'abord un acte de charité, d'entraide. Elle est touchée par ces hommes perdus, et nous aussi. Puis son dévouement devient presque de la folie, et nous nous disons : «Non, ce n'est pas possible d'aller si loin», mais le style nous percute, nous secoue, et nous terrasse. Oui c'est possible de sombrer dans un tel désoeuvrement qu'il en devient de la folie, de la confusion, et qu'il empêche le discernement.
Nous sombrons en quelque sorte avec Marie, mais nous, nous avons le contrôle sur l'histoire, alors qu'elle se laisse anéantir par ce qu'elle vit.
Cette histoire rassemble deux solitudes, celles de ces réfugiés souvent incompris, rejetés, et maltraités, et celle d'une femme perdue, livrée à elle-même, dans une misère émotionnelle (Marie ne se remet pas de la mort de sa sœur et ne trouve pas sa place dans cette société qui ne lui correspond pas) difficile.
L'un de mes meilleurs livres de 2008.

Ajout, le 6 avril 2008 : J'ai vu hier soir un excellent film qui complète bien ce sujet : It's a Free World, le dernier film de Ken Loach.

Et en écrivant ceci, j'écoute : Radiohead, In Rainbows (2007-2008), à Montréal en août 2008...

08 mars 2008

Die Vermessung der Welt

Les Arpenteurs du monde, Daniel Kehlmann, Actes Sud, 2006, 299 pages.

J'attendais ce livre depuis longtemps, après avoir lu un article il y a de cela plusieurs mois. Le beau titre avait accroché mon oreille et l'un des deux personnages, Alexander Von Humboldt, mon esprit (de géographe et historienne). L'autre, Gauss, qui a rendu célèbre la fameuse courbe, m'effrayait plutôt (les mathématiques, mauvais souvenirs...).
Alexander Von Humboldt, explorateur et naturaliste, a sillonné le monde pour le cartographier et l'analyser. Il a échantillonné toutes les roches et les végétaux qu'il a rencontrés, ainsi que certaines espèces animales. Il s'est beaucoup consacré à l'Amérique Latine. Avant de partir à la découverte du continent américain, il s'est aussi consacré à de nombreuses études sur l'électricité qui menèrent à la découverte et à la création de la pile électrique par Volta. Il s'est également beaucoup intéressé à la géologie et la météorologie, entre autres choses.
Ses explorations se sont déroulés dans un contexte politique et sociologique très agité. Des conquêtes de l'Amérique Latine par les Espagnols aux guerres napoléoniennes, Humboldt fut le témoin dégoûté des pratiques liées à l'esclavage. Avec son compagnon de voyage Aimé Bonpland, naturaliste français, ils ont parcouru l'Amérique Latine, du Vénézuela à l'Amazonie, de La Havane à Quito, à travers les Andes et tout en haut (ou presque) du sommet Chimborazo, considéré à l'époque comme le plus haut sommet du monde. Ils sont allés "saluer" le président des États-Unis, Thomas Jefferson et sont retournés en Europe, après une expédition sans relâche d'une durée de 5 ans. Une expédition sans aucune comparaison à l'époque, qui a donné des informations cruciales sur de nombreux sujets. Humboldt a côtoyé Goethe, Bolivar (figure emblématique de l'indépendance de la Bolivie, de la Colombie, de l'Équateur, du Pérou, du Panama), Jefferson, Louis-Antoine de Bougainville, le Tsar Nicolas Ier, parmi de nombreux autres botanistes, zoologistes, explorateurs et intellectuels. Il fut à la fois proche du pouvoir dans son pays, l'Allemagne très conservatrice et stricte (la Prusse pour être exacte), tout en ayant des idées extrêmement libérales et en étant très critiqué pour cela. La vie d'Humboldt est si foisonnante et passionnante qu'il convient de lire une biographie complète pour en savoir plus... Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez, dévorer les 30 volumes de ses écrits sud-américains, publiés sur 30 ans...

Une biographie de l'explorateur
.
Une biographie du mathématicien
.

Vous pouvez aussi vous rabattre sur le livre de Daniel Kehlmann, Les Arpenteurs du monde, qui vous offrira un portrait un peu moins flatteur du grand explorateur, alors qu'il invite à Berlin pour une série de conférences le "Prince des mathématiciens" Carl Friedrich Gauss. Les deux hommes ont entendu parler l'un de l'autre mais ne se sont jamais rencon
trés. Il faut dire que Gauss est quelque peu frileux à l'idée de sortir de chez lui contrairement à son hôte qui a la bougeotte. La rencontre de ces deux hommes très différents est imaginée par le jeune auteur, mais celle-ci donnera donnera lieu au récit (réel celui-ci) de leurs vies. Chaque chapitre se rapportant à un épisode de la vie de l'un ou l'autre des deux hommes, en alternance. De nombreuses lignes sont consacrées aux expéditions de Humboldt en Amérique Latine, accompagné de Bonpland, ainsi qu'à l'expédition décevante en Russie (l'exploration n'est plus ce qu'elle était).
Gauss, de son côté, mène une vie de calcul et de découvertes mathématiques. Il trouve le temps de se marier deux fois et de fonder une famille, mais les quelques réflexions sur ses femmes ou ses enfants sont souvent cruelles. Il ose même se lever de son lit de noces pour noter une formule mathématique à laquelle il vient de penser.
..

Lire toutes ses anecdotes sur la vie de ses deux hommes qui ont fait l'Histoire, qui ont été DANS l'Histoire est assez fascinant, mais le style m'a souvent énervée, voire ennuyée. Il est vrai que l'auteur distille une certaine ironie tout au long de son récit, alors que j'attendais peut-être plus de poésie.
Cette déception ne m'a pas empêchée de lire ce livre jusqu'au bout, mais avec la hâte de passer à autre chose (il faut dire que le dernier Olivier Adam attend patiemment sur ma table de chevet...).

La majorité des critiques que j'ai trouvées sur Internet sont positives voire dithyrambiques, et le livre a été un immense succès en Allemagne, le plus grand succès littéraire allemand des 20 dernières années. Ce qui est bien pour ce jeune auteur germano-autrichien né en 1975 et qui a déjà à son actif huit ouvrages dont deux traduits en français.
Et ce qui démontre que parfois, les goûts et les couleurs...


Un article intéressant.
La chronique de Bernard Pivot dans le JDD.

Rajout du dimanche : j'ai complété le sujet en allant visiter aujourd'hui la très belle expo "Ils ont cartographié l'Amérique" à la Grande Bibliothèque. De nombreuses et magnifiques cartes de l'Amérique réalisées aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles... Pour quelqu'un qui aurait voulu être cartographe dans ses rêves (je parle de moi là), c'est une exposition fascinante... Et pour les autres, c'est tout aussi intéressant et en plus, c'est gratuit !


En écrivant ceci, j'écoute Pink Floyd, Meddle (Harvest, 1971)

10 février 2008

Borderline

1) Le trouble de la personnalité borderline (ou trouble de la personnalité limite) est un trouble de la personnalité se caractérisant par des humeurs changeantes, par des relations humaines délicates, par un manque de confiance en soi-même et aussi par des comportements auto-agressifs.
Plus de détails ici, avec de nombreuses références en fin d'article.

2) Borderline : livre de Marie-Sissi Labrèche, sorti en 2000, et déjà traduit en plusieurs langues. Suivi par La Brèche, en 2002, ces deux livres, en grande partie autobiographiques, relatent la vie de Sissi (Kiki dans La Brèche), jeune femme à la personnalité borderline, dépendante affective et sexuelle, qui doit composer avec son enfance difficile, entre une mère schizophrène et une grand-mère qui l'élèvera tant bien que mal, et trouver ses repères afin d'atteindre l'équilibre et de survivre.


3) Borderline, de Lyne Charlebois. Film québécois sorti vendredi dernier que nous sommes allées voir cette après-midi. Film coup de poing tiré des deux livres de Marie-Sissi Labrèche, et dans lequel le rôle de Kiki est tenu par la merveilleuse Isabelle Blais.
J'avais été très touchée par l'entrevue donnée par Marie-Sissi Labrèche à Tout le monde en parle le dimanche 3 février 2008, je l'ai été tout autant par la performance d'Isabelle Blais dans le film, sur ce sujet si difficile et souvent tabou.
Que dire de plus qui n'a pas encore été écrit sur ce film ?
Je vous laisse avec les divers articles d'intérêt trouvés sur la toile...
La critique de La Presse.

La critique du journal Voir.
Le texte dans le journal Le Devoir
Visitez également ici le très beau site Internet de Lyne Charlebois.

Autre film brillant, sorti en 2004, sur la thématique de la santé mentale : Tarnation, de Jonathan Caouette.

Et en écrivant ceci, j'écoute le dernier album de Catherine Major (acheté hier), Rose Sang (Productions de l'onde)

01 février 2008

Jack Kerouac et le Mexique

Il y a une quinzaine d'années, fin du secondaire, je passe mon bac et refais le monde avec mes amis en écoutant de la musique et en rêvant de voyages à travers le monde.
Notre groupe préféré se nomme The Doors et on se prend quelquefois pour Jim Morrison, en récitant quelques poèmes tout en fumant des cigarettes qui font rire, alors que nos vies de privilégiés, bien rangées, sont bien loin de celles de ces artistes déchirés.
Nos lectures de cette époque vont des poèmes de Morrison aux ouvrages de Jack Kerouac, dont Morrison s'est d'ailleurs inspiré.
Sur la route, Les Clochards célestes, Les Anges vagabonds sont les trois récits de Kerouac que j'ai gardés au fond de moi, et qui ont suffi à m'intéresser à ce canadien français, né en 1922, mort en 1969, des suites d'une cirrhose du foie.
Aujourd'hui considéré comme l'un des auteurs américains (il est né à Lowell, au Massachussetts) les plus importants du XXe siècle, ses romans n'ont pourtant pas connu le succès à leurs sorties.
Jack Kerouac est le chef de file de la "Beat Generation", littéralement "génération ramollie, fatiguée", qui revendique un nouveau mouvement littéraire, social et culturel. Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William S. Burroughs en furent les trois membres les plus connus. Les "beatniks", terme inventé plus tard, rejetaient les tabous des bourgeois, considérés comme des personnes rigides, et de la société organisée et corrompue, ainsi que des valeurs traditionnelles. Ils voulaient vivre simplement, à fond. Ils se révoltaient contre le matérialisme, l'hypocrisie, l'uniformité, la superficialité. Voilà pourquoi les récits de Jack Kerouac nous plaisaient tant car comme les beatniks, nous cherchions notre place dans ce monde...

Avant mon voyage au Mexique en décembre dernier, je lus dans la collection Guides Bleus (Hachette) sur le Mexique que Kerouac avait vécu quelques mois à Mexico, ce que j'ignorais. Il n'en fallait pas plus pour me donner envie "d'aller voir ça", puisque l'adresse était inscrite dans le livre.
Alors j'ai marché longtemps, car le 212 de la rue Orizaba, dans la Colonia Roma, se trouvait bien loin du métro Insurgentes, d'où je partais.
Map of Mexico City, Distrito Federal MX
Et bon, franchement, la découverte d'une petite maison très simple, pas très propre (contrastant avec l'allure du quartier, plutôt chic), m'a laissée un peu perplexe. Mais au delà de ma déception, c'était tout de même émouvant de se dire qu'il
avait vécu là, même si aucune plaque ou inscription ne relevait cet événement.

«À Mexico, Jack loue une buanderie sur la terrasse du 212 rue d’Orizaba. Il retrouve le vieux Bill Garver qui habite en dessous dans une pièce sinistre. Esperanza ne lui fournit plus de morphine parce qu’elle est désormais trop malade pour quitter le quartier indien. Désœuvré, Jack met en forme les journaux écrits sur la montagne. Une sévère dépression l’amène à comparer un sourire d’enfant à un sourire de tombeau. Il est envahi par un sentiment de culpabilité. Il se sent sale, presque malade. Il a des cauchemars, parfois des visions d’horreur, des sentiments de monstruosité spirituelle. Heureusement, les anges de la désolation sont en route pour le tirer du trou sans espoir dans lequel il se trouve confiné.

Allen débarque en octobre avec Peter Orlovsky accompagné de son frère Lafcadio et du poète Gregory Corso. Ginsberg est débordant d’énergie — les " ravissements angéliques " — se sentant investi d’un esprit révolutionnaire à la Maïakovski. Il secoue Jack en le comparant au vieux Bill, enfermé au milieu de nulle part. " Comment peux-tu dormir toute la journée et ne jamais rien voir ? À quoi ça sert, d’être vivant ? "

Ginsberg insiste pour qu’ils aillent visiter l’université, les pyramides de Teotihuacan — ils gravissent les degrés de pierre de la Pyramide du Soleil où les anciens adorateurs du feu faisaient leurs sacrifices humains. Ils peuvent voir, à l’horizon sud, scintiller le lac Texcoco, royaume des Aztèques.» Robert Canovaro, tiré du site Écrits... vains ?, site de poésie, nouvelles, essais, critiques et d'actualité littéraire.

Voici un extrait d'une lecture de "On The Road" par Jack Kerouac lui-même : ici

En écrivant ceci, j'écoute Ghinzu, Blow (Barclay, 2004), encore un groupe belge génial.

31 janvier 2008

Lectures mexicaines

J'ai visité le Mexique pour Noël.
J'ai eu un grand choc culturel, que ce soit au niveau de la langue, de l'histoire, de l'architecture, de l'art.
À mon retour au Québec, sous la neige et dans le froid, je me suis plongée dans des lectures mexicaines afin de me rappeler tout ce que j'avais pu voir, ressentir cette chaleur, entendre cet accent, en apprendre plus sur ces artistes merveilleux que j'ai (re)découverts : Diego Rivera et Frida Kahlo.
À Mexico, nous avons visité la "Casa Azul", la maison bleue de Frida Kahlo, où l'on trouve de nombreux objets lui ayant appartenu, des lettres qui lui ont été adressées, des dédicaces de Diego Rivera dans des livres ("Amor de mis amores, amor de mi vida"), qui nous permettent de mesurer toute la passion, la vie et aussi la souffrance qui ont toujours été présentes les unes à côté des autres dans la vie de Frida Kahlo.
Ma première lecture a été cette biographie de Rauda Jamis, intitulée sobrement Frida Kahlo.
Parallèlement, j'ai lu aussi la publication d'Andrea Kettenmann, intitulée Frida Kahlo 1907-1954, et publiée chez Taschen. Avec ses nombreuses illustrations, ce livre m'a permis de regarder les oeuvres de Frida Kahlo tout en lisant sa vie passionnante, passionnée et dramatique. Quelle vie ! Le film sorti en 2003 avec Salma Hayek dans le rôle de la peintre ne montre pas le quart des souffrances vécues par Frida.
Ma lecture en cours se trouve dans un autre registre. Il s'agit de Puerto Escondido, de Pino Cacucci (Éditions Christian Bourgeois, 1991) qui s'apparente plus au polar existenciel (j'aime bien ce terme), et nous entraîne dans la fuite d'un homme sans nom malchanceux, poursuivi par un dangereux policier, de l'Italie à l'Espagne (Barcelone), jusqu'à Mexico (fort bien décrite, on s'y croirait), puis Puerto Escondido, au bord du Pacifique.
Des atmosphères très bien ressenties, et des descriptions urbaines comme si on y était, voilà de quoi j'ai besoin en ce moment pour m'évader vers des rivages lointains...

Mercredi, je commence un cours d'espagnol, bientôt je pourrai lire l'espagnol dans le texte (on peut rêver, non ?)... ;-)

Et ça me fait bien plaisir de réécrire ici un peu. Je me sentais sans aucune, mais alors aucune inspiration ces derniers temps. Finalement, mot après mot, on dirait que l'envie revient.

En écrivant ceci, j'écoute Hot Chip, The Warning (EMI, 2006)

21 janvier 2008

Le retour de Jorane


Demain, mon premier concert de l'année, au National.
La grande première montréalaise de Jorane !
En grande fan que je suis, je serai placée dans la deuxième rangée, en plein milieu. Oui je sais, j'aurais pu faire mieux, mais j'ai loupé les premières journées de vente des billets...
Donc je reviendrai ici pour vous parler de ce spectacle (le 12e ou 13e que je verrai de Jorane) dès que possible.

Également en préparation, un petit billet sur le film L'âge des ténèbres de Denys Arcand, que j'ai vu samedi soir, et que j'ai vraiment beaucoup aimé.
Ma lecture du moment est également très inspirante puisque je dévore Persepolis de Marjane Satrapi, avant d'aller le voir au cinéma très bientôt.
Malheureusement je manque de temps pour vous en faire part. Tiens, ça me fait penser à un billet que j'ai lu aujourd'hui sur le blog de la Girafe...
Alors à bientôt !

20 janvier 2008

L'âge des ténèbres

L'âge des ténèbres, de Denys Arcand

Jean-Marc Leblanc travaille pour le gouvernement provincial du Québec. Il vit dans une vague banlieue, qui ressemble à Laval, dans une maison qui ressemble à un château fort (et qui ressemble aussi aux maisons voisines), avec une femme qui performe comme agente immobilière (mais pas tellement comme mère, ni comme conjointe), et deux filles que plus rien n'étonne et qui ont des écouteurs greffés dans les oreilles. Il a aussi deux chouettes collègues, avec qui il fume des cigarettes en cachette.
Jean-Marc Leblanc a aussi beaucoup de fantasmes, pour parer à l'ennui mortel et frustrant de sa vie. Dans ses fantasmes, il s'imagine souvent avec de belles femmes, célèbre ou aimé par de nombreuses personnes.

Le dernier film de Denys Arcand, qui a été fustigé de toute part par les médias français (notamment Le Nouvel Obs, qui le qualifie de «bête, interminable et désolant», critique désolante elle-même) traite de tous les sujets chers à son auteur : et au premier plan, de la déroute d'une société en manque de liberté, de solidarité, d'humanité.
Les sujets abordés dans le film de Denys Arcand sont nombreux - peut-être trop - et nous portent à la réflexion à la sortie du ciné. Aussi je conseille d'aller voir ce film avec des amis, et non seule comme je l'ai fait. Seul, on se retrouve un peu perdu à la fin...
On a reproché au film d'exagérer son propos, mais c'est justement ce qui en fait l'humour (peut-être un peu lourd parfois mais il faut se laisser aller un peu), et en y réfléchissant vraiment bien, on se dit que l'on n'est jamais si loin de la réalité. Tout se base sur des faits réels, que ce soit les accommodements raisonnables ou la loi sur la cigarette.

Les clins d'oeil sont nombreux, j'en ai sûrement loupé un paquet. La liste des acteurs, impressionnante, nous permet de retrouver toutes les têtes les plus connues du Québec actuel, de Michel Rivard à Caroline Néron, en passant par Véronique Cloutier et Pauline Martin ou encore Christian Bégin, dans des petits rôles parfois hilarants (Pauline Martin en spécialiste du feng-shui, excellent). On y aperçoit aussi Emma De Caunes et Diane Kruger, ainsi que Thierry Ardisson et Laurent Baffie dans une version bûcheronne de Tout le monde en parle.
J'ai tellement aimé ce film que je vais retourner le voir prochainement...

03 janvier 2008

Bilan de l'année 2007

Coups de coeur littéraire : Nancy Huston, Lignes de faille, Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près, Lionel Shriver, Il faut qu'on parle de Kevin, Haruki Murakami
Auteurs BD : Alison Bechdel, Fun Home, Michel Rabaté, Les petits ruisseaux
Coups de coeur musicaux : Rufus Wainwright, Patrick Watson, Grand Corps Malade, Bob Dylan (il était temps, 20 ans plus tard)
Chansons de l'année : Ballad of a Thin Man, Bob Dylan, Slideshow, Rufus Wainwright, Grace Kelly, Mika (ben oui quand même, grande chanson pop), Rehab, Amy Winehouse
Concert de l'année : Patrick Watson, Métropolis, 5 juillet 2007
Films de l'année : I'm not there, de Todd Haynes

À compléter...

17 décembre 2007

Vacances

Petite pause bien méritée d'une dizaine de jours...
Je vais pouvoir me reposer, fêter la fin de mes cours, visiter un nouveau pays. Petite pause aussi dans mes lectures, je ne m'alourdirai que d'un guide de voyage cette fois-ci. Enfin, non , ce n'est pas vrai, comment pourrais-je faire cela ? J'emmène avec moi le dernier de Marie Darrieussecq, Tom est mort, aux Éditions POL. Encore un livre pas drôle du tout... Dernièrement, beaucoup de bandes dessinées sympathiques, mais peu de chef d'oeuvres dont j'ai envie de vous parler. Sauf celle-ci : Pourquoi j'ai tué Pierre d'Olivier Ka, aux éditions Delcourt, 2006. Une histoire très touchante d'un jeune homme qui va exorciser son passé par l'écriture de son histoire. Je ne vous en dit pas plus...


Au fait, je m'en vais là :

06 décembre 2007

Petite note du soir...


Ces temps-ci, je marche beaucoup pour rentrer chez moi après le travail, par choix (je suis de nature active), par impatience aussi (je n'aime pas attendre le bus). J'ai pris l'habitude de marcher jusqu'au métro Saint-Michel (pour ceux qui connaissent), ensuite le métro m'amène environ à 10 autres minutes de marche de chez moi. En tout, ça me fait pas loin de 45 minutes de marche... De quoi écouter de la musique en masse ! Je peux de moins en moins me séparer de mon lecteur MP3, tout petit petit. La musique fait passer les longues minutes du retour beaucoup plus vite, ça me rend plus légère aussi, après souvent de grosses journées.
Comme je rentre tard, il n'y a pas grand monde dans les rues, l'ambiance est feutrée, presque. Ce soir, c'était soir de déneigement, cependant. J'ai pu observer tout ça d'un oeil toujours aussi fasciné, même après six hivers ici...
Dans mes oreilles, Soulwax (Much Against Everyone's Advice, 1999) et Arcade Fire (Neon Bible, 2007). Du vieux pas si vieux et du neuf qui sonne vieux. Allez comprendre...


I'm not there


Ce week-end, grand événement : nous sommes allées voir, enfin, "I'm not there", de Todd Haynes, dont je parlais ici. Je n'ai qu'un conseil : allez le voir ! Le film est à peu près irracontable, complètement halluciné, mais quelle expérience !
Allez-y pour Cate, ou Charlotte, et surtout pour Bob, vous en prendrez plein les oreilles...




Depuis ce week-end, j'écoute en boucle cette chanson, moment fort du film (surtout pour moi qui ai participé au tournage de cette scène comme figurante... Cherchez bien quand vous irez voir le film, je suis quelque part dans la foule !) :

01 décembre 2007

Affronter ses peurs


Cette nuit, j'ai fait de nombreux cauchemars suite à la lecture de la BD Comment le cancer m'a fait aimer la télé et les mots croisés de Miriam Engelberg. J'ai rêvé que j'avais des tumeurs cancéreuses aux deux seins en même temps, que je me faisais opérer et que je recevais la totale chimio/radio. Bref, que du bonheur !
Pourtant j'ai adoré ce livre. Vous allez sûrement penser que je suis maso, mais j'ai toujours été une partisane de la théorie : affronter ses peurs pour les surmonter...
Et c'est ce que fait aussi l'auteure dans son autobiographie. Avec un humour noir à souhait mais sans tomber dans le morbide, elle nous entraîne dans la réalité du cancer, avec toutes les remises en question que cette sale maladie entraîne. En effet, il faut bien l'avouer : le cancer est sûrement la maladie qui effraie le plus de monde de nos jours. Car elle peut s'attaquer à n'importe qui, et il n'y a aucun moyen de l'éviter. Même en ayant le meilleur régime du monde, en ayant la meilleure hygiène de vie, en ne fumant pas ou en n'étant pas stressé. C'est sur toutes ces choses là que Miriam Engelberg s'interroge, et aussi sur tous les préjugés que les gens peuvent avoir sur les malades, sur notre comportement face à la maladie, que la plupart du temps nous ne contrôlons pas.
Le dessin est minimaliste, mais permet de se centrer sur le propos, qui est bien sûr le but premier de cet ouvrage.
Un ouvrage qui permet de s'orienter un peu plus sur le temps qui passe, sur l'importance d'être présent à chaque instant et de profiter des petits bonheurs de la vie, à l'image de cette planche, à la page 77, l'une de mes préférées, où Miriam assiste à un concert et se dit qu'elle est trop près de la scène, que le son va lui abîmer les oreilles. Elle met alors des bouchons dans ses oreilles mais son appréciation de la musique est diminuée. Elle se dit alors qu'après tout, elle va peut-être mourir dans pas longtemps, alors pourquoi ne pas profiter du moment présent ?

Miriam Engelberg, Comment le cancer m'a fait aimer la télé et les mots croisés, Journal autobiographique en bande dessinée, Éditions Delcourt, 2006

En écrivant ceci, j'écoute Tori Amos, Boys for Pele (Atco, 1996)

22 novembre 2007

Nourriture pour l'esprit

Ces temps-ci, je dévore les livres, ce qui me laisse peu de temps pour écrire. Pour le moment, je me nourris, et un de ces jours, je vous parlerai de tout ça...
Pour résumer, j'ai eu un vrai coup de coeur p
our la BD Fun Home, d'Alison Bechdel, une autobiographie touchante et amusante. Décidément, il y a plusieurs autobiographies en bande-dessinée qui sont de vrais petits bijoux.
J'ai beaucoup aimé aussi d'Haruki Murakami, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil. Beaucoup plus que Kafka sur le rivage, qui m'a laissée de glace vers la fin, alors que le début m'avait enchantée. Parlant de glace, le livre de
Yoko Ogawa, Parfum de glace, est une réussite aussi et m'a permis de découvrir une autre auteure japonaise.
J'ai débuté hier Teacher man, de Frank McC
ourt, qui nous avait donné Les Cendres d'Angela et C'est comment l'Amérique ?. Dans ce troisième roman autobiographique, Frank McCourt nous raconte, toujours avec la verve qui le caractérise, comment il est devenu professeur dans une école secondaire de Staten Island.
M'attendent sur ma table de chevet : Cantique des plaines, de Nancy Huston, Ainsi parla Zarathoustra de Nietszche, La ballade de l'impossible de Murakami, ainsi que quelques bandes dessinées, dont une qui me semble prometteuse : Comment le cancer m'a fait aimer la télé et les mots croisés (journal autobiographique
en bande dessinée), de Miriam Engelberg. Oui je sais ça doit pas être drôle.

Sinon, à signaler ce mois-ci, la sortie du numéro 2, volume 4 de la revue Entre les lignes. Un excellent numéro, qui aborde dans son dossier principal le thème de "littérature et politique". Que peut apporter la littérature à notre compréhension du monde ? Dans son édito, Colette lens, la rédactrice en chef du magazine, traite cette question en évoquant l'importance que peut avoir la littérature pour un nouvel arrivant au Québec, illustrant son propos par son propre exemple.
J'ai avais vaguement parlé ici.
Et vous qu'en pensez-vous ?